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[Tome premier.]
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FiG.I.

kl«. III.

III.

APPROUVEES P

N°. 6. Avant 1699.

MACHINE

POUR ÉLEVER L’EAU,

I NV E NT É E

PAR M. PERRAULT»

DE L’ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES.

C Ette machine, qui peut servir à élever de seausans frottement, est composée, comme les précé-dentes , d’un essieu AA, qui traverse Me poulie B, sur la-quelle la corde CC est entortillée, ôc qui va passer autravers de la main D. L’essieu AA est attaché par les ca-bles EE au haut de la machine; ôc il a encore deux autrescables FF qui vont passer fous le tonneau G, pour retour-ner s attacher aussi au haut de la machine : le tonneau a unessieu de même que la poulie, & ces deux essieux font en-fermés entre les quatre montans qui les empêchent de va-ciller.

Quand on tire la corde C, elle fait que le rouleau AA«'entortillant aux cables EE monte en haut avec la pou-lie, & qu’en même-temps il éleve le tonneau qui rencon-trant, lorsqu’ii est en haut, la barre H, lui fait verser seaudans le réservoir I, parce que la barre faisant baisser l’undes bouts du fer coudé K, l’autre bout fait ouvrir la sou-pape L, laquelle s’ouvre aussi lorsque le tonneau étantdescendu dans l’eau s’y enfonce par fa pesanteur; ôc l’eauy entre facilement, à cause que l’essieu qui entretient letonneau a des ouvertures qui donnent passage à l’air qui enfort à mesure que l’eau y entre, & cela fait que le ton-neau ne s’emplit que jusqu’aux essieux, & que le passageque l’air trouve par leurs ouvertures, aide à faire sortirl’eau, lorsque la soupape étant ouverte, elle coule dans leréservoir par le goulet M.

Cette machine est plus simple que les deux autres dansce qui appartient à l’élévationjmais elle ne le fait pas avectant de force, parce qu’on suppose que la corde C est im-médiatement tirée avec les bras, ôc non par le moyen desleviers. II faut remarquer que dans la machine ci-dessus dela planche N® 5, les leviers n’agissent pas comme danscelle de la planche N p 4, en appuyant dessus, mais en leslevant, ce qui est fait pour la commodité des mouvemensqui font mieux placés derriere la machine, que s’ils étoientdu côté que le fardeau est élevé : car pour ce qui est de cesdeux maniérés de faire agir les leviers, l’une revient à l’au-tre ; parce que si l’on ne peut pas faire autant tourner lerouleau en levant les leviers qu on le fait en les abaissant,il est vrai aussi qu on le fait avec plus de force, un hommene pouvant agir en appuyant que par fa pesanteur ; au lieuqu’ii peut remuer eh levant le double de sa pesanteur.

II n’est pas difficile de comprendre que les machinesprécédentes agissent fans frottement, ôc qu’elles n’ont pointcet obstacle, qui dans toutes les autres résiste à la puissan-ce qui les remue, à proportion que le fardeau est pluspesant : parce que ne s’agissant que du pliement des ca-bles, bien loin que la roideur que leur donne le poids qu’ilssoutiennent répugne à leur pliement, il est vrai au contraireque plus le cable est étendu par la pesanteur du fardeau,ôc plus il a de disposition à fe plier : car il faut considérerque comme pour le pliement d’un cable il est nécessaireque les parties qui font au côté où il se plie, s’accourcissent,il est certain que ce qui dispose ces parties à s’accourcir,dispose le cable à se plier : & il est évident que plus lesparties ont été alongées, ôc plus elles demandent à fe rac-courcir quand la cause qui les alongeoit vient à cesser;

A R L’A C A D E’M I E. ^

ôc c’est ce qui arrive aux parties qui font du côté vers le-quel le cable se plie; parce que la traêìion qui alongeoitles parties qui font depuis A jusqu’à B dans la fig. II, n a-longe plus celles qui font alentour du rouleau C, depuisB jusqu’à E; puisqu’au contraire le pliement qui les resserreles racourcit en tout cet endroit. Et il est constant encoreque pour cet accourcissement il n’est point besoin de leurfaire aucune violence, puisqu’elles y font portées par leurinclination naturelle , qui fait que les choses dont les par-ties ont été étendues par violence, retournent d’elles-mêmes ôc fans aucun effort extérieur en leur premier état.

Al’égardde l’obstacle que le frottement apporte au mou-vement des machines ordinaires, ôc de l’importance dumoyen que les machines proposées fournissent pour les enrendre exemptes, il n’est pas difficile de faire voir ce quien est. Voici les expériences qui en ont été faites.

On a attaché deux bassins de balance aux endroits C& D, figure IV, dans chacun defquels on a mis unelivre de plomb ; ôc pour faire trébucher le bassin D ,on a trouvé qu’il falloit feulement un gros, ôc qu’il en fal-loit cinq pour faire trébucher le bassin C ; parce que danscelui-ci, ainsi qu’il a été dit, il y a frottement des pointsE ôc F du rouleau A contre l’appui, ôc pour le mou-vement du bassin D il n’y a aucun frottement ; la pesanteurdu fardeau ne faisant point que les points du rouleau Ratta-chent aux points de l’appui, ôc n’empêchant point qu’ils nese quittent pour laisser aller le rouleau vers l’endroitoù lebassin doit trébucher.

Mais ce qu’il y a de plus remarquable, c’est qu’à mesurequ’on a ajouté des poids dans les bassins, il a fallu aussiajouter quelque chose à proportion pour faire trébucherle bassin C qui agit avec frottement, enforte que commecinq gros ont été nécessaires pour faire trébucher une livre,il en a fallu dix pour deux, quinze pour trois, vingt-cinq

F our cinq. Et le gros qui a fait trébucher une livre dansautre bassin D , de la balance qui agit fans frottement,asuffi pour faire trébucher les deux, les trois, les quatre ôcles cinq livres , ôc apparemment suffira toujours quelquepoids que l’on ajoute ; de même que dans les machines oùil y a frottement, il faudra que ce que l’on ajoute pour fairetrébucher, aille toujours croissant par la même proportionà mesure que le poids du fardeau fera augmenté. Et cela vaassez loin , principalement quand le mouvement est inter-rompu : car alors la résistance croît de près de la moitié ,ainsi que l’expérience le fait voir dans la roue d’une grue;parce que lorsqu’un homme y marche, s’il s’àrrête, il estobligé de monter bien haut pour la remettre en train : ce quiarrive parce que les inégalités des parties qui fe touchentont le loisir de s’engager les unes dans les autres ; ce qui neleur arrive pas lorlqu’elles font en mouvement.

N p . 7.

Avant 16pp.

MACHINE

POUR

TRAÎNER LES FARDEAUX,

I N V E N T Ê E

PAR M. PERRAULT,

DE L’ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES.

C Ette machine emploie le rouleau fur un plan ho-rizontal : ce qu’elle a de particulier, c’est première-ment qu’elle entretient les rouleaux en une situation quiest toujours parallèle à l’égard l’un de l’autre, ôc perpen-

FlG.II.

Fig. IV.

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