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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
nous avons en vue dans les descriptions qui vont suivre, et que nousferons aussi peu etendues et detaillees que possible, parce que celan’est pas necessaire.
En effet, nous avons traite dans plus d’une occasion du travaildu bois et de l’art de se servir des outils propres ä ce travail: il n’ya pas necessite d’y revenir, surtout pour les travaux de tonnellerie,qui sont de la nature la plus simple.
Les outils du tonnelier, d’autre part, n’ont rien de particulier.Ce sont des scies ordinaires; des varlopes, des rabots plats ou cintres;la hache, le coutre, les planes, la doloire qui est une espece de plane;la jabloire, proche parente de la guimbarde du menuisier; des mar-teaux, maillets, etc.
La preparation des douves est la partie principale de l’art dutonnelier ; mais il y a longtemps dejä qu’on les fabrique a la machine.II y a donc peu ä dire sur les procedes de fabrication manuelle; cepeu, nous le dirons tout de meme.
Le bois brut ayant ete coupe de longueur au moyen de la scie ädibiter, qui ne varie point de forme, quelle que soit sa destination, lesplanches destinees ä faire dfes douves sont fendues dans ces billes, äl’epaisseur necessaire, puis ebauchees. On leur donne la courburecaracteristique en les exposant ä un feu de copeaux bien vif dans unfourneau special; puis elles sont dressees au rabot sur les bords, blan-chies et dolees. On les reunit alors les unes ä cote des autres, dres-sees sur une large planche et maintenues par un cercle provisoire,qu’on remplace bientot par un ou deux cercles definitifs places ä cha-cune des extremites de cette ebauche de tonneau, dont Tinterieur estalors dresse au rabot rond, et l’exterieur ä l’aide d’un rabot dont lefer est cintre ä la courbure de la surface.
Les douves ainsi reunies et dressees sur deux faces, on les sciede longueur uniforme, on les chanfreine aux extremites et on pra-tique, ä petite distance de celles-ci et ä l’interieur, la rainure appeleejable, dans laquelle doivent penetrer les bords du fond. L’instrumenta l’aide duquel cette rainure est executee consiste en une lame debedane, ou a peu pres, traversant la mortaise centrale d’une petiteplaque de bois dur, dans laquelle eile est maintenue immobile a l’aided’un coin egalement en bois, serre contre eile ä coups de marteau,disposition qui permet de regier a volonte la longueur du fer, commeon le fait d’un fer de rabot. Cet instrument, qui n’est guere autrechose qu’une guimbarde de menuisier, comme on voit, porte, a raisonde sa destination ordinaire, le nom de jabloire, ou bien encore de