sulfurique, et proposa même, en 1812, l’acidecarbonique (préparé par la combustion du char-bon) qui avait l’avantage de donner un sel inso-luble ; il imagina un « appareil de barbotage »,susceptible de diviser les gaz et de multiplierles points de contact 24 . — Le procédé Bonmatin,suivi dans la fabrique de Delessert, en 1812, etpublié par le Gouvernement, n’était autre quele procédé de Barruel, comportant la saturationpar l’acide sulfurique S5 . ■— Chaptal réédita le pro-cédé 26 . — Frémy proposa l’emploi à la saturationde l'acide muriatique, de façon à produire unsel soluble 27 , — Perpère l’emploi de l'acide tarta-reux (tartrique) 28 , — Payen l’emploi du carbonated’ammoniaque, qui formait du carbonate de chauxet de l’ammoniaque volatile 29 ; — Kuhlmann,l’emploi du phosphate d’ammoniaque, — Colette celui de l’acide phosphorique, — Mialhe celuide l’oxalate d’alumine 39 .
Le procédé de saturation par l’acide carbo-nique reparut avec Kuhlmann, en 1833, et avecRousseau qui eut le mérite de le faire adopteren 1849. La « saturation » de Rousseau consis-tait à déféquer le jus au moyen de o kg. 5 à1 kg. de CaO par hectolitre de jus, chauffé préa-lablement à 80-90% à « tirer à clair », puis àsaturer par l’acide carbonique. — Martin, ditLogeois, vers 1851, conseilla de faire en deuxfois la saturation des jus déféqués, jusqu’à unealcalinité de o gr. 5 à 1 gr. par litre. — Frey etJelineck, en 1833, imaginèrent le procédé par« carbonatation trouble » : le jus, additionnéde 1,5 à 2 kilogrammes de CaO par hectolitre,
était porté progressivement à 85-88“ en présenced’acide carbonique, et l’alcalinité ramenée à2 gr. 5 par litre.
On préparait alors 1 e gaz par la combustiondu coke, ou par l’action de l’acide chlorhydriquesur le marbre ou la craie et plus tard par ladissociation du calcaire par la chaleur : fours àcornues, fours continus où le calcaire étaitmélangé au coke (Lecointe, Perret, etc.), fours àfoyers à extérieurs (Cail, Simon, etc.), — parladécomposition des écumes en présence d’argilecalcaire (Arlowetz), — par la décomposition duplâtre en présence du coke (Piedbœuf).
La nécessité de produire par l’acide carbo-nique une. saturation déterminée, en deçà delaquelle les jus restent visqueux et au delà delaquelle les impuretés sont remises en liberté,amena Périer et Possoz, en 1859, à imaginer leprocédé « par double carbonatation 31 » : le jusfroid était additionné de 2 kg environ de chaux(CaO), en lait, par hectolitre, puis chauffé vers60-70°; il subissait une première carbonatation,que l’on arrêtait quand l’alcalinité représentait100 grammes de CaO par hectolitre ; on filtrait et,après ajouté deo kg. 2 de CaO par hectolitre, onsaturait presque complètement à la températurede l’ébullition. Les brevets de Périer et Possozfurent contestés et on leur opposa que Dom-basle, puis Dubrunfaut (1825), puis Maumené etMichaéîis (1855), avaient conseillé d’ajouterunepartie de la chaux aussitôt après le pressurage ;mais ces auteurs avaient en vue de conserverles jus sucrés et non d’éviter les mousses, comme
Périer et Possoz l’avaient indiqué. Leurs bre-vets furent reconnus valables 32 , et la techniquequ’ils ont indiquée s’est maintenue jusqu’à nosjours, sans que les procédés qui consistaient àajouter sur la pulpe râpée, soit de la chaux(Robert de Massy, Fiévet), soit du sucrate dechaux (Vivien), sans que l’emploi de la chauxanhydre, sans que l’ébullition calcique, la défé-cation par le sucro-carbonate de chaux (Boivin-Loiseau, 1865), la défécation par la chaux en pré-sence de silice (Ragot, 1897), l’emploi des fluo-silicates (Vivien et Lefranc, 1890), la substitutionde la baryte à la chaux, l’application de la cen-trifuge à la carbonatation (Hignette, 1894), latriple carbonatation, introduite en France vers1895, les nombreux procédés électriques et élec-tro-chimiques, etc., aient pu la remplacer 33 .
Les seules modifications qui se soient impo-sées portent, d’une part, sur l’emploi des cuvesélevées (Listre et Vivien, 1892) et, d’autre partsur la continuité des opérations. Cail avaitadopté dès le début, la carbonatation continueet avait construit à cet effet des barboteurs àplateaux, qui furent abandonnés et utilisés commelaveurs à gaz. Cette carbonatation continue futréalisée plus tard par Mollet-Fontaine (1884),Horsin-Déon (1889), Reboux (1892), Krachkardt(1894), H. Vivien (1894), A. Vivien (1894), Maze(1894), Camuset, Sée et Lambois (1895), de Smetet Brancourt (1895), et rendue automatique parDuftos et Naudet (1899) 33 .
Aux procédés d’épuration par la chaux etl’acide carbonique, se rattache l’emploi des Litres