Stimulé par Saint-Saphorin et par l’envoyé sa-voisien, le gouvernement bernois ne resta pas inac-tif; il se concerta avec Fribourg dont les intérêtsétaient à peu près identiques et il fut décidé d’uncommun accord qu’une députation se rendrait àChambéry pour prier le maréchal de Tessé* desuspendre les opérations militaires jusqu’à ce quela Diète se fût entendue avec l’Ambassade deFrance. Certes, pour tenter une démarche aussidélicate, il fallait bien que les Républiques deBerne et de Fribourg eussent confiance dans leprestige séculaire de leurs armes !
La mission de se rendre au quartier-généralfrançais fut confiée au banneret de Murait qui semit en route vers le io décembre; il devait s’ar-rêter à Fribourg pour prendre un député de cecanton. Le 12 décembre, la prochaine arrivéedes deux députés est annoncée à Genève et leRegistre du Conseil mentionne le fait dans lestermes suivants :
« M. le Premier Syndic a rapporté, après le« prêche du matin, qu’on l'avoit alluré que M. le« Banderet de Murait pour MM. de Berne & un« autre Seigneur de Fribourg pour ce Canton de-« voient arriver ici ce loir pour aller à Chambéry
1 A ce moment, le maréchal de Tessé n’avait pas encore re-mis le commandement au Duc de la Feuillade.
F