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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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ÜIO LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,trou même, ou tout auprès, et l’on jette sur les charbonsles moules ou le gibier. Quand le soir est venu, hommes,femmes et enfants s’entassent pêle-mêle dans le trou poury passer la nuit.

» Si la famille a choisi son domicile de passage sur lalisière des forêts et à proximité d’herbes sèches, on en jettequelques brassées sur les plus basses branches pour formerune espèce de toit qui abrite de la pluie; d’autres fois,lorsque la forêt est trop épaisse pour qu’on y puisse camper,les sauvages coupent quelques gaules qu’ils lichent en terreverticalement, recourbent en forme de berceau et par-dessus lesquelles ils jettent soit des herbes sèches, soit dufeuillage. Ce sont ces constructions plus qu’élémentaires etdans lesquelles il n’y a d’abrité que la tête, qui ont dû fairecroire aux navigateurs que les Fuegiens se construisaientdes huttes de forme conique. Quand, pour une cause quel-conque on se décide à lever le camp, on part sans s’occuperd’éteindre le feu. Celui-ci, activé par le vent, se commu-nique aux herbes, aux broussailles ; un véritable incendieéclate accompagné d’une fumée très épaisse. De là l’originede ces immenses colonnes de fumée que l’on aperçoit sisouvent sur la côte, quelquefois même pendant une quin-zaine de jours, et qui ont peut-être fait donner à l’archipelle nom de Terre de Feu. Là où ces feux sont allumés il n’ya jamais d’indiens.

» Il ne nous fut donné que deux fois de surprendre descampements de Fuegiens. Le premier n’était occupé quepar cinq individus; le père, la mère et trois enfants. Lepère et le plus âgé des enfants nous échappèrent ; nous neparvînmes à atteindre que la mère et les deux plus jeunesenfants, dont un encore était à la mamelle. Ils étaient tousles trois d’une saleté repoussante ; la mère seule portait unsemblant de vêtement consistant simplement eu une capede guanaco qui lui tombait à peine jusqu’aux genoux. Lepère, que nous aperçûmes au loin, portait une cape beau-coup plus ample : quant aux trois enfants, ils étaient com-plètement nus. Nous les avions interrompus probablementdans une grande chasse aux rats, car la femme nous offrit,