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poisson à l’auberge de l’isola Bella, remarque qui nesurprendra personne; mais on le mange en la compagniedes lazzaroni qui jouent ou qui dorment sur les bancs.
Des rives du Lac Majeur , l’une est estimée la plussauvage et la moins intéressante; c’est celle qui s’en-fonce, vers le nord, dans une vallée des Alpes , et va seperdre dans les montagnes. Les autres sont riantes etpeuplées. Le lac lui-même est un grand chemin de com-merce et d’industrie; le Piémont, la Suisse et la Lom-bardie le traversent en tous sens et y transportent leursproductions particulières ; divers fleuves ou cours d’eaus’y déchargent et y amènent les produits et les popula-tions de leurs rives; plusieurs villes et bourgs,Palanza ,Laveno, Arona, Baveno , ont un port sur le lac, et serventd’entrepôts aux marchandises qui le sillonnent; il y a,tout à-la-fois, matière à observations solides et à statisti-ques intéressantes pour le voyageur positif, et à rêveriesdélicieuses pour l’oisif qui ne cherche dans les diverspays qu’il visite que le côté poétique et pittoresque.
Après notre promenade aux Iles Borromées , notrebateau nous a ramenés à Raveno, sur la route du Sim-plon à Milan . Avant de remonter dans la voiture publi-que qui doit nous conduire dans la capitale de la Lom-bardie , montons dans un de ces petits cabriolets décou-verts qui vont si vite, et qui portent le nom si doux de