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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
Toutartisan devait transmettre son etat ä ses enfants, c’etait uneObligation rigoureuse pour lui.
Les corporations ouvrieres, ou Colleges d’artisans, se choisis-saient un patron influent dans l’aristocratie. Ce patron devait aide etprotection a ses clients dans toutes les circonstances oü son Interven-tion pouvait etre utile ; il y engageait son credit, son argent meine, aubesoin, lorsqu’il remplissait son devoir en conscience. En retour, lesmembres de la Corporation lui devaient hommage, l’appoint de leursvotes, et s’il encourait une amende, ils se cotisaient pour la payer.C’etait souvent un marche de d*upes pour les artisans, mais ce n’estpas ici le lieu d’examiner cette question, qui n’a rien de special ä lacordonnerie. II serait preferable, ä coup sür, depouvoir exposer, sousdes couleurs apeu pres exactes au moins, la condition des cordonniersromains a une epoque determinee, par exemple au temps d’Auguste .
Voici justement une curieuse etude sur l’emploi de la journeed’un cordonnier de Rome , que nous empruntons au Moniteur de lacordonnerie , dont M. Charles Vincent est l’habile directeur; eilevaut certainement mieux qu’une seche et toujours un peu pedantes-que description.
JOURNEE D’UN CORDONNIER ROMAIN, — «Ily avait ä Rome,comme ailleurs, des cordonniers plus ou moins habiles, et dont laclientele etait plus ou moins brillante. On en trouvait dans toutes lesrues populeuses; mais les plus renommes habitaient surtout lequartier de l’Argilete, pres du mont Capitolin, tandis que les moinsfavorises etaient cantonnes dans la rue Suburra, qui faisait suitea la voie Sacree et conduisait au mont Esquilin . Ces derniers vivaientdans un facheux voisinage, car leur quartier etait rempli de maisonsde prostitution et de bouges oü se manigancaient toutes sortes d’in-dustries suspectes.
»> Pour menager les nerfs de nos lecteurs, nous nous abstiendronsde decrire les echoppes de la rue Suburra, et nous nous contenteronsde leur donner quelques details sur les ateliers, plus presentables etmieux achalandes, de la rue de l’Argilete. Transportons-nous doncdans l’un de ces etablissements et, en nous aidant des ecrivainsanciens et des monuments de l’art, essayons de « reconstituer » parla pensee la journee d’un cordonnier romain.
» La maisori oü nous conduisons nos lecteurs est situee pres dutheätre de Marcellus, en face de la boutique d’un libraire (1). Au milieu
(1) Marlial, liv. I, ep. 4.