ECUEIL
DES
A C H I N E S
le soutenir & empêcher qu’il ne se couchât sur un de sescôtés , ce qui le. garantirok rnême des accidens qui peu-vent lui arriver par son propre poids.
N®. 95. 1704..
MACHINE ROULANTE,
DONT L’AXE PORTE
SUR SES QUATRE FACES
QUATRE RANGÉES DE MOUSQUETS,
INVENTÉE
PAR M. D E S T A U.
A B est un prisme quadrangulaire , supporté par deuxgrandes roues qui entrent dans un axe qui traverse ceprisme dans toute fa longueur, & fur lequel le prisme peuttourner, quoique les roues soient arrêtées lorsque l’on estarrivé à l’endroit où l'on vouloir être. Cette machine sefixe sur son essieu, au moyen d’une emboîture cylindriqueFjc. IV. T, fixée à chaque extrémité ; l'axe T R passe aussi au tra-vers de cette emboîture pour recevoir le moyeu de la roue.
A l’endroit V est un trou que l’on fait répondre précisé-ment à un second trou qui traverse l’essieu diamétrale-ment; de maniéré que quand on veut fixer le corps de lamachine fur son essieu , pour la conduire en quelque en-droit , on met la cheville X dans l’ouverture V, qui unitsemboîture V T, à l’eísieu TR, comme on le peut voirFig. V. en B; il en est de même de l’autre côté de la machine,moyennant quoi elle se trouve assujettie.
Sur chaque face de ce prisme, est une rangée de mous-Fig. V. quetsAGIK, & chaque mousquet L, ou O, est tenupar des anneaux, ou pitons M, N , ou P , Q , fermementenfoncés fur la surface de chaque côté; & lorsque le mous-quet est passé dans ces anneaux, pour empêcher qu’il n’enforte , on l’attache à l’anneau M ou P par une corde quitient à la íous-garde.
Les mousquets qui font aux autres faces, & qui fontverticaux dans cette figure, font arrêtés de la même ma-niéré.
Fig I II. Par cet arrangement de mousquets un seul homme eny. peut tirer deux rangées à la fois, c’est-à-dire , la rangéesupérieure A GIK, & son opposée inférieure, qui lui estparallèle, ce qui se pratiquera en cette maniéré.
Chaque rangée laisse dans son milieu un intervalle suf-fisant pour qu’un homme puiiïe y être commodément : pourchaque moitié de rangée de mousquets il y a deuxpoulies 3 , 2 , dans le même plan que la face IB : à l’ex- jtrêmité B est un point fixe qui excède la position des ga-chetes , dont la deuxieme figure représente le plan. Unecorde qui d’abord est attachée au point 13 , & qui passeen s’y engageant dans toutes les gachetes 11,10,9, 6 ,ensuite sur les poulies 2,3, sert à faire partir toute lamoufqueterie de cette rangée. L onvoit que fi cette cordeest tirée par son extrémité F - étant attachée au point fixei 3 , elle tend naturellement à se mettre dans la ligne droite13, 2, & par cette tension elle tire à la fois toutes lesgachetes des fusils, dont les ressorts ne font jamais assezdurs pour faire manquer la décharge , si cette corde esttirée un peu avec force ; il en est ainsi pour l’autre moitiéA G de la même rangée.
Quant à la moufqueterie opposée à celle-ci, on ferades chapes coudées pour les poulies 7,4, parce que lasous-garde se trouvant au-dessous de la face du prisme ,il saut pour le tirage, que les poulies soient au niveau desgachetes. Une troisième poulie 5 sert à diriger le cordondessous 3 a poulie 3 , asm de rassembler tous les bouts enFig. I. un seul, comme F. Les fusils étant chargés, on tirera par& st* façade le bout F , qui fera partir les deux rangées à la
fois, après quoi on fera faire au prisme une demi-révo-lution pour présenter les deux autres rangées de mousquets,dont la décharge se fait par la même méchanique.
Cette machine ne sauroit, 1 p . être servie ni menée parun seul homme, tant par rapport à la pésanteur dont elledoit être, que par les difficultés qu’on auroit à la condui-re , sur-tout dans des chemins de détour. 20. Un hommene peut charger 32 mousquets qu’il ne soit 32 fois au-tan t de temps qu’il employeroit à en charger un seul : cetemps se trouve triplé dans cettemachine, étant obligéde se servir de la baguette, au lieu qu’un fusil manié parun homme se charge en donnant un coup de crosse enterre.3°. Quand on employeroit quatre hommes au service decette machine, ils auroient encore beaucoup de peine à semettre à l’abri des sorties, & sur-tout s’ils étoient em-busqués , on pourroit dire que l’ennemipour 6 ou 8 coupsde fusils se rendroit maître d’une moufqueterie toute en-tiere.
Cependant dans un défilé deux machines semblables ,dont î’une seroit plus élevée que l’autre, pourroient dé-fendre le passage , & l’on seroit le service de l’une, tandisque l’autre défendroit.
N°.9<5. 1704.'
FUSIL
QUI SE CHARGE
PAR LA CULASSE.
INVENTÉ
PAR M. DE LA CHAUMETTE. {
E fusil AB est à l’ordinaire, & ne contient rien de
_nouveau que dans la culasse C , & dans la brisure D; #
la culasse C est représentée à peu-près de grandeur na-turelle par la deuxieme figure. EF est une portion decanon prise depuis la culasse jusqu’à une partie quelcon-que ; cette culasse est tarodée diamétralement dans toutel’épaisseur du métal pour recevoir une vis GH ; cette vistient à la sous-garde H IL, & peut se mouvoir sur elle-mêrne dans une emboîture M N réservée dans l’épaisseurde la monture du canon ; de maniéré que lorsque l’on veutcharger on donne deux ou trois tours de vis, au moyestdesquels cette vis se retire dans l’emboîture M N, & laisseun trou OP au-dessus du canon, par où l’on fait d’abordentrer la baie Q, ensuite la poudre ; le tout est retenupar l’arrêt de la chambre à l’ordinaire ; après quoi on fait re-monter la vis en tournant la sous-garde d’un sens contraire»la vis bouche le trou qu’elle avoit laissé fur le canon, ôLpour lors elle sert de culasse.
M. De La Chaumette prétend que l’on chargera cefusil plus promptement que les autres, & qu’il porteraplus loin que les fusils ordinaires : Inexpérience feule estfera juger. D’ailleurs ce fusil ne peut être bon que dansles mains de personnes attentives à le conserver contre l acrasse qui se peut introduire dans les pas de la vis lorsqu’ostle bouche & le débouché.
Ce fusil est rompu en D, afin de le rendre plus portatii-
N°. 97-
I G U E
1704*
EC SES PORTES»
INVENTÉE
PAR M. BOURGEOIS.
L A partie A B C D d’une rivíere étant destinée à cost"ferver des mâts à flot, on fera pour cet effet une d*'gue pour retenir seau nécessaire ; cette digue fera fe lte