DE MILAN A VÉRONE.
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quatre roues basses et lourdes, avec leur attelage dedeux bœufs, qui rappellent les grands bœufs de Virgile .Sur ces chars, sont assises sur des bottes de paille, desfemmes de la campagne, au teint brun, au visage expres-sif et mobile comme sont tous les visages italiens , avecleurs cheveux tressés en spirale et retenus sur la têteparune broche d’argent grossièrement travaillée. Vous vousrappelez le char des moissonneurs du pauvre Léopold Ro bert , ce tableau si chaud, si lu mineux, que vous auriez cruéclairé par le soleil. Eh! bien ce char, je l’ai retrouvé d’A-rona à Milan ; rien n’y manquait, si ce n’est la beauté desfemmes et les grands traits du père de famille; si ce n’estcette vierge-mère, imitée de Raphaël, avec son enfant dansses bras; si ce n’est enfin ces moissonneurs et moissonneu-ses qui dansent autour du char, faisant des ronds de brasavec leurs faucilles, et soulevant gaîment leurs jambesfatiguées du travail de la moisson. Quand on entre enItalie , on n’est préoccupé d’abord que de rencontrer descomparaisons sensibles avec les souvenirs de son éduca-tion classique ; c’est ainsi que du premier coup-d’œil jecrus voir les bœufs de Virgile et les moissonneurs dela campagne romaine.
Arrivé à Milan , je fus frappé d’une petite circonstancequi n’est pas sans intérêt, comme détail de civilisation.Les roues de la voiture publique roulaient sans effort