3 Recueil de
Dk5«2. Avant 1699,
PISTON
POUR LES POMPES,
1 NVENT Ê
PAR M. PERRAULT*
DE L’ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES.
L Es Pistons ordinaires font faits de deux diaphragmesde cuivre ou autre matière solide, entre lesquels fontplusieurs autres diaphragmes de cuir qui remplissent entié-îement l’intervalle que laissent entr’eux les deux premiers.Ce nouveau Piston est composé de trois diaphragmesA,B,C,de cuivre, éloignés les uns des autres, ôc dont les intervallesfont libres. Les deux extrêmes A, C, font percés deplusieurs trous assez grands ; celui du milieu reste plein.Ces diaphragmes font enveloppés dune manche ou sac decuir souple DDEE fortement attaché à leur circonférence,ce qui forme deux tambours ou cylindres séparés A D B,BEC, dont l’un a des ouvertures du côté de l’air extérieur,& fautre du côté de l’extrêmité inférieure du corps dePompe. Par cette construction le Piston fie fe colle, oune frotte contre les parois du corps de Pompe, qu’autantqu il est nécessaire pour empêcher l’air ou l’eau de s’intro-duire entre deux : car lorsque le Piston, par exemple, seratiré en en-haut pour faire monter, ou aspirer l’eau, l’air quientrera parles trous faits au diaphragme supérieur, obligerale cuir du tambour supérieur A D B , de se coller aux paroisdu tuyau, assez pour empêcher l’air de passer entre le tuyau& le Piston ; ôc lorsque se Piston sera poussé en en-bas, ourefoulera, Peau entrera dans îe tambour inférieur BEC parles ouvertures faites au diaphragme inférieur, ôc pressera lecuir de ce tambour contre le tuyau, enforte qu’il ne puisse®’y introduire d’eau.
Ce Piston aura donc toujours une adhésion exacte aucorps de Pompe , qui est ce qu’on demande dans Peffetdes Pistons ; mais il n’y aura pas, comme il arrive souventdans les Pistons ordinaires , une adhésion, ou un frotte-ment trop considérable , ôc par conséquent ce Piston nesera pas sujet aux inconvéniens qui résultent d’une adhé-sion trop forte.
N?, z. Avant 1699.
MACHIN E
POUR AUGMENTER L’EFFET
DES ARMES A FEU,
INVENTÉE >
PAR M. PERRAULT,
DE L'ACADÊMIE ROYALE DES SCIENCES.
A B dans les deux figures est un canon à l’ordinaire ,que l’on â représenté coupé par la moitié, afin d’en fairevoir l’intérieur. A est l’enaroit où l’on met la poudre, ôcB est une ouverture au-delà du milieu du canon. Plus loin.que cette ouverture le canon fe démonte à vis, ôc fe sépare
s Machines >
en deux, dont le moindre a un rebord en dedans qui faitune efpece d’anneau marqué a a. Lorsque ce bout est ôté,on introduit un autre canon c c , dont la culasse I fe dé-monte aussi à vis ; cette culasse est percée par le milieu ,pour faire la lumière de ce second canon, ôc cela faitun rebord qui forme auílì un anneau, auquel est soudé unfil d’acier tourné en spirale, ôc détrempé, afin qu’il puissefaire ressort. Ce fil marqué & e a à son autre bout un autreanneau D, dans lequel le second canon peut couler ; cesecond canon étant introduit dans le premier, on remet lebout, qui fe,démonte avis au premier canon; ôc pourcharger l’arme on tient le second canon, ainsi qu’il est dansla deuxieme figure, ôc on met la poudre dans le premiercanon par l’ouverture B , laissant descendre le deuxiemecanon qui sert de bourre au premier, ainsi qu’il se voitdans la premiere figure, après quoi l’on charge le deuxie-me canon.
L’esset de la machine est, que la poudre allumée dansle premier canon par la lumière A, pousse le second, ôcen mêmetemps y met le feu par la lumière qui est au boutde la culasse, ôc qui donne une vitesse à la balle dont le se-cond canon est chargé, laquelle est presque double decelle qu’il auroit s’il n’étoit poussé que comme à l’ordinairepar la poudre du canon dans lequel il est, parce qu’alorsil*y a deux vitesses jointes ensemble , savoir, celle dudeuxieme canon poussée par la poudre du premier, ôc cellede la poudre dont le second canon est chargé.
Les précautions pour empêcher que ces deux chargesne fassent un effet capable de rompre la machine, consistentdans l’ouverture B, par où le feu du premier canon fort,lorsqu’il a poussé le second au-delà de l’ouverture, ôc dansle fil d’acier, dont l’anneau D étant arrêté contre le reborda a, fait par le moyen de son ressort une résistance qui obéità sabord, ôc qui croît insensiblement, ce qui rompt suffi-samment le grand effort, ôc ne diminue que fort peu lavitesse.
II sera aisé d’entretenirla machine nette, n’y ayant au-*tre chose à faire pour la démonter, que d’ôter le bout, quife démonte à vis, ôc qui retient le colletas.
N“. Avant itfpy.
MACHINES
QUI ELEVENT DES FARDEAUX
SANS FROTTEMENT,INVENTÉES
PAR M. PERRAULT*
DE L’ACADÊMIE ROYALE DES SCIENCES.
L E frottement dans les machines composées, qui juf-qu’ici n’a pu en être ôté entièrement, a toujours étéun obstacle à la puissance que 1 on emploie pour les faireagir, ôc un obstacle très-considérable, puisqu il va toujoursen augmentant, à proportion de la pesanteur du fardeauqu’elle remue.
II y a des organes simples où le frottement n’est pas con-sidérable, ôc où même il ne s’en rencontre point du tout;faction du levier,quand on s’en sert simplement, est pres-que sans frottement ; ôc la scytale, que nous appelionscylindre ou rouleau, n’en a point du tout. Mais la diffi-culté est de faire agir ces organes dans la composition desmachines, en leur conservant ces mêmes avantages : caril est constant que le rouleau n’a été employé jusqu’àprésentque comme organe simple, dont on se sert seulement pour;