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Histoire centennale du sucre de betterave : album illustré des reproductions de documents extraits de la collection de M. Jules Hélot / Edité en commémoration du Centenaire de la fabrication du sucre indigène par le Syndicat des Fabricants de Sucre de France
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II. Épuration des jus et des sirops

(DES ORIGINES A NOS JOURS)

Le travail de l’épuration comprenait, dès ledébut, comme il comprend aujourd’hui, troisphases : la précipitation des matières étrangèresau sucre, la décoloration des jus, puis leur filtra-tion.

i° — ÉPURATION PAR PRÉCIPITATION

Les procédés qui ont été proposés pour éli-miner, par précipitation, une partie des impu-retés qui accompagnent le sucre peuvent êtrerattachés à quatre groupes, suivant qu’ils exigentl’emploi de l’alcool, de la chaleur seule, del’acide sulfurique ou de la chaux.

'Emploi de l’alcool. — Marggraf , en 1747, séchaitles betteraves découpées en cossettes et épui-sait celles-ci par l’alcool '. -- Achard, au débutde ses expériences, employa l’alcool pour puri-fier les sirops évaporés 2 .

Emploi de la chaleur seule. — La chaleur éli-mine les albuminoïdes par coagulation. Achafd,en 1800, proposa de cuire les betteraves, puis deles découper et de les presser 3 , et contesta 4 lesrésultats de Deyeux, qui préférait opérer sur desbetteraves crues et éliminer ensuite, par écu-mage et filtrations répétées, l’albumine coaguléedans le jus bouillant 5 . — C’est au moyen dela même méthode que, plus tard, Deyeux obtint,en collaboration de Barruel, une « moscouade »,qui fut raffinée par Allard, sous forme de pains,et ceux-ci furent présentés à l’Institut, le 19 no-vembre 1810 6 , puis à l’Empereur, le îo jan-

vier 1811 7 . La méthode figura dans l’instructionofficielle, qui fut, à la suite du décret du25 mars 18n, rédigée par Barruel et Isnard 8 .

Emploi de l’acide sulfurique. — La défécationpar l’acide sulfurique, suivie d’une saturationpar la craie et d’une addition de chaux, a été ima-ginée par Achard, et employée de 1802 à 1806,dans son usine de Kunern et dans celle deKrain (Silésie ) dirigée par de Koppi, comme leprouvent les rapports de Baudet 9 et du doc-teur de Neubeck 10 et le traité d’Achard". Le jusétait extrait à froid, au moyen de la râpe et dela presse, et additionné, pour chaque litre, de1 cc. 15 d’acide sulfurique concentré, étendu dequatre fois son volume d’eau, puis abandonné àlui-même, « sans être remué, dans un lieu fraispendant douze à seize heures », versé alors dansune bassine où on mettait de la craie (6 gr. parlitre) et additionné de chaux en lait (1 gr. 80 CaOpar litre); on chauffait, et quand le liquide étaittiède, on ajoutait, par litre, 60 c. c. de « laitécrémé et prêt à aigrir ». On cuisait pendantune demi-heure, et on filtrait sur « une toilede drap serré 11 ». Le procédé d’Achard futcritiqué par Deyeux dans son mémoire de1811, mais adopté par Derosne en 1811-1812 12 ,et par Crespel, qui l’employa de 1811-1812 à1818-1819, dans sa fabrique d’Arras K! . — Dubrun-faut proposa plus tard d’introduire l’acide surla pulpe râpée “.

Emploi de la chaux. — Dans les expériencesqu’il ht en 1799-1800 pour vérifier, au nomd’une commission de l’Institut, les expériences

d’Achard, Deyeux prit comme collaborateurMithouart, qui « avait été employé dans unesucrerie d’Amérique », et qui lui suggéra pro-bablement l’idée d’employer la chaux à ladéfécation ; la dose fut fixée à 1 gr. 50 parlitre 15 . Le résultat ne donna pas satisfaction; lamoscouade présentait une « odeur nauséabonde».— Le procédé de défécation par la chaux seulefut suivi industriellement par Lampadius danssa fabrique de Bottendorf 16 , — signalé par Cadetde Vaux , comme pratiqué par Fouques 17 , —signalé par Hermstaedt I8 , — par Derosne, quiprésenta la moscouade obtenue à la Commis-sion nommée par le ministre de l’Intérieur, enjuillet 1810 U) , — par Frémy 5 ", en 1811, —par deDombasle, en 1820, qui considéra inutile lasaturation dont il va être parlé, et qui décrivitune technique nouvelle 21 , —- par Dubrunfaut,qui formula une technique différente suivie àla fabrique de Houdard à Douai ”. Ce pro-cédé portait alors le nom de « procédé descolonies ».

Devant les inconvénients que présente l’em-ploi de la chaux en quantité limitée, Derosne,en 1810-1811, eut l’idée dhntroduire dans les jusun excès de celle-ci (2 gr. 4 CaO par litre) etde saturer ensuite cet excès au moyen de l’alunqui agissait par son acide sulfurique; l’alunétait ajouté, en même temps que du sang debœuf, sur le sirop évaporé à 30° B“. C’est en sui-vant ce procédé qu’il obtint, après raffinage,des pains qu’il présenta à la Société d’ençou-rauement 23 . — Barruel substitua à l’alun l’acide

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