4 Recueil des
soutenu par deux cables C C attachés au haut de la ma-chine, qui est en forme de grue. Le même essieu a un autrecable D qui soutient le fardeau E ; & la roue a unecorde F F Q qui lui est attachée Ôt entortillée, & que l’ontire pour élever le fardeau. L’élévation se fait par la raisonque la corde étant tirée, la roue tourne, ôt en même-tempsî’essieu qui roulant fur les deux bras RR du gruau, esttiré vers le haut de la machine par les cables C C, qui«'entortillent autour de l’essieu , de même que le cableP qui soutient le fardeau : car il arrive nécessairementque les cables s’entortillant s’accourcissent, ôt tirent versl’endroit où ils font attachés ; c’est-à-dire que les cablesC C tirent l’eflieu avec la roue vers le*haut de la machine,
& que le cable D tire le fardeau vers l’essieu; parce que lescables attachés au haut de la machine, ôt celui qui sou-tient le fardeau, sont entortillés sur le rouleau de deux sensdifférens. Et comme le rouleau ne passe fur le bras dugruau qu'en tournant, il agit fans aucun frottement, ainsiqu’il est expliqué ( voyez figure 4. ) où le rouleau Apeut passer fur l’appui F H en allant vers H fansqu’il y ait de frottement. Or la force de la machine, de mê-me que dans la grue ordinaire, dépend de la grandeur dela roue, & du peu de grosseur que l’on donne au rouleau.Mais pour augmenter cette force on fait que la corde FFQqui fait tourner la roue ,est tirée au bas de la machine parun rouleau GG tourné avec des leviers, que l'on fait agiraussi fans frottement, faisant entortiller lacordeFFQ sur leÏÙG. íI. rouleau GG, qui est attaché par les cordes HHII : carlorfqu’on fait tourner le rouleau en baissant les bouts L Ldes leviers , les cordes I, I qui s’entortillent alentour durouleau le font descendre, & la corde FFQ qui est entor-tillée sur le rouleau GG, est tirée tant par la descente durouleau causée par l’entortillement des cordes I, I, que parson entortillement fur le même rouleau qui tourne en des-cendant, ôt qui remonte lorsqu'on releve les leviers LL,parce qu’il est retiré en haut par les cordes H H. Maispour faciliter faction du rouleau GG, qui tire la cordeF F G, il y a dans la barre K au travers de laquelle la cordepasse, une autre machine qui est décrite & représentéeci-après dans la plancheN®. 5 , figure II, & que j’appellemain nu analemme, parce quelle retient ôt arrête la cordede maniéré qu’elle la laisse aller librement quand elle esttirée en bas , & qu’elle la retient ôt l’empêche de retour-ner en haut pendant que l’on remonte le rouleau GG , enrelevant les bouts L L des leviers, qui agissent par repri-ses : ôt afin qu’alors le bout Q de la corde ne remonte pasaussi, il est entortillé à un autre rouleau M, qui est im-mobile au bas de la machine; ôt il faut supposer que cebout de la corde marqué Q est tenu par un homme quil’arrête & le tient ferme lorfqu’on leve les leviers, ôt quile tire lorfqu’on les abaisse.
II faut cependant remarquer que îá traction qui se faitpour empêcher la corde de remonter quand on leve les le-viers GL, ôt pour la faire venir lorsqu’on les abaisse , n’estpointune action qui appartienne tellement à l’élévation dufardeau, qu’elle doive être proportionnée à sa pesanteur,n’y ayant point d’autre action qui le doive être que cellequi se fait sur les leviers G L', fur lesquels il faut appuyerplus ou moins, selon la pesanteur du fardeau : car cette; traction est toujours la même quand on releve les leviers,parce qu’alors le fardeau est retenu par la partie de la ma-chine appellée main ; ôt quand on baisse les leviers, le tri-ple entortillement de la corde fur le rouleau GG fy attacheassez fortement pour tirer les plus grands fardeaux, pour .peu que la corde entortillée furie rouleau immobile soit re-tenue , ainsi que f expérience le fait voir dans f instrumentappellé Poulain, dont les Tonneliers se servent, ôt parlemoyen duquel un homme soutient avec la main un muidde vin assez facilement.
Machines
N°. y. d Avant 1699,
SECONDE MACHINE
POUR
ÉLEVER LES FARDEAUX
SANS FROTTEMENT,
INVENTÉE
PAR M. PERRAULT,
DE L’ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES.
L A seconde machine qui agit par les mêmes principesque la premiere, en est difíérente en ce que le cy-lindre qu’elle emploie ne roule point fur un plan, commedans la premiere, où il roule fur les bras du gruau ; ce quiest capable, comme il a été dit, d’apporter des obstaclesau mouvement, lesquels ne se rencontrent point dans lamaniéré dont il agit dans cette seconde machine, où il nesait que souffrir d’être entortillé des cables qui le soutien-nent; cet entortillement étant une chose à laquelle les ca-bles n’apportent aucune résistance, ainsi qu’il fera expli-qué dans la fuite.
Cette machine a , de même que l’autre, un cylindre krs.ou rouleau A, qui sert d’effieu à une roue en forme de pou-lie marquée B, ôt qui est soutenu par les cables C C : lamain K, au travers de laquelle la corde FFF passe , lesrouleaux G & M agissent aussi de la même maniéré quedans la premiere machine ; mais le fardeau est porté patdeux cables D D; & cette machine ne tourne point fur unpivot pour transporter le fardeau à droite & à gauche; ellei’éleve à peu près comme fait la machine que l’on appelleEngin.
La petite machine que j’appelle main ou analemme, & Fio. Ilíqui est représentée par la seconde figure de cette plan-che, est composée de deux tasseaux AB, qui tournent& sont arrêtés par les pivots C C ; ces deux tasseaux fe re-muent nécessairement ensemble parle moyen de la bran-che R, qui étant attachée par un bout au tasseau B , estpercée par f autre bout, ôt reçoit un clou attaché au tas-seau A, qui l’oblige de remonter quand le tasseau B estrepoussé en haut par le ressort E.
L’action de cette machine dépend de la compressiondes tasseaux qui serrent ôt arrêtent le cable G H lorsqu’iîest tiré vers G ; de maniéré qu’il est d’autant plus ferréqu’il est tiré avec plus de force, parce que les tasseaux s’ap*prochent ôt serrent davantage , plus le cable est tiré. Aucontraire quand le cable est tiré vers H, les tasseauxs’éloignent ôt ne s’oppofent point à la traction. Maissi l’on veut que le cable puisse aller vers G, on tirela petite corde I, qui faisant baisser le tasseau A, faitaussi baisser le tasseau B par le moyen de la branche R ;ôt ainsi les deux extrémités des tasseaux, en s’éloignantl’un de l’autre, ne serrent plus le cable.
Cette main est d’un grand usage dans ces deux ma-.'chines , ôt elle peut servir en beaucoup d autres, fur-toutdans celle que l’on fait agir à plusieurs reprises, tellequ’est la poulie d’un puits dont la corde est tirée avec lesbras; parce qu’il faut qu’unbras arrête la corde pendantqu’on leve l’autre pour la reprendre plus haut : au lieu queparle moyen de l’arrêt que cette main fait de la corde,les deux bras qui ont tiré la corde ensemble se releventaussi ensemble, ôt ont pendant ce temps-là une efpece derepos,
MACHINE