la rumeur. Après dix minutes d’attente, l’inquiétude secalma, le bruit s’éteignit, et chacun se hasarda à rentrerdans sa demeure. En voyant pendant ces quelques instantsl’impassibilité des hommes faire place à une émotion quibaignait leur front de sueur, nous avons compris que cedanger était le seul, peut-être, dont l’habitude ne tempéraitjamais l’épouvante. » Max Radiguet ',
Souvenirs de l'Amérique Espagnole.
(Paris , in-8”, 1875, M. Lévy.)
Santiago 1 2 .
« Pour bien voir Santiago , il faut se rendre au CerroSanta-Lucia, monticule de basalte qui s’élève au milieu dela ville, à une hauteur de 70 mètres. Ce n’était, il y a quel-ques années, qu’un rocher abrupt ; on vient de le convertiren jardin de plaisance, avec statues, terrasses, cascades,grottes et tunnels. La montagne a été sculptée, et pourainsi dire ciselée comme un bijou. On y voit des fortifica-tions en miniature, une chapelle, un calvaire, un café-res-taurant, un observatoire et jusqu’à une école de natation.De plus, elle est couverte de plantations diverses où do-minent les eucalyptus, les orangers, les myrtes, les géra-niums, les rosiers, et plusieurs variétés d’agaves, qui déjàatteignent des proportions considérables. Une statue y aété élevée au fondateur de Santiago, don Pedro de Yaldivia,qui, le la décembre 1540, à la tête de 150 conquistadores,
1. M. Maximilien-René Radiguet , né en 1816 à Landerneau , accompagnaen 1836 les plénipotentiaires français chargés de traiter les questions d’indem-nité avec la république d'Haïti . En 1841-45, il fit, en qualité de secrétaire del’amiral du Petit-Thouars, la campagne de la Reine-Blanche dans l'Océanie, lipublia dans divers recueils un grand nombre d’articles de voyages et de litté-rature, tantôt sous son nom, tantôt sons des pseudonymes. Outre l’ouvragedont nous donnons un extrait, il a écrit les Derniers sauvages, souvenirs desiles Marquises (1860), et plusieurs ouvrages d’art.
2. Depuis 1863, une voie ferrée réunit le port de Valparaiso à la capitale poli-tique de la République , Santiago ; la distance est de 183 kilomètres. A mi-routese trouve la station de Llai-Llai, d’où se détache l'embranchement de Sainte-Hose des Andes, destiné un jour à rejoindre, à travers la Cordillère, le réseaudes chemins de fer argentins , et à établir ainsi une communication rapide entreBuenos Ayres et Valparaiso . Alors on ne mettra plus que trois ou quatre jour»pour un trajet qui en demande aujourd’hui quinze ou vingt, et que 1 on ne peutaccomplir que pendant la belle saison. [E. Cotteau.) Le 7 juillet 1882, les jour-naux de Buénos-Ayres ont annoncé l'inauguration du chemin de ,er transandin.
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