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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACROBE.

Voilà les quatre ordres de vertus qui ont deseffets différents à l’égard des passions, qui sont,comme on sait,

La peine, le plaisir, l’espérance, et la crainte.

Les vertus politiques modifient ces passions; lesvertus épuratoires les anéantissent; les vertusépurées en font perdre jusqu’au souvenir; lesvertus exemplaires ne permettent pas de lesnommer. Si donc le propre et l’effet des vertusest de nous rendre heureux ( et nous venons deprouver que la politique a les siennes) il estclair que l’art de gouverner conduit au bonheur.Cicéron a donc raison, lorsque, en parlant des'Chefs des sociétés, il s’exprime ainsi : « Ils joui-ront dans ce lieu d’une éternité de bonheur. »Poumons donner à entendre qu’on peut égale-ment prétendre à ce bonheur et par les vertusactives et par les vertus contemplatives, au lieude dire dans un sens absolu que rien n’est plusagréable à l’fttre suprême que les réunions d’hom-mes nommées cités, il dit que « de tout ce quise fait sur la terre, rien, etc. » Il établit par làune distinction entre les contemplatifs et leshommes d’État, qui se frayent une route au cielpar des moyens purement humains. Quoi de plusexaeU-t de plus précis que cette définition descités, qu’il appelle des réunions, des sociétésd’hommes , formées sous l’empire des lois? Eneffet, jadis on a vu des bandes d’esclaves, destroupes de gladiateurs se réunir, s’associer, maisnon sous l'empire des lois. Les collections d’hom-mes qui seules méritent le nom de cités sontdonc celles où chaque individu est régi par deslois consenties par tous.

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quoil semper iilem est, liée aliquando nmlalur; justltia,quod perenni lege a seinpitcrna operis sui continualionenon lleetitur. Ilaec sunt quatcniarum quatuor généra vir-tutuni; quai, praiter cetera, maximum in passionilmshabent diiïercnliam sui. Passâmes aulein, ut scimus, vo-cuntur, quoil liomiucs

Mnluunt, cupiunt, gaudenlquc, dolentque.

Has primai molliunt, secundo; aiiferunl, tertiæ oblivis-cunlur : in quartis nefas est nominari. Si ergo hoc estoldcium et el'l'ectus virlutum, bearc; constat autem, etpolitieas esse virtutes : igitur ex politicis efficiuntnr beali.Jure ergo Tullius (le rerumpubliearum rectoribus dixit,ÏJbi bmti œvo sempiterno fruantur . Qui, ut ostonderel,alios otiosis, alios negotiosis virlutibus fleri beatos, nondixit absolule, Niliil esse illi principi Deo acceptais,quam eivitaten; sed adjecit, quod quidemin terris fiat,uteos, (pii ab ip.sis cœlestibus incipiunt, discernerel areetorilms civilatum, quibus per terrenos aetus iter pa-ratur ad cuilum. Ilia autem delinitione quid pressius po-test esse, quid cautius de nomine civilatum? Quamconcilia, inquit, cœtusquc hominum jure sociali, queetivi lûtes (ippellantnr P Nam et servilis quondam, et gla-diatnria manns concilia hominum, et coitns fuerunt, sednon jure social! ; ilia autem sola justa est multitude, eu-jus universitas in legum consentit obscquiuui.

Chai*. IX. Dans quel sens on doit entendre que les direc-teurs des corps politiques sont descendus du ciel, et

qu’ils y retourneront.

A l’égard de ce que dit Cicéron, « Ceux quigouvernent les cités, ceux qui les conservent,sont partis de ce lieu, c’est dans ce lieu qu’ilsreviennent, » voici comme il faut l’entendre :L’Ame tire son origine du ciel, c’est une opinionconstante parmi les vrais philosophes ; et l’ou-vrage de sa sagesse, tant qu’elle est unie aucorps, est de porter ses regards vers sa source,ou vers le lieu d’où elle est partie. Aussi, dansle nombre des dits notables, enjoués ou pi-quants , a-t-on regardé comme sentence moralecelui qui suit :

Connaissez-vous vous-mûme est un arr6t du ciel.

Ce conseil fut donné, dit-on, par l'oracle deDelphes il quelqu’un qui le consultait sur lesmoyens d’étre heureux; il fut même inscrit surlefronlispice du temple. L’homme acquiert donc,ainsi qu’on vient de le dire, la connaissance deson être, en dirigeant ses regards vers les lieuxde son origine première, et non ailleurs; c’estalors seulement que son Ame, pleine du senti-ment de sa noble extraction, se pénètre, des ver-tus qui la font remonter, après l’anéantissementdu corps, vers sou premier séjour. Elle retourneau ciel, qu’elle n’avait jamais ' de vue,pure de toute tache matérielle dont elle s’est dé-gagée dans le canal limpide des vertus; maislorsqu’elle s’est rendue l’esclave du corps, cequi fait de l’homme une sorte de bête brute,elle frémit à l’idée de s’en séparer; et quand elley est forcée,

Cap. IX. Quo sensu rerumpublicnrmn redores cœlo descen-disse, coque reverti dtcanlur.

Quod vero ait, llarum redores et servalores, hincprofecti, hue rever luntur; hoc modo accipiemlum est.Animarum origincm manare de cœlo, inter rectc philoso-phantes indubitatæ constat esse scnlcnliæ ; et animai, dumcorporc utitur, bæc est perfecta sapientia, ut, mule orlasit,dcquo fonte vcncrit, rccoguoscat. Ilincillud a quo-dam inter alia scu fesliva, seu mordacia, scrio tamenusurpation est :

De cœlo descendit TviSOi (rsaurov.

Nam et Delphici vox hæc fertur oracnli, consulcnti, adbeatitatem quo itinere perveniret : Si te, inquit, agnove-ris. Sed et ipsius fronti lenipli banc inscripta sententia est.llominiautem, ut diximus, una est agnilio soi, sioriginisnatalisque principia atque exordia prima respexerit, necse quœsiverlt extra. Sic cnim anima virtutes ipsas con-scicnlia nobilitatis indiiitur, quilms post corpus evectn,eo, onde descendcrat, reportatur : (loin nec corporea sor-descit, nco oneratureluvic, quæpuro ne levi fonte virtu-lum rigutnr; needeseruisso unquam cœhmi vldctur, quodrespecte et cogitationibus possidchat. Itinc anima, quamin se pronam corporis usus effecit, nique in pecudemquodamniodo reformavit ex homine, et ahsolutioncmcorporis perhorresclt, et, cum nccessc est :