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[Tome premier.]
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APPROUVE* ES P.faire couler les fardeaux fur un plan horizontal, outrès-peuincliné ; ôc que le levier n’agit ordinairement dans les ma-chines composées que d’une maniéré sujette à un bien plusgrand frottement, que quand il agit comme simple organe :parce que toute son action dans les machines composéesne fe trouve guère que dans les poulies, qui bien qu’ellessoient faites pour diminuer le frottement qu’un cable fouf-friroit en passant sur quelque chose qui ne seroit pas mo-bile , comme Test une poulie, elles ne laissent pas d’avoirdu frottement fur leur pivot, ou dans les trous où le pivottourne, parce que ces choses font des appuis immobiles,auxquels la poulie est comme attachée ôc collée par sonessieu, à cause de la pesanteur du fardeau qu’elle soutient :de sorte que pour la faire tourner il faut que les endroitsde l’essieu, qui font comme attachés auxendroitsfurlesquelsils appuient, soient arrachés par une force proportionnéeà la pesanteur qui cause cette attache. Or cela ne fe ren-contre point dans le rouleau qui peut tourner fans que lesparties qui posent sur son appui, ayent aucune peine à lequitter.

Cela peut être aisément expliqué , ( voyez 6g. 4. )dans laquelle A est l’essieu d’une poulie B, chargée despoids C ôc D, dont l’un est la puissance, ôc l’autre le far-deau; & EFGH est l’appui fur lequel pose Taxe de lapoulie. Car st l’on suppose que C est la puissance, & D lefardeau , il est constant que quand cette puissance agit, ily a deux points de l’effieu qui touchent ces deux points E& F de l’appui, ôc que l’essieu n’y peut tourner que cesdeux points ne frottent, ôc ne raclent, si cela fe peut dire,les deux endroits de l’appui, ôc qu’ils n’y soient d’autantplus fortement attachés que les poids font plus grands, 6cque la puissance agit avec plus de force. De forte que sil’appui est cavé en rond, ainsi qu’il fe voit en GH, il apporteencore un plus grand obstacle au mouvement, étant touché& pressé en beaucoup plus d’endroits : car quoique cegrand nombre d’endroits fur lesquels l’effieu pose, soit causeque chaque endroit est moins pressé ; il est pourtant certainpar l’expérience, qu’il fe rencontre moins d’obstacle aumouvement de cet essieu , lorsqu’il ne touche qu’en deuxendroits de l’appui, ainsi qu’il fait en E F, ôc que C est lapuissance, & D le fardeau , que lorsqu’il est engagé dansla cavité G H.

Mais au contraire si D est la puissance, & C le fardeau,& que l’on considéré l’essieu A agissant comme un rouleau,il ne rencontrera rien qui l’empêchede tourner en s’avan-çant vers H G, lorsque la puissance D le fera aller, parceque le point qui appuie à l’endroit F le quitte sans répu-gnance , ôc que tous les autres points de 1 essieu posantsuccessivement sur d’autres points de 1 appui, il n y a rienqui fasse que les points de l’essieu ou rouleau aient de lapeine à fe détacher des points de l’appui, de même qu ilsen ont lorfqu’étant serrés contre les endroits EF, ou dansla cavité GH, par la pesanteur du fardeau, & par l’effortde la puissance ; il faut que pour les quitter ils les frottentproportionnellement àla pesanteur du fardeau, ôcàla forcede la puissance; parce qu’il faut que plusieurs parties del’ef-fieu passent fur une même partie de l’appui qui demeureimmobile. Et c’est par cette raison que l’huile ôc la graissefacilitent le mouvement des essieux ôc des roues ; car lesparticules roulantes de l’huile qui est entre l’essieu & sonappui, font que ce qui soutient est mobile, parce qu’alors cefont les particules de l’huile qui soutiennent, lesquellesétant apparemment rondes, ont une facilité à être remuées,parce qu’elle font comme autant de rouleaux mis entre lesparties de l’essieu, ôc celles de l’appuisur lesquelles il pose.

Cette même figure sert encore à expliquer commentle levier agit autrement dans les machines , que quand ons’en sert comme de simple organe, car quand la partie B estremuée par la puissance D, le long bras du levier estdepuis le point E jufqu’au point de la circonférence touchépar la corde de l’endroit K, & le petit est depuis le mêmepoint E jusqu à la circonférence opposée vers K : de forte

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que quand même il n’y auroit point de frottement, iné-galité de ces bras demanderoit plus de force dans C pourmouvoir D, que dans D pour mouvoir C; ôc c’est-là lamaniéré dont un levier est employé dans les machinescomposées. Que si l’on suppose que la poulie B est remuéepar la puissance D, les deux bras du levier font égaux, al-lant depuis la circonférence de la poulie jufqu’au point parlequel l’essieu pose fur son appui ; ôc c’est en cette manier©qu’un levier agit comme simple organe.

Or pour concevoir la différence qu’il y a entre les effetsde ces deux maniérés, il faut considérer, pour les compa-rer l’une à l’autre, que la proportion de la p uissance à la ré-sistance du fardeau, étant lamême dans l’une ôc dans l’autremaniéré, il ne s’agit que de la résistance qui vient de la partde la machine : car cette résistance est fort grande dans lamaniéré dont le levier est ordinairement employé dans lesmachines composées , ainsi qu’il est démontré , ôc va en-core toujours en s’augmentant à proportion que le poidsdu fardeau est augmenté. Au contraire, dans l’autre ma-niéré , qui est celle où le levier agit comme simple organe,la facilité à passer d’un point de l’appui fur un autre pointest toujours la même, quelque différente que puisse être lapesanteur des fardeaux.

II faut donc pour perfectionner les machines, trouverles moyens d’y faire agir le levier de la maniéré qu’il agit,quand on s’en sert comme d’un organe simple, ôc d’y faireagir le rouleau. Ces moyens qui n’ont point encore étépratiqués, le font fort commodément dans les machinessuivantes : car le levier y agit non-seulement de la maniéréqu’il fait quand on s’en sert comme d’un simple organe,c’est-à-dire, avec peu de frottement ; mais il y agit mêmefans aucun frottement : ôc le rouleau y agit non-seulementsans frottement, mais d’une maniéré encore plus parfaiteque quand on s’en sert comme d’un simple organe, à causequ’on ne le fait point appuyer fur un plan où l’inégalicé quïfe rencontre toujours, ôc dans la surface du corps qui ap-puie fur le rouleau, ôc dans le plan fur lequel le rouleaupasie, apporte de grands obstacles à la puissance mou-vante ; parce que comme ces inégalités font que le rouleaune sauroit agir que le fardeau ne soit élevé ôc ne redes-cende lorsqu’il se rencontre des éminences ; ces fréquentesélévations emploient iutilement la puissance , en l’obli-geantde faire des efforts qui n’appartiennent point au mou-vement dont il s’agit, lequel n’est qu’un mouvement hori-zontal ; au lieu que dans les machines suivantes le rouleauagit uniformément ; ôc par son moyen la puissance ne faitaucun effort qui n’ait un effet pour l’élévation à laquelleelle est employée : il ne fera donc pas difficile de fairecomprendre que les machines qui agiront suivant cesprincipes, font capables de produire ces bons effets, quandon aura expliqué quelle en est la structure, ôc la maniéréd’agir. J’en décris ici de trois fortes.

N°. 4. - Avant 1 5 ,,.

PREMIERE MACHINE

POUR ÉLEVER LES FARDEAUXSANS FROTTEMENT,

INVENTÉE

PAR M. PERRAULT»

DE L’ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES.'

C Ette machine est composée d’un rouleau ou cy-lindre A A, qui sert d’essieu à une roue en forme depoulie marquée B, L’effieu qui tourne avec la poulie, est

Fro. I.