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Recueil des
Machines
Fig. !. &II.
Fig. II.
Fig. III.
N?. 41.
Avant: 16pj?.
N?. 42. ÔC43. Avant 1699.
MACHINE
POUR
MACHINE
POUR
ATTIRER DES FARDEAUX.
BATTRE DES PILOTIS.
A grande roue A B est supportée par son axe C, & surx deux montans qui lui permettent de tourner. Ce mê-me axe prolongé porte trois roues D, E, F, posées à distan-ces égales furie de 1 autre. Chaque circonférence est gar-nie de six fourchettes de fer, comme la roue D le fait voirpar les chiffres 1,2,3,5,6: ces fourchettes font es-pacées également.
G H est un chevalet, dans la largeur duquel font pra-tiquées trois séparations X, K, L. Les côtés intérieurs dechaque séparation sont faits en coulisses, & contiennentdes poulies renfermées dans leurs chapes, qui peuvent semouvoir de bas en haut, & de haut en bas par le moyendes vis M, N, O, qui portent fur les extrémités supérieu-res,Lt dont les écrous font faits dans l’épaiíseur du chevalet.L’usage de ces vis est de bander plus ou moins les cordesauxquelles tiennent les moutons.
A la partie supérieure de la machine, qui est le chapeauPQ, sont pareillement pratiquées trois autres poulies quirépondent aux ouvertures I, K, L du chevalet GH, demaniéré que chaque roue comme D, fa poulie supérieure,& son inférieure I, se trouvent dans le même planvertical. Sur chacune de ces roues, & fur leurs pouliescorrespondantes, passe une corde garnie de nœuds, quel’on nommera chaîne fans fin. La distance de chaque nœudest égale à celle des fourchettes des roues. Gette mêmecorde est garnie dans son étendue de plusieurs autres brinsde corde, au bout desquels font des anneaux de fer ab c,qui fervent à accrocher les trois moutons.
L’on entend que les quatre montans R, S, T, V, soientsolidement affermis’, puisque c’est dans les intervalles qu ilslaissent entr’eux que doivent se mouvoir les moutons. Lahauteur des montans doit être de 20 à 2 $ pieds. Au-deífousdu chapeau P Q est fixée la traverse X Y, qui sert à la dé-tente des moutons, ce que l’on expliquera après avoir parléde leur construction.
Les moutons font faits du bois le plus pesant, de figureprismatique, & sertis de fer à leurs extrémités. Sur deux descôtés opposés font huit oreilles, c’est- à-dire, quatre furchaque face, comme dc fg> aífez éloignées pour pouvoirembrasser les montans. Chaque mouton porte une détentemnih : elle est composée d’un crochet hi n mobile aupoint i, & d’un ressort m qui le tient en respect. L’extrê-mité h du crochet est pour entrer dans l’anneau a ., qui tientà la chaîne fans fin. Le tout supposé affermi, si l’on battrois piíots à la fois; voici comme l’éiévation des moutonsse fera. ,
L’on suppose les rrtoutons en repos; on accrochera-donc les trois moutons aux trois brins de corde que por-tent les chaînes fans fin, de forte que chaque chaîne élè-vera son mouton; ensuite on fera marcher des hommesdans la roue AB , qui pour lors tournera : ensemble lesroues D E F. qui font fixées fur son essieu. Les fourchettesde ces roues attrappant successivement les nœuds des cor-des , les tireront nécessairement, ce qui ne pourra arri- .ver fans que les moutons ne 'montent jusqu’à la rencontrede la traverse X Y : il arîrive alors que chaque moutonqui est toujours tiré tend à monter : & la barre quí con-traint l’extrêmité n du crochet oblige le ressort m decéder ; alors le bout h du crochet se dégage de l’anneau a,& le mouton tombe, & a une chute directe, & d’autantplus considérable, que la machine est haute, &: le moutonpesant.
C Ette machine est composée d’une grande roue AB, Pcamc 1dont l’arbre CD est en vis fans fin : cet arbre & la roue |font soutenus par les deux montans EF, fur lesquels elle * IG ‘tourne librement.
Dessous la vis fans fin est une roue O R, dont la circon-férence est garnie de chevilles ou mentonnets, & qui en-grene dans la vis fans fin; au centre de cette même roue,qu’on appellera roue moyenne, font fixés deux rouets G, H, p t AI iciappuyés fur quatre montans, fur lesquels la roue moyenneôc les rouets peuvent aisément circuler : les deux montans Fig-^extérieurs, tels quel, vont joindre leurs opposés intérieurspar une pieceLM qui les traverse aux extrémités, ausquellesfont de petites poulies qui roulent fur le plat de la circon-férence de la roue moyenne. Au bas des mêmes montansfont d’autres poulies destinées au même usage que les pre-mières, c’est-à-dire, que ces deux poulies, jointes à deuxautres établies au côté opposé, servent à contenir la rouemoyenne & l’empêchent de vaciller.
Deux hommes que l’on fait marcher dans l’intérieurde la grande roue AB, font mouvoir la machine ; l’on voitque cette roue circulant, lavis fans fin fait auísi tourner laroue moyenne , ôc celle-ci les rouets qui font fixés à sonarbre; le cordage attaché au poids étant roulé fur les rouets,il s’ensuivra qu’agissant ensemble ils attireront le fardeau ,
( sous lequel il faudra mettre des rouleaux). Cette machinepeut aisément être transportée, puisqu’elle est montée surquatre roues, & peut servir en plusieurs occasions, sur-toutpour mouvoir des fardeaux d’une grande pesanteur; ce quisera prouvé par le calcul suivant.
Calcul.
L’avantage de cette machine est comme 1 à 66, ou 1à i z 2 ; car supposant le poids des deux hommes qui agis-sent dans la grande roue, évalué à 250 , la roue AB de 7pieds de rayon, les pas de la vis fans fin chacun distantde 6 pouces, la roue moyenne OR de trois pieds derayon, les rouets GH chacun d’un pied aussi de rayon, onaura cette proportion. La force des hommes est à la résis-tance , comme le rayon d’un tambour multiplié par la hau-teur d’un pas de vis, est au produit de la circonférence dulevier auquel le poids des hommes est appliqué, multi-plié par le rayon de la roue moyenne. Or l’on dit ici leproduit de la circonférence du levier auquel le poids deshommes est appliqué. Les hommes qui marchent danscette roue ne font point effort fur l’extrêmité du rayon,car ils marchent fous un angle de 3 o degrés ; c’est-à-dire,que si l’on tire du centre de la roue un rayon à l’endroitde leurs pieds, ce rayon avec le rayon vertical feroicun angle de 30 degrés ; & si du même endroit deleurs pieds on tire une perpendiculaire fur le rayon hori-zontal, qui fera le sinus de Complément de l’angle de30 degrés. Cette perpendiculaire coupera le rayon hori-zontal en deux parties égales, puisque chaque partie serale sinus de 3 0 degrés, qui est égal à la moitié du rayon ;pour lors on aura un cercle dont le rayon fera de troispieds & demi, & non de 7 , qui est le rayon total. Sur cesdimentions, si l’on veut prendre la peine de faire le cal-cul , on trouvera cette proportion 250. 8283 : : f. 66, ou1 à 132 , de forte que 250 feront équilibre avec une résis-tance de 8283 livres.