« de la neutralité, qu’ils feront les plus expofés &« que cette ville ne feroit pas la première qui,« nonobftant les promeffes, auroit perdu fa« liberté en fe trop confiant à cette puiffance qui« a toujours eu en vue de borner fes Eftats par« les Alpes & qui fcauroit bien faire valloir les« droits de la couronne de Savoye, s’il étoit le« maître de la Savoye, que vous doutez que leur« indolence ne donne des imprellions aux Can-« tons proteftants de quelque connivence, mais« je vous prie, Monfieur, de parler fecrettement,« cela fait plus d’effet.
« MM. du Confeil de Berne ont député un« des leurs pour aller à Genève engager le Con-« leil de la dite Ville à faire une députation à« la Diète de Bade pour faire des l'ollicitations« pour la neutralité de la Savoye ; c’eit fur vos« avis que j'en ay fait des représentations à des« amis 1 . »
Ces curieux passages de la correspondancede Mellarède soulèvent des questions délicates.Faut-il accepter comme exactes les affirmationsqui y sont contenues? Faut-il admettre avec Mel-larède que le Petit Conseil inclinait vers la France ,
' Il résulte clairement des lettres de Mellarède que le che-valier de Vernon remplissait à Genève une mission officieusepour le compte du Duc de Savoie; il s’était retiré au ChâteauBlanc, d’où il lui était facile de communiquer avec la ville.