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Histoire centennale du sucre de betterave : album illustré des reproductions de documents extraits de la collection de M. Jules Hélot / Edité en commémoration du Centenaire de la fabrication du sucre indigène par le Syndicat des Fabricants de Sucre de France
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INFLUENCE DE LA

CULTURE DE LA BETTERAVESUR L’AGRICULTURE

La betterave, dans tous les pays où sa culturea été introduite, a été le pivot du progrès pour laproduction des céréales et pour l’entretien dubétail. Telle est l’observation constante faite aussibien en France qu’en Allemagne, en Belgique qu’en Bohême, en Hongrie qu’en Russie , etc., etc.

En France, Mathieu de Dombasle , Barrai, De-hérain et Risler, pour ne citer que les morts, n’ontcessé de proclamer devant l’évidence des faitsobservés : « La betterave a été l’agent merveilleux« qui a le plus contribué à développer laproduc-« tion des céréales et l’augmentation du bétail. »

La dernière statistique décennale, qui remontemalheureusement déjà à 1891, indique commeproduction moyenne du blé en France 16 hl.4 parhectare, mais cette moyenne s’élève à 25 hecto-litres pour le Nord, 29,9 pour l’Aisne , 22,8 pourSeine-et-Oise, 22,8 pour l’Oise, 22,3 pour Seine-et-Marne, 21,2 pour la Somme, 20,2 pour le Pas-de-Calais , c’est-à-dire que la production du blé esttrès sensiblement au dessus de la moyenne danstous les départements où, précisément, la culturede la betterave à sucre est le plus étendue.

Mais ce ne sont là que des moyennes s’appli-quant à des régions entières où la culture de labetterave n’est pas encore partout uniformémentrépandue. Des exemples, pris dans les exploita-

tions avant et après l’introduction de la culture dela betterave à sucre, permettent, au contraire, depréciser les faits.

Barrai, l’ancien secrétaire perpétuel de laSociété nationale d’agriculture de France, dansson célèbre rapport sur l’agriculture du départe-ment du Nord (1863), à propos de la ferme deMasny, constatait que l’introduction de la bette-rave à sucre avait augmenté dans cette exploita-tion la production du blé des quatre dixièmes(32 hectolitres parhectare, moyenne de 70 hectares)et il ajoutait en même temps :« La production de laviande a triplé, la somme de travail fournie parchaque hectare en main-d’œuvre est cinq foissupérieure à ce qu’elle était et est encore enl’absence de la culture de la betterave. »

Dès 1829, Edouard Bertin introduisait la cul-ture de la betterave à sucre sur le domaine deRoye (Somme ) et cette plante ne devait ques’étendre et s’y perfectionner, au cours du dix-neuvième siècle, sous la direction éclairéed’Henri Bertin et Émile Pluchet. Dans l’histo-rique de son beau domaine, que vient de publierM. Anscionnet, abondent les renseignementsprécis mettant en évidence l’influence de la cul-ture de la betterave sur les progrès de l’agri-culture.

Avant l’introduction de la betterave sur lesterres de Roye , l’assolement suivi était l’assole-ment trieilnal avec jachère; grâce au fumierabondant fourni par un relai de poste très impor-tant, l’on arrivait à fumer annuellement un quartdes terres, mais pour travailler le sol, on ne dis-posait que de charrues en bois avec socs en fontenommées « binots », que de herses et de rouleaux

en bois. Le cheval était, du reste, seul employécomme bête de trait.

A l’heure actuelle, les 602 hectares de l’exploi-tation sont répartis entre 180 hectares de bette-raves, 180 de blé, et le reste en avoine et culturesfourragères : 120 hectares reçoivent chaque année,45000 kilogrammes de fumier; 35 hectares sontparqués par un troupeau de plus de 1300 têtes;5 hectares reçoivent chacun 300 mètres cubes deboues de betteraves; 30 hectares sont amendéspar 40000 kilogrammes d’écume de défécation ;et en outre, le domaine achète chaque année pourplus de 40000 francs d’engrais chimique. Ladépense en fumier et engrais est évaluée à515 francs par hectare.

Le travail du sol nécessité par la culture de labetterave est fait à l’aide de 24 charrues brabantsdont 2 fouilleuses, 10 extirpateurs, 28 herses dedifférentes grosseurs; une vingtaine de rouleauxachèvent de préparer le sol auquel seront con-fiées les graines, etc...

En dehors de 30 chevaux comme bétail detrait, la ferme entretient maintenant de 160 à190 bœufs.

Mais aussi les rendements du blé qui nedépassaient pas 2 4 à 2 5 hectolitres, atteignent main-tenant une moyenne de 37 à 38 hectolitres à l’hec-tare, les rendements en avoine, qui ont plusque doublé, sont passés de 30 à 65 hectolitres.

Et, quelle que soit la région où la culture de labetterave a été introduite, l’on relève les mêmesheureuses transformations agricoles.

Dans la. monographie de la ferme de Fresnes (Loiret ), M. Convert a pu établir nettementl’influence de la culture de la betterave sur