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[Tome premier.]
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2.6 Recueil de

va par-dessus, elle tombe dans le godet qui est au-dessous,

& de ceiui-cidans 1 autre, qui est plus bas, & ainsi desautres.

Le second chapelet FFMM est plus court que l’autre ;& les godets qu il porte ne font ouverts que par un petit.goulet assez étroit, placé au bas de chaque godet.

Ces deux chapelets font posés fur le tambour E, qui adeux rainures à Pendroit des chaînes, afin que les chapeletsne glissent pas. Ce tambour est à pans, & la largeur de cha-que pan est égale à la longueur des barres qui composentles chaînes, ce qui fait que lorsque le tambour, ou l’undes chapelets tourne, l’autre chapelet tourne aussi. Onajoute aussi à l’extrêmité de l’axe'du tambour un volant oudélay P R pour entretenir le mouvement du tambour ôcdes chapelets dans une égalité qui est nécessaire pour laperfection de la machine.

Le tambour chargé de ses deux chapelets, est posé furun puits, & élevé à la hauteur à laquelle seau doit monter ;le grand chapelet descendjusqu’au fonds du puits, & le petitne vaque jusque dans la cuvette B, placée un peu au-dessus -du rez-de-chaífée.

On suppose que l’eau qui doit être élevée soit vive ; c’est-à-dire , que son cours soit continuel, afin que le mouvementde la machine le soit aussi. II faut de plus que le puits aitune profondeur considérable, & que l’eau puisse descendrebeaucoup plus basque le rez - de - chaussée fur lequel ellecoule.

Cela supposé, pour faire jouer la machine, l’eau doitêtre conduite dans le bassin X dans lequel on veut faire lejet d’eau , afin que de-là elle coule par le tuyau A A dansla cuvette B : cette cuvette étant pleine, l’eau fe déchargedans les godets du grand chapelet comme dans le godet C,de-là dans le godet D, ôc ensuite dans les autres. Ainsiles godets du grand chapelet depuis le godet C jufqu’en-bas étant pleins , & tous les autres étant vuides, ce côtédu chapelet étant plus chargé emportera l’autre par sonpoids, & faisant tourner le tambour E, élèvera les godetsdu petits chapelet qui font plongés dans la cuvette B, &qui s’y font emplis de l’eau reçue par le tuyau A A.

Par ce mouvement du tambour tous les godets du grandchapelet viennent successivement se présenter ôc s’emplir àl’eau de la cuvette B ; mais lorsqu’ils font arrivés au fondsdu puits, ils se vuident à cause que là ils sont renversés enpassant d ? un côté du chapelet à l’autre : le côté du grandchapelet qui se présente à la cuvette, est donc toujours pluspesant que l’autre , ôc ainsi la machine tournera toujours.

- Mais les godets F s’emplissent dans la cuvette B parle goulet qui est à l’un de leurs fonds ; & ce goulet qui setrouve en-bas lorsqu’ils descendent, se trouve en-haut dugodet lorsqu’ils remontent, ôc par conséquent l’eau y estretenue : mais après qu’ils ont passé fur la moitié du tam-bour E, ce goulet revient en-bas, ôc l’eau de chaque go-det se vuide dans une autre cuvette , d’où elle est conduitepar un tuyau LLL dans le bassin X, & y forme le jet.

II faut seulement que la cuvette B soit assez profonde , &toujours pleine d’eau, afin que les godets F ayent le tempsde s’y emplir.

On volt aussi qu’il faut que Peau qui coule dans le bassinX soit perpétuelle, parce qu’une partie de cette eau cou-lant de la cuvette B dans les godets G , fe perd au fonddu puits.

La différente proportion de la longueur qu’on donneraau grand chapelet, Le à la grandeur de ses godets feramonter l’eau plus ou moins haut, en plus grande ou enpluspetite quantité. Si les godets des deux chapelets font d’é-gale capacité, ôc que le grand descende au-dessous du rez-de-chaussée , un peu plus bas que le petit ne monte au-deffus , il montera autant d’eau par le petit chapelet qu’ils’en perdra dans le puits par le grand, ôc l’eau fera élevéeun peu moins haut que le puits n’est profond ; mais si l’ondiminue la longueur du petit chapelet, on pourra augmen-ter à proportion la capacité de ses godets ; ce qui lui fera

5 M A C H INES

élever une plus grande quantité d’eau, maïs à une moindrehauteur ; ôc si l’on veut élever l’eau beaucoup plus haut, iln’y a qu’à augmenter la longueur du petit chapelet, & di-minuer la grandeur ou capacité de ses godets : mais il fautqu’il y ait toujours la même proportion de fa longueur à lagrandeur de ses godets, afin que l’eau montée par ce cha-pelet soit moins pesante que celle qui est descendue par legrand.

Ainsi pour élever l’eau dix fois plus haut que le puits oùle chapelet entre n a de profondeur , il n’y a qu’à faire lesgodets du petit chapelet dix fois plus petits que ceux dugrand, ôc les chapelets étant alongés, élever le tamboursuivant la même proportion. Par exemple, le puits n’ayantque 5 pieds de profondeur, on pourra élever l’eau à prèsde j 8 pieds ; mais le jet ne donnera que la dixieme partiede l’eau courante.

Au contraire pour multiplier l’eau, ensorte qu’une fon-taine en fournisse dix fois plus qu’elle n en reçoit, on n’aqu’à faire les godets du grand chapelet dix fois plus petitsque ceux de l’autre, p'ar-là avec un pouce d’eau, on auraune fontaine ou jet d’eau qui fournira i o pouces : mais cejet n’ira qu’à io pieds de hauteur, en cas que le puits ait50 pieds de profondeur.

Cette machine présentée en i <568 à l’Académie, fut exé-cutée ensuite par ordre de M. Colbert dans le jardin del'ancienne Bibliothèque du Roi.

N°. 47ÔC48. 1 699 .

MACHINE OU POMPE

POUR

ELEVER UE AU DANS LES INCENDIES,

PROPOSÉE

PAR UN ARMURIER DE SEMUR

EN A U X O I S.

AB est une cuve de bois ou de cuivre, qui contient p tAî ifune pompe aspirante ôc foulante C, garnie de son piston. I-Le corps de cette pompe est élevé un peu au-dessus du F^ 1fond de la cuve, ôc est fermement attaché à cet.endroitpar des vis ; au fond du corps de pompe est une soupapeà charnière, ôc au-dessus de cette même soupape il y aun tuyau de communication E avec le récipient KD,qui ne paroît dans cette figure que ponctué. A ce ré-cipient est adapté un tuyau FGHIL , qui sert de con-duite à l’eau comprimée : ce tuyau qui est formé par deuxemboîtures HI est garni d’une clef G, qui sert à bou-cher le passage à l’eau, lorsqu’il est nécessaire ; l’emboî-ture H est telle , que le tuyau entier HI L peut tourner au-tour du point H, ôc se mouvoir horizontalement. Par unesemblable construction de l’emboîture I, le tuyau IL peuttourner autour du point I, ôc se mouvoir verticalement,d’où il suit que l’extrêmité L du tuyau de conduite peutêtre dirigée où l’on veut.

Deux leviers recourbés OSP, NSM, mobiles aux pointsO, N, tiennent à la tige 8 du piston, Ôc servent à le fairemouvoir; ces mêmes ldviers font toujours appliqués contreles montans OV, XN, par le moyen de deux lames defer, telles que OT, qui y font adaptées, Ôc entre lesquellesces leviers fe meuvent toujours dans un plan vertical. Lerobinet R sert à vuider la cuve après que la machine a tra-vaillé.

Quand on veut fe servir de cette machine on jette del’eau dans la cuve, ôc on agite les leviers. Or ces leviersétant élevés ôc abaissés ensemble, élèvent ôc abaissent aussi