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sieux. L’Ambassadeur de Savoie s’étend avec unecomplaisance calculée sur le procédé étrange deM. de Puisieux, qui ne se fait aucun scrupule deconvoquer la Diète à Soleure , au lieu de sapropre résidence. Il se comporte envers vous, ditMellarède, « à peu près comme fi vous étiez de« fa dépendance. » Puis l’Ambassadeur de Savoie relève le mot de grâce que M. de Puisieux avaitsi maladroitement laissé échapper et qui avait àjuste titre froissé la Diète :
« Les grâces, dit-il, dont M. le Marquis de« Puifieux vous parle & que, félon lui, vous« comptez pour rien, confident uniquement à des« pièges palpables qu’il vous avoit tendus & à« des artifices qu’il avoit emploiés pour éluder« votre fatiffaélion. »
Le piège palpable auquel Mellarède fait allu-sion, c’est l’offre de Louis XIV de neutraliser leChablais et le Faucigny. A cet égard on retrouvedans le mémoire de l’Ambassadeur de Savoie lesmêmes objections que la Diète elle-même avaitmises en avant ; à en croire Mellarède, la neu-tralité de ces deux provinces ne peut qu’affaiblirla Suisse , parce qu’elles ne possèdent aucuneplace forte et qu’elles sont ouvertes de tous côtés.Par suite, dit-il, les Cantons ne pourront conser-ver ces provinces qu’autant que la France elle-même le jugera à propos.