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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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COMMENTAIRE, etc., LIVRE I.

Elle fuit en courroux vers le séjour des ombres.

Et même alors ce n’est pas sans peine qu’ellequitte son enveloppe :

Du vice InvétéréElle conserve encor l'empreinte ineffaçable.

Elle erre autour (le son cadavre, ou chercheun nouveau domicile: que ce soit un corps hu-main ou celui d’une bête, peu lui importe, sonchoix est pour celui dont les inclinations se rap-prochent davantage de celles qu’elle a contrac-tées dans sa dernière demeure; elle su résigne àtout souffrir plutôt que de rentrer au ciel, au-quel elle a renoncé par ignorance réelle ou feinte,ou plutôt par une trahison ouverte. Mais leschefs des sociétés politiques, ainsi que les autressages, rentrent,après leur,mort, en possessiondu séjour céleste qu’ils habitaient par la pensée,même lorsqu’ils vivaient parmi nous.

Ce n’est point sans motif, ni par une vaineadulation , que l’antiquité admit au nombre desdieux plusieurs fondateurs de cités, et d’autresgrands personnages. Ne voyons-nous pas Hé-siode, auteur de la Théogonie, associer auxdieux les anciens rois, et conserver à ceux-cileurs prérogatives, en leur donnant une part dansla direction des affaires humaines ? Pour ne pusfatiguer le lecteur de citations grecques, nousne rapporterons pas ici les vers de ce poète;nous nous contenterons d’en donner la traduc-tion.

l.« puissant Jupller voulut pilleur nux deuxl.es illustras mortels qu'admit parmi les dieuxI.’homme reconnaissant ; la destinée humaineEst encore li présent soumise à leur domaine.

Mon nlsl cum gciidtu fugit indignata sub ombras.

Sed ncc post inorlcin facile corpus relinquit (quia nonfundllus omîtes Corporéal excédant pestes) : sed mitauuni oberrut eadaver, aut novi corporis ambit habituel!-luni; non liumuni tuntuiuinodo, sed ferini quoquo, cleclogeiiere inoribus congruo, quus iu homme libenter exerçait ;nitvullque oiunia perpeü, ut in cochon, ipiod vel igno-rando, vel dissiinulimdo, vel potins prodendo, deseruit,eviulal. Civilatum vero redores, ceterique sapidités, cor-lmn respectu, vel cum adhuc corporc tenentur, habitan-tes facile post corpus coeleslem, quant pâme non reli-querant, sedem reposcunt. Ncc enim de niliilo, aut devana udulatioiic veniebat, quod quosdam urbium condi-lores, uut cluros in republica viras, in numeium Deurumconse'crarit uuliquitas. Sed llcsiodus quoque, divinæ so-bolis assertor, priscos reges cum Diis aliis emimerat;Iliaque, exeniplo veteris poteslalis, etiamin cado regemlivos humanns assignat ollicium. Et, ne cui fastidiosum sil,ai versus ipsos, ut poeta griecus protulit, inseranius, re-feremus eus, ut ex verbis suis iu lalina verba conversisont.

Indigetes Divi fnto summi Jovis ht sunt :

Quomlnm hominos, modo cum superis Immaiia luenles,Èargi ac muniUci, jus regum nuuc quoque uactl.

Hoc et Vergilius non ignorât: qui, licet argumente suo

Virgile n’ignorait pas cette ancienne tradi-tion ; mais il convenait à son sujet que les héroshabitassent les champs Élysées. Cependant il neles exclut pas du ciel ; car, pour accorder les deuxdoctrines, c’est-à-dire la fiction poétique et lavérité philosophique, il crée pour eux d’autresdeux, un autre soleil et d’autres aslres : comme,selon lui, ils conservent les goûts qu’ils avaientpendant leur vie mortelle :

lis aimèrent, vivunts, les coursiers et les armes;

Morts, à ces jeux guerriers ils trouvent mille charmes,

à plus forte raison les administrateurs des corpssociaux doivent-ils conserver au ciel la surveil-lance des choses d’ici-bas. C’est, à ce que l’oncroit, dans la sphère des fixes que ces âmes sontreçues ; et cette opinion est fondée, puisque c’estde là qu’elles sont parties. L’empyrée est en effetla demeure de celles qui n’ont pas encore suc-combé au désir de revêtir un corps; c’est donc làque doivent retourner celles qui s’en sont ren-dues dignes. Or l’entretien des deux Scipionsayant lieu dans la voie lactée, qu’embrasse lasphère aplane, rien n’est plus exact que cetteexpression : « Ils sont partis de ce lieu, c’estdans ce lieu qu’ils reviennent. » Mais poursui-vons notre tâche.

Chai'. X. Opinion des anciens théologiens sur les eufers,et ce qu’il faut entendre, selon eux, par lu vie ou lamort de l’èmc.

« A ce discours, moins troublé par la craintede la mort que. par l’idée de 1a trahison desmiens, je lui demandai si lui-même, si mon

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servions, bernas in inféras relegavcril, non lamen eus ab-ducil acu'lo; sed adhéra bis députât largiorem, et nossocos soient snum ne sua sidéra proliletur; ut geminædoctrinæ observation!» pnestiterit, et poelicæ ligmentmn,et philosophé»verilatem : et, si sccundum ilium res quo-quo leviores, quas vivi excrcueraiit, etiam post corpusexercent :

Quæ gratiu currum

Armorumque fuit vivis, quæ cura intentesl’nsccre cquos, endem sequilur tellure repostos :multo magis redores quondam urbium rcccpti in coolum,r.uram regendorum honiimnu non relinquunt. liai aulemanimæ in ultimam spliæram recipi creduntur, quæ aplatiesvocatur. Ncc frustra hoc usurpatum est, siquidem inileprofeeloe sunt. Animis enim, nccdtmi desiderio corporisirretitis, siderca pars mundi pnestat hahitnculum, ethnielalmntur in corpora. Ideo bis illo est redilio, qui meren-lur. llcclissime ergo dictum est, cum in galaxian 1 , quomaplaties conlinet, scrmo iste procédai, hinc prnfectl huerevertuntur. Ad Rcqueutia transeamus.

Cap- X. Qui il seeunduin priscos lllos tbeulogos inferi, etquando ex connu sententia, anima uut vivere, uut mor-dicalur.

» llic ego, etsieram perterritus, non tain morlisnietu,