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Histoire centennale du sucre de betterave : album illustré des reproductions de documents extraits de la collection de M. Jules Hélot / Edité en commémoration du Centenaire de la fabrication du sucre indigène par le Syndicat des Fabricants de Sucre de France
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l’économie générale de 1’exploitation : sur cetteferme de 135 hectares, jusqu’en 1883, on suivaitl’assolement triennal, le blé y atteignait à peine20 hectolitres à l’hectare; avec la culture alterneet la betterave, introduite en 1883, les rendementss’élevèrent, de 1883 à 1895, à une moyenne de31 hl.50 à l’hectare.

Jusqu’en 1883, avec l’assolement triennal, lecheptel ne comprenait que 8 chevaux de trait,et le bétail de rente une trentaine de vaches et200 brebis.

Pour la culture de la betterave, les animauxde trait ont dû être sensiblement augmentés ;outre les 8 chevaux, l’on a employé 56 bœufs;46 de ces bœufs sont engraissés de janvier à maiavec les pulpes, et 1500 moutons, brebis etagneaux sortent aussi chaque année engraissésdans cette même ferme.

Et passant enfin aux résultats économiquesgénéraux fournis par cette même exploitation,M. Convert trouve que : « La substitution de laculture industrielle à la culture triennale a eupour conséquence de porter le chiffre du produitbrut de 300 francs, par hectare, à 770 francs. » Cequi lui fait dire: « Avec son nouveau système deculture, le domaine de Fresnes met maintenantà la disposition de la société deux fois et demieplus de valeur qu’autrefois, c’est un profit d’autantpour l’ensemble du pays. »

Tous les agronomes étrangers sont unanimesà proclamer les mêmes faits. Le docteur Trau-gott Mueller (Agriculture de l’Allemagne, sondéveloppement pendant le dix-neuvième siècle),écrit : « La fabrication du sucre de bette-rave a exercé une influence prédominante sur

la transformation de l’agriculture allemande.

« La culture intensive delà betterave a donnénaissance à des pratiques nouvelles ou plus par-faites; l’approfondissement du sol s’est géné-ralisé; on a apporté plus de soins aux travauxd’ameublissement; on a pratiqué le semis enlignes, et des binages répétés ; on a employé deplus en plus et de toutes façons les engrais chimi-ques; la culture de la betterave a permis d’utiliserà haute dose les fourrages artificiels, de dévelop-per l’engraissement du bétail et, par suite elle aamené la sélection des races plus précoces etplus faciles à engraisser, en même temps qu’elleobligeait à employer des animaux de trait pluslourds et plus forts.

« L’agriculture y a trouvé, en tous cas, unesource persistante d’impulsions, d’observationsnouvelles et de perfectionnement . »

L’auteur de la Monographie agricole de larégion limoneuse et sablo-limoneuse de la Bel-gique (ministère de l’Agriculture, belge 1901)écrit de son côté, parlant de l’influeuce de la bet-terave sur l’agriculture belge :

« L’introduction de la betterave sucrière aexercé sur le progrès agricole l’influence la plusconsidérable.

« Elle a permis d’utiliser d’une façon plusconvenable les terres cultivées. Par les soinsqu’elle exige, elle a fait l’éducation profession-nelle des cultivateurs et les a lancés dans la voiede la culture intensive. Grâce à elle, le rendementdes autres plantes a notablement augmenté.

« On peut évaluer à plus d’un tiers le surcroîtde production qui a suivi l’introduction de labetterave dans les assolements. Cette plante, en

effet, comparativement à beaucoup d’autresrécoltes, telles qu’on les produisait anciennementsurtout, demande un sol plus abondammentpourvu d’engrais, profondément labouré, ameubliet complètement débarrassé des mauvaises herbes.En cherchant à satisfaire ces exigences, on a favo-risé en même temps la production des autresplantes venant en succession. »

Parlant des gouvernements de la Russie méri-dionale où s’est concentrée surtout, en Russie , laculture de la betterave à sucre, M. Yermoloff,ancien ministre de l’Agriculture et des Domaines,écrit (la Russie agricole devant la crise agraire) :« Le progrès agricole, joint aux procédés de cul-ture les plus intensifs et rationnels, peut être con-sidéré comme déjà atteint dans nos provinces duSud-Ouest.

« Grâce surtout à l’importance que l’industriesucrière a acquise depuis longtemps dans cetterégion, en continuant à progresser d’année enannée, l’exploitation agricole se fait ici sur lesbases de l’agronomie moderne et avec l’applica-tion de tous les perfectionnements que la scienceet la pratique de tous les pays les plus avancés del’Europe ont su lui apporter. Nous trouvons dansces provinces des assolements réguliers avec alter-nance des cultures, les instruments aratoires lesplus puissants, sans en excepter les charrues àvapeur, l’amendenent des terres au moyen dufumier de ferme et des engrais chimiques, lasélection des graines de betterave et l’utilisationde tous les déchets de la fabrication du sucre, tout,en un mot, ce qui fait l’agriculture prospère. »

En Belgique , les cantons des provinces duBrabant, du Hainaut, de Liège , Perwez, Thurin,