XVI.
Après la grande carte de Cabot et les grandes cartesde Mercator, nous avons à citer encore une grandecarte de Guillaume Postel , dont la projection a aussi
» inclinanlur pro ratîone 60 et 40 parallelorum ». C’est-à-dire que laconvergence des méridiens est déterminée par le rapport mutuel desparallèles de 10” et de 60” de latitude, et c’est en même temps surces deux parallèles que se vérifie exactement le rapport normal desdegrés de longitude avec les degrés du méridien, tandis qu’il y a con-traction dans la zône intermédiaire, et au contraire expansion dansles deux zôties extérieures, d’où il suit évidemment que les parallèlesde 40” et de 60° sont les cercles d’osculation d’un cône sécant. —Denis Barbie du Bocage (dans le Mémorial du Dépôt de la guerre,tome I, p. 9), a bien signalé l’existence de cette condition dans laprojection cônique de Mercator , mais en la faisant remonter à Ptolé-mée, ce qui est certainement une erreur : « Mercator (dit-il) conserva» la projection cônique de Ptolémée pour les cartes géographiquesi> particulières ; et il la construisit, comme ce géographe, en inclinant-> ses méridiens en raison de leur distance prise sur deux parallèles....» Par ce moyen il compensa la dilatation des parties extrêmes de sa» carte en resserrant celle qui était comprise entre ces deux paral-» lèles.... Plusieurs géographes ont imaginé de faire ce cône langent» au parallèle du milieu de la carte.... mais.... les plus habiles géo-» graphes ont toujours préféré la méthode de Mercator et de Ptolé-» niée ». — Ptolémée avait de simples procédés graphiques médio-crement rigoureux, qui se résolvaient, comme nous l’avons dit, en undéveloppement du cône tangent sur le parallèle moyen ; tandis quec’est bien, autant que nous puissions le savoir, Gérard Mercator quile premier a employé les deux cercles d’osculation (ou de pénétration)sur lesquels il a développé le cône sécant.