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LES ARTS ET METIERS 1LLUSTRES.
peuple artiste. Ils y employaient principalement le cuir, comme nousl’avons vu ; ce cuir etait teint en noir ou en rouge pour les hommes,et pour les femmes il etait generalement blanc, rose, jaune tendre ouvert clair. Les chaussures fabriquees de ces peaux teintes etaientsouvent ornees d’or, d’argent, de pierreries, etc., celles des hommesaussi bien que celles des dames.
Le cordonnier grec parait etre le premier qui se soit servi de laforme (calopodion ), qui est en quelque sorte le moule de la chaussure,la reproduction exacte des contours du pied qui doit y etre renferme.11 se servait de l’alene ( opeas ), mais eile etait droite, c’etait un veri-table poincon, et c’est une raison de plus pour nous de ne pas prendrela figure courbe signalee dans une peinture de Thebes comme une« alene entouree de fil », parce qu’elle offre le profil d’une alene decordonnier moderne, pour l’objet que des archeologues trop subtilspretendent lui faire representer. II faisait egalement usage de tran-chets ayant la forme du couteau a pied des corroyeurs et des selliers,peut-etre d’autres encore; d’emporte-piece, croit-on, etc.
LES ETRUSQUES . — Les Etrusques ont particulierement excelledans l’art de la cordonnerie, comme en temoignent les specimens dechaussures d’un goüt original, d’une rare elegance et d’une executionparfaite qui se trouvent dans les collections. Mais on sait peu dechose d’eux, et on ne sait rien du tout de leurs procedes de travail,non seulement dans la cordonnerie, mais dans tous les arts oü ils ontexcelle; on ne peut donc qu’admirer leurs ouvrages et passer, avecle regret de ne rien faire de plus.
LES ROMAINS. — Quelques auteurs pensent que les Romainsfurent les eleves des Etrusques en cordonnerie, comme en d’autresarts. Nous ne le croyons pas : leurs chaussures ressemblent beau-coup plus a celles des Grecs qu’ä celles des Etrusques , et certainement,il y eut des Grecs parmi les cordonniers de Rome et les progres faitspar la cordonnerie romaine ne leur sont pas etrangers.
Le cordonnier romain s’appelait sutor , ou artisan cousant le cuirä l’aide d’une alene (s ubula) et d’un fil termine par une soie de porc[seta). Generalement sutor etait emplove seul, mais on y ajoutaitsouvent aussi le mot caracteristique de la specialite exercee parl’artisan qu’on voulait designer : sutor caligarius, sutor crepida-rius , etc. La boutique du cordonnier prenait le nom de sutrina.
Les outils et accessoires du cordonnier romain ne semblent pas