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Les Suisses et la Neutralité de la Savoie 1703-1704 / par Henri Fazy
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Etats du Duc, car si le Piémont venait à êtreperdu, la Savoie , même neutralisée, ne tarderaitpas à subir le même sort. En réalité, la plupartdes Cantons catholiques se soucient médiocrementde la neutralité de la Savoie ou n’en comprennentpas l’importance ; ils se contentent de la déclara-tion de l’Ambassadeur , à savoir que le Roi neréunira pas la Savoie à ses Etats ; ils seront entiè-rement satisfaits si l’Ambassadeur déclare sansambage et sans équivoque qu'à la paix la Savoie nesera remise à aucun prince du sang, mais qu’ellefera retour à son souverain légitime. La députa-tion de Soleure fit à la conférence une déclarationcaractéristique : elle a peu de confiance, dit-elle,dans le succès des négociations pour la neutralité,mais elle appuiera toutes les démarches qui seronttentées dans ce sens. En premier lieu, ajoute-t-elle, il faut éviter que le Duché soit incorporéà la France , et elle conclut en ces termes :« On pourra probablement obtenir qu’une por-« tion du territoire savoisien, soit le Chablais et« le Faucigny jusqu’à Montmélian , soit déclaré« neutre de la même façon que la lisière du Rhin « et du lac de Constance . »

La conférence des Cantons catholiques se sé-para sans avoir pris aucune résolution formelle,mais il était facile de prévoir que ces Cantons nesoutiendraient que très mollement la neutralité