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Le nord-ouest de la France de la frontière belge à la Loire excepté Paris : manuel du voyageur / K. Baedeker
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262 IU. R. 46. LE MONT-ST-MICHEL .

curiosité unique en son genre, qui attire, dit-on, 50000 visiteurspar an.

On n’en a toutefois une idée complète, nous l’avons dit, quelorsqu’on l’a vue à marée montante, où le flot arrive avec la rapiditéindiquée ci-dessus et peut atteindre 15 m. de hauteur.

Ij abbaye a été fondée en 709 par St Aubert, évêque d’Avranches , à lasuite, dit la légende, d’une apparition de St Michel, et il s’y créa un pèle-rinage. Il fallut bientôt la fortifier, pour la défendre contre les Normands,qui néanmoins s’en emparèrent et s’en firent ensuite les protecteurs. C’étaitune abbaye de bénédictins, qui devint très prospère, comme l’atteste en-core sa magnificence. Elle fut cependant plusieurs fois détruite par lefeu et plusieurs fois assiégée, en particulier de 1423 à 1434 par les Anglais ,qui ne purent s’en emparer. La dissolution en fit remplacer les moines,en 1622, par des bénédictins de St-Maur, qui y restèrent jusqu’en 1790.I/abbaye fut alors transformée en prisou et conserva cette destinationjusqu’en 1863. Elle appartient maintenant à l’Etat, qui la fait restaurer.

Elle est ouverte aux visiteurs, en été (1 er juin-15 sept.) de 8 h. à 11 h.et de midi i/o à 4, 5 ou 6 h. ; le reste de l’année de 9 h. à 11 h. et de midii/g à 4 h.: pourb. au gardien qui sert de guide. — La visite demandeenv. 1 h.

Le village lui-même a déjà une *enceinte militaire, d’épaisseset hautes murailles flanquées de tours et de bastions, qui datentsurtout du xv e s., où l’on ne pénètre que d’un seul côté, par troisportes successives, et son unique rue est bordée de constructions enmajeure partie aussi de l’époque.

On parvient à l’entrée de l’abbaye par un escalier dans le hautde la rue (église v. p. 264) ou mieux par les rempartsd’où l’on aune belle vue, en y montant à dr. au delà des portes de l’enceinteet tournant ensuite à g. : il faut env. V4 d’h.

L’ **abbaye actuelle date de diverses époques, mais remonte engrande partie aux xn e et xm e s. Le principal et le plus remarquablede ses bâtiments est la Merveille, à dr. ou du côté nord. Et l’onadmire encore davantage ces constructions quand on pense aux dif-ficultés éprouvées par ceux qui les ont entreprises, pour se pro-curer les matériaux et les mettre en œuvre.

On entre par le Châtelet, haut donjon du xv e s., flanqué de deuxtourelles à encorbellement, et l’on commence par la salle des Gardes,partie du bâtiment du xm e s. dit la Belle-Chaise. De là, le gardienvous fait monter l’ escalier abbatial , sous un pont crénelé et à mâchi-coulis , et le Grand- Degré, qui aboutit à une plate-forme à 75 m.d’altit., dite le Saut-Gaultier, à ce qu’on prétend d’après un sculp-teur de ce nom, qui s’y tua au xvi e s., comme Barbés s’y cassa lajambe en voulant s’évader en 1840, mais qui date d’une époquebeaucoup plus reculée. On y a déjà une très belle vue.

L 'église, près de là, a été commencée en 1020, dans le style ro-man, mais elle a subi bien des modifications, et elle n’est pas en-core complètement restaurée. On a reconstruit dans le style primi-tif, avec flèche goth., La tour centrale, et elle est de nouveau cou-ronnée, depuis 1897, d’une statue dorée de St Michel, en bronze,par Fremiet . On doit redonner à la nef les trois travées qui en ont