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PROMENADES d’üN ARTISTE.
lacs de la Gaule Cisalpine ? Pourquoi mêler une froideérudition à lues souvenirs, souvenirs' qui me rendent unpeu de ce sentiment du bien-être inouï que j’ai goûtésur les rives du lac Majeur ? Ne vaut-il pas mieux tâcherde compléter ces souvenirs? Lecteur, regardez doncavec moi cette scène enchanteresse pour laquelle l’ima-gination la plus riche ne pourrait créer un roman assezbeau. Avec l’aide de Stanfield, vous aurez vu le lac Ma jeur , sans sortir de votre fauteuil. Le lac est immense;vous pouvez pourtant le tenir tout entier sous votre re-gard, si vous l’avez bon et perçant. Au loin, devantvous, à des distances inégales, trois îles _, dont deux ren-ferment des palais, et la troisième n’est habitée que pardes pêcheurs, semblent des repos placés de distance endistance pour ceux qui veulent naviguer sur le lac. Lesrivages offrent toutes sortes d’aspects variés. Ici des ro-chers pendent sur l’eau et s’allongent comme des fan-tômes , à mesure que le soleil descend vers l’horizon; làdes prairies d’un vert doux et velouté viennent en pentemolle mourir sur la rive ; çà et là, une infinité de villas,blanches et voilées d’arbres, se pressent sur quelquesparties privilégiées du rivage, pour avoir la vue du lac,et recevoir, le soir, les vapeurs rafraîchissantes qui s’enexhalent. Ailleurs, ce sont des cabanes de paysans, nonplus chétives et misérables, comme celles du Valais ,