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Dans un entretien qu’il eut avec le SyndicChouet, le Résident fut encore plus explicite etplus vif ; il se plaignit surtout de ce que lepeuple et plus spécialement les réfugiés se ré-jouissaient publiquement du parti que le Ducde Savoie avait pris contre le Roi. En outrele Syndic communiqua au Conseil une lettre qu’ilavait reçue la veille du Résident et qui conte-nait des nouvelles d’une certaine gravité. Audire du Résident, on venait de transporter vingtcaisses remplies d’armes au Château-Blanc, oùse trouvait M. de Vernon. D’autre part, on avaitdébarqué au-delà de Bellerive de nombreuxsoldats qui avaient été logés dans les villagesenvironnants. Le Résident s’imaginait que cessoldats étaient destinés à quelque entreprise surle pays de Gex ou le Valromey . Cette foisM. de la Closure était renseigné par des agentstrop zélés ou trop crédules; il se trouva queles vingt caisses transportées au Château-Blancétaient remplies, non pas d’armes, mais de livresde reconnaissances; quant aux soldats débarquésà Bellerive et qui empêchaient le Résident dedormir, ils n’étaient ni bien nombreux, ni bienredoutables, car on n’en entendit plus parler.
Pour donner la mesure de ses bonnes dispo-sitions et pour adoucir le Résident, le Conseilprit encore quelques décisions de détail ; il fit