Fi c- I.
FlG.II.
Fig. I.
Fis. I. SeII.
Fig. III.
6 Recueil- de
dicuíaire à la ligne de direction du fardeau qu’ils soutien-nent : le manque de cet avantage dans sillage que l’onfait ordinairement des rouleaux, donne beaucoup de peine:car íì l’un des deux rouleaux se détourne, ils ne roulent plusni l’un ni l’autre ; & s’ils se détournent également, le fardeauprend une autre direction & tourne à côté. II est bien diffi-cile d’empêcher que ces accidens n’ârrivent si l’on n’ap-porte les précautions que l’on a prises dans cette machine.
En second lieu, elle n’est point sujette aux cahots quirompent les binars, jamais assez forts pour résister aux se-cousses Ôc aux efforts d’un lourd fardeau qui tombe a coup.Si cette machine est exempte du danger d’être rompue, ellea encore l’avantage de n’être point sujette à rompre leschemins.
En troisième lieu., elle rend le fardeau facile à remuerpar la vertu qué íe rouleau a de n’apporter aucun obstacleau mouvement, quand cet organe est fort poli & fort rond,& qu’il roule fur des plans parfaitement unis, ainsi qu’il aété expliqué.
II est vrai qu on ne peut pas employer des chevaux pourfaire aller cette machine, à cause qu’elle ne va qu’à repri-ses, ôc qu’elle ne s’avance à chaque fois que de cinq ou sixpieds : car il faudroit faire arrêter, ôc puis recommencer àfaire aller les chevaux à tous momens; ce qui feroit diffi-cile, n’y ayant que des hommes qui soient propres pourcela ; mais la facilité du mouvement de la machine fait quedix ou douze homfnes font fuffiíànspour la faire aller, quoi-que chargé de plus de quarante milliers.
Elle est composée de deux poulains ou châssis de boismarqués A A, B B. Le poulain B B est en maniéré det rameau ayant des becs rr n posés fur terre. Entre les deuxpoulains il y a des rouleaux GD, qui font attachés au pou-lains de dessous par huit cables marqués e g, deux à chaqueextrémité du rouleau, & par le milieu, au poulain dedessus par quatre cables marqués xx : ces cables retien-nent les rouleaux de telle forte qu’iís ont la liberté de rou-ler fans qu’ils puissent aucunement vaciller. 11 y a encoredes équerres EE qui servent à entretenir les deux poulainstoujours également posés l’un fur l’autre, ôc à empêcherauílì qu’ils ne vacillent.
Le poulain A A a un essieu G qui traverse les grands le-viers HH d’environ un pied ôc demi près de leurs extré-mités , ôc ces extrémités font soutenues par les montans II,qui font assemblés avec un patin K qui passe fous le pou-lain BB, ôc encore avec les traverfans LL, ôc ces tra ver-fanspar l’autre bout font aussi assemblés par unepiece A,qui les joint ensemble; ôc ces pieces font un assemblageIR L L soutenu par la roue M, sur laquelle il pose par unbout, étant appuyé par l’autrebout sur le patin K.
Pour faire agir la machine on fait tourner les moulinetsNS, appuyant fur S, ôc par ce moyen le poulain A Aqui soutient le fardeau est soulevé à cause des leviers H Hqui font tirés en haut par les cables O O ; ôc alors le far-deau ne posant plus fur le poulain B B, mais fur ies mon-tans II, qui font fur le patin qui pose à terre, on tire letraîneau B B de la longueur de cinq ou six pieds par le ti-mon Q, ensuite de quoi on retourne les moulinets appuyantfur NN, pour laisser descendre le poulain A tiré par le ca-ble XX, ce qui fait en même-tempssoulever le patin , quine posant plus à terre, fait que tout le fardeau pose fur cesrouleaux ; ôc alors on tire le poulain A A par le cable P:ôc on continue ainsi à tirer tantôt le poulain BB, tantôt lepoulain A A, ainsi qu’il a été dit.
Pour faciliter les mouvemens de la machine, on doubleles poulies; car le cable attaché au timon du poulain BB,qui passe fous la poulie T, attachée au poulain A A, dou-ble la force de la puissance qui íe tire, ÔC les poulies V V,YY, doublent 1 a puissance des moulinets N S, lorfqu’ilsagissent pour lever les leviers HH, par lesquels tout lefardeau du poulain A A est enlevé : ôc la poulie Z doubleaussi la puissance des moulinets, loríqu’abaissant les leviersHH iís soulèvent le patin pouf faite qu’avee tout l’assem-
s Machines
blage IK L L ôc la roue M, le poulain À A ôc le fardeauqu’ils portent puissent être remués étant tirés par le cableP, ôc poussés par les quatre hommes qui ont fait agir lesmoulinets, ôc encore par quatre autres, qui, lorfqu’il enfera besoin, agiront avec des leviers mis dans les trousqui font au bout de chaque rouleau. Ces leviers servirontprincipalementloríqu’ilfaudraalleren montant, ôc quel’ona besoin de plus de force , ou lorfqu’il y aura quelquedescente, ôc qu’au contraire il faudra empêcher quele poulain A A ne roule trop facilement.
Il est évident que la plus grande action ôc le plus grandeffort des hommes qui travailleront à remuer cette machi-ne,n’est que pour soulever le fardeau de quatre ou cinq pou-ces seulement par le moyen des moulinets, avec lesquelsquatre hommes peuvent aisément lever quarante milliers:ainsi le fardeau étant soulevé, le traîneau n’ayant pointd’autre pesanteur que la sienne, par ce qu alors il ne soutientpas le fardeau, il fera aisé à traîner, ôc les inégalités duchemin ne feront point faire de cahots au fardeau qui nepose que fur le patin : Ôc tout de même lorsque le fardeauappuyera sur le traîneau, il pourra s’avancer fans aucun ca-hot, parce qu’il coulera fur le traîneau qui est fort uni, Ôctout-à-fait immobile.
Pour ce qui est de faire détourner toute la machine dans j? IS< jles détours des chemins, cela ne fera pas difficile, n’y ayantqu’à faire passer les becs n n du traîneau fur les dossiersH H pendant que le poulain A A est soulevé, ôc faire glisserle traîneau fur les dosses par le moyen des leviers passésdans les trous de la dosse de devant.
AVEC LAQUELLE ON PEUT SE SERVIR
D’UN GRAND TUYAU
DE LUNETE IMMOBILE,
PAR LE MOYEN D’UN MIROIR,
INVENTÉE
PAR M. PERRAULT»
DE L’ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES
’Uíàge des grandes Lunettes pour lesquelles on ades verres de deux Ôc de trois cens pieds, est fortincommode, à cause de la difficulté qu’il y a de manierleurs grands tuyaux, principalement pour les observationsastronomiques, parce que plus les lunettes font grandes ,ôc plus les astres passent vîte à proportion. II y a déja quel-que temps que l’on a imaginé de fe servir d’un miroir quirenvoie i’imagedes objets dans le tuyau, qui par ce moyenpeut servir, quoiqu’il demeure immobile. La machineque l’on propose ici fait fort commodément tout ce quel’on peut attendre d’une machine : la difficulté est de trou-ver un miroir auísi parfait qu’il est nécessaire pour ne pointcorrompre les rayons, ainsi qu’il est malaisé qu’il ne fassepas quand il s’agit de représenter exactement un objet fortéloigné.
Comme il est nécessaire ici de suivre les mouvemensdes objets qui changent de place, ôc que ces mouvemensfont composés d’inclinaifon lorfqu’ils font de différenteshauteurs, ôc de déclinaison lorsqu’ils fe font de droite à gau-che, ou de gauche à droite, la machine fait ces effets parle moyen de trois châssis mis l’un dans l’autre. Le plus grandchâssis AA ôc le plus petit BB servent aux mouvemens dedéclinaison ; le châssis moyen CC qui est £lacé entre le«
N°. 8.
Avant 1699.
MACHINE