APPROUVE’ ESd’une matière plus dure que le traîneau, pour lors ilss’enfonceront dans les parties du traîneau où ils touchentôc y formeront des cavités ; pour le dégager il faudra ne-cessairement que le fardeau s’éleve , ôc c’est ce qui faitqu’il faut y employer une puissance proportionnée à toutesces résistances.
2°. Lorsque le traîneau avance, il faut des ouvrierspour prendre les rouleaux de derriere ôc les porter de-vant.
3°. II faut encore observer que les rouleaux soient tou-jours parallèles entre eux, & ne fe touchent pas fous letraîneau, autrement ils feroient un frottement les unscontre les autres, ôc ne rouleroient que très-difficilement;où s'ils étoient obliques, le fardeau iroit à droite ou à gau-che, & feroit en danger de tomber.
Fie. vil. Dans le traîneau que M. d’Hermand a imaginé, ces in-
& VIII. convéniens font supprimés. Ce traîneau est composé dedeux châssis posés 1 un fur f autre & parallèles entre eux.Ces châssis font solidement liés ôc maintenus dans cette si-tuation, par le moyen de plusieurs petits montans emraor-taifés dans les longs côtés de ces châssis , de maniéré quele châssis supérieur est élevé d’une certaine quantité au-deífus du châssis inférieur. Les traverses de ce dernier quivont suivant la largeur du traîneau , sont autant de cylin-dres fixés aux deux longs côtés : quant au châssis supé-rieur sur lequel on met le fardeau, il est lié par des traver-ses quarrées revêtues d’un plancher. Dans fintervalle queles châssis laissent entre eux, passe un chapelet de rouleaux"s. VIII. VXYZ liés ensemble par leurs extrémités, comme il aété dit dans la quatrième figure, c’est-à-dire, par des cha-pes qui leur permettent de tourner librement fur leurspivots : de forte qu’en tirant le traîneau ce chapelet cir-cule autour du châssis inférieur, fur les cylindres qui fer-vent de traverses à ce châssis.
II est évident que parle grand nombre de rouleauxemployés à ce traîneau , le fardeau se trouve bien parta-gé , ôc chacun n’en porte qu’une fort petite quantité. Cechapelet ne fait point d’effort sensible, il n’a que le poidsdes chapes & des boulons à soutenir, ôt son effort n’estque de lever un rouleau à la fois, lequel est aussi-tôt aidépar celui qui lui est opposé qui tend à descendre ; enfinil est toujours dans une même action.
Par cette construction le fardeau est toujours porté éga-lement dans toutes ses parties ; il ne pourra pencher nicauser les accidens qui arrivent aux traîneaux ordinaires,& la manoeuvre en fera plus aisée. Pour que tous ces avan-tages ayent lieu, il faudra observer deux choses.
i 9 . Que les rouleaux soient tous du même diamètre ôcbien liés par leurs extrémités, en leur laissant toujours laliberté de tourner fur eux-mêmes.
z°. De ne se servir de ce traîneau que sur un terreinparfaitement uni ôc solide, afin que les rouleaux portentdans toutes leurs parties; cars’il arrivoit qu ils portassentà faux, ils casseroient nécessairement, ôc un seul de man-que suffit pour empêcher la machine d’aller. Quand on serencontrera dans un tournant, il faudra tourner de fort loin,autrement si l'on tournolt de court les rouleaux feroientpareillement sujets à se rompre.
143. *715.
PONT FLOTTANT,
JNV ENT É
PAR M. DE CAMUS.
Manche ^"^E pont est composé de plusieurs travées, telles queI. \^i ABCD, EFGH; chaque travée est formée par cinqou six coffres r, 2, z,4, 5)ôc chaque coffre IL est de
A R h* A C A B E* M I E,
six pieds de long fur un pied en quarté J aux extrémités
IL font des écrous, dont l’usage sera expliqué.
Ce coffre étant découvert de son dessus IL & d’un deses côtés, son voit que l’intérieurMN est séparé par plu»sieurs cloisons, qui forment autant de cellules. Ces cloi-sons doivent être bien jointes ôc calfatées, si cela fe peut ftout autour des quatre planches qui forment le coffre, asmque si le coffre venoit à être crevé dans quelqu’une de sc§parties, l’eau qui entreroit dans l’une des cellules, necommuniquât pas dans les autres. Çe coffre étant revêtu& remis dans son état naturel, on en préparera plusieurs dacette espece. Un plat-bord OP percé d’autant de trousqu’il y a de coffres, sert à les assembler au moyen desécrous qui entrent dans des trous pratiqués dans le plat-bord. Ces trous font garnis extérieurement de plaques damême matière que les vis. Un autre plat-bord semblableà celui-ci j sert à assujettir les extrémités opposées des cof-fres. Les écrous qui ont autant de hauteur que le plat-borda d’épaisseur, étant dans les trous, on y fait entrer les visRR , ôcç. qui appuyent fortement fur íes plaques qui en-vironnent les mêmes ouvertures ; ôc les écrous n’excédançpoint le plat-bord, íes vis assujettissent ces pieces, de maniersqu’il n’y a aucun balotage, ôc le tout devient très-solide Hcforme la travée.
L’affemblage des travées se fait de même que celles descoffres par vis Ôc écrous, c’est-à-dire, que le bout de cha-que partie du plat-bord comme SD , est fait en feuillurede la moitié de son épaisseur, le plat-bord FH a aussi unefeuillure FV de la même quantité ; pour lors ces deuxparties étant jointes l’une fur l’autre, les écrous des deuxderniers coffres TT les joignent ensemble, ôc font fixés parles vis RR qui pendent à des cordons. II en est de mêmedu côté opposé à celui-ci, ôc de toutes les travées dontzon veut former le pont,
11 fera bon que les vis ôc les écrous soient de cuivre- afind’éviter la rouille.
Les parties qui composent chaque coffre, peuvent êtreassemblées par des crochets , afin de pouvoir être démon-tées ôc pliées en faisceau pour la commodité du transport.Ce pont a été exécuté à Berci en 171 o ; ôc à í’occaíion decelui de M. d’Hermand qui va être décrit N p .iq, j, l’Âcadé-mie nomma des Commissaires, qui vérifièrent qu’en effetcelui de M. d’Hermand n’avoit été exécuté qu’après ce-lui-ci,
N a . 144. *7 1 3.
PONT FLOTTANT,
PERFECTIONNÉ
PAR M. DE CAMUS.
M Onsieur de Camus présenta à l’Académie le pontque nous venons de décrire perfectionné ; chaquetravée comme ABCD est composée de coffres semblablesà ceux qui forment le pont décrit ci-devant. Ces coffresfont ici plus près les uns des autres, ôc font assemblés àcharnière par leurs bords supérieurs de distance en dis-tance, c’est-à-dire, que les quatre coffres D , E, F, Gfont assujettis par des charnières ; mais le cinquième ÔCle sixième H, I, sc fixent par un plat-bord absolument comforme à celui dont on vient de parler, ôc cela afin de pou-voir séparer la travée en deux parties - si l’on trouvoit queces 9 coffres assemblés donnassent trop de difficulté àtransporter, étant pliés en faisceau comme la sigureLMNO,lésait voir.
Pour mettre les vis, les écrous ôc les charnières à cou-vert de la rouille, l’Auteur propose de les faire de cuivre.Ayant donc plusieurs travées ainsi préparées & pliées,
R
Planche
II.