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MACROBE.
corps célestes, cette privation a pour cause l’in-tensité des rayons sonores, et l’imperfection rela-tive de l’organe chargé de 1rs recevoir. Et en ef-fet, si la grandeur du bruit des cataractes duNil assourdit les habitants voisins, est-il éton-nant que le retentissement de la masse du mondeentier mise feu mouvement anéantisse nos facul-tés auditives? Ce n’est donc pas sans intentionque l’Emilien dit: « Quels sons puissants et douxremplissent la capacité de mes oreilles? » Il nousfait entendre par là que si le sens de l’ouïe estpleinement occupé chez les mortels admis auxconcerts célestes, il s’ensuit que cette divine har-monie n’est pas appropriée à ce sens si impar-fait chez les autres hommes. Mais continuons letravail que nous avons entrepris.
Cimi>. V. Notre hémisphère est divisé en cinq zones,dont deux seulement sont habitables; l’une d’elles estoccupée par nous, l’autre l’est par des hommes dontl’espèce nous est inconnue. L'hémisphère opposé a lesmêmes zones que le nétre; il n’y en a également quedeux qui soient le séjour des hommes.
«Vous voyez sur la terre les habitations deshommes disséminées, rares, et n’occupantqu’un étroit espace; et même, entre ces tachesque forment les points habités, s’étendent devastes solitudes. Ces peuples divers sont telle-ment séparés, que rien ne peut se transmettredes uns aux autres. Que pourront faire, pourl’extension de votre gloire, les habitants de cescontrées, dont la situation , relativement à lavôtre, est oblique , ou transversale, ou diamé-tralement opposée?
voluhililatc nascentcm, ideo claro non senlimns auditu,quia major sonna est, quam ut luiinanarum auriuin rcci-piatur angusliis. Nam, si Nili eatadupa ab auribus ineola-rum amplitmlinem fragoris excludunt, quid miruin, sinostrum sonos cxcedit audition, queni mundanæ molisimpulsas emittit? Nec euiin de uihilo est, quod ait : quicomplet aures mens tan lus et lam dulcis sonus? sedvoluitintelligi, quod si ejus, qui cceleslibns meruit intér-essé secrctis, compléta! aurcs sunt soni magniludine,superesl, ut celerorum hominum sensus mnndana! conei-nentiæ non capiat audition. Sed jam tractatum ad sequen-tia conferamus.
Cao. V. Terrai inedietatem eain, in qua nos suimis, quin-que esse distinclain /unis : quodquc ex iis iluæ tantum sintlinhilnhiles; quaruin altéra hahiietur a nobis, altérai» quiincolanl hommes, ignoretur : tum vero et in reliqua terraimedielale zonas esse easdem; et inter illas duas quoqueab bomunbus habiiari.
« Vides habiiari in terra raris et angustis tocis, cl in« ipsis (guasi maculis, ubi babitatur, vastas soliludines« interjectas ; cosque,qui incolunt terrain, non modo in-« terrnptos ita esse, ut nihii inter ipsos ab aliis ad alios« manare possit, sed partit» obliques, partiin transversos,« partim etiam adverses stare vobis : a ipiibus exspectare
« Vous voyez encore ces zones qui semblentenvironner et ceindre lu terre; il yen a deux qui,les plus éloignées l’une de l’autre, et appuyéeschacune sur l’un des deux pôles, sont assiégéesde glaces et de frimas. Celle du centre , la plusétendue, est embrasée de tous les feux du soleil.Deux sont habitables : l’australe, occupée parvos antipodes, qui, conséquemment, vous sontétrangers ; et la septentrionale , où vous êtes.Voyez dans quelle faible proportion elle vous ap-partient. Toute cette partie de la terre, fort res-serrée du nord au midi, plus étendue de l’orientà l’occident, est comme une île environnéede cette mer que vous appelez l’Atlantique,la grande mer, l’Océan, qui, malgré tousces grands noms, est, comme le voyez, bienpetite. »
Cicéron , après nous avoir précédemment ex-pliqué le cours du ciel des fixes qui enveloppele monde entier, celui des globes inférieurs,ainsi que leur position relative, et la nature dessons qui résultent de leur mouvement circulaire,les modes et les rhythmes de cette céleste musi-que, et la ‘ 'c l’air qui sépare la lune dela terre, se trouve nécessairement amené à dé-crire la dernière ; cette description est laconique,mais riche en images. Quand il nous parle de cestaches formées par les habitations des hommes,de ces peuples séparés les uns des autres, et pla-cés dans une position respective diamétralementopposée, ou qui ont, soit des longitudes, soitdes latitudes différentes, on croit, en le lisant,avoir sous les yeux la projection stéréographique de la sphère. Il nous prouve encore l’éten-
« gloriam certe nullam polestis. Omis autem eamli-m« terrain quasi quibusdain redimitam cl cimimdatain« cingulis; c quihiis duos maxime inter se diversos, et« eoili vorlioibus ipsis ex ulraquc parte subnixos, obri-« guisse pruina vides ; medium autem ilium et maximum'■ solis ardore torreri. Duo sunt habltabiles ; quorum nus-« tralis ille, in quo qui insislunt, adverse vobis urgent« vestigia , nihii ad vestrum genns : hic autem aller sub-« jeelus aquiloni, quem ineolitis, cerne quam tenu! vos« parte contingat. Omnis cnim terra, qui» colitur a vobis,« angiisla verticibus, lnteribus latior, parvn quavlnm est« insuln, cireiimlusa illo mari, quod Allanticnin, quod« magnum, quem Oceanum appelions in terris : qui ln-« mm tanto nomine quam sit pnrvus, vides. » l’ostquamcœlum, quo onuiia conlinentur, et subjeclarum splmcrn-rum ordinem molumque, ne de molli son um, rn-lesti*musicæ modos et numéros oxplicautem , et aerem subdi-tum lniiffî Tullianus serin», per necessaria et prœsenlioperi apla dnetu.s, ml terrain usque descripsit ; ipsiu»jam terræ descriptionem, verborum parcus, rcrum lïi-cundus, absolvit. Klenim maculas luiiiilatloiium , ac deipsis habilalnribus alios interruptos adversosque, obli-ques etiam et Iransversos alios iiominando , terreniesphæræ globositatem sennone tantum, non colorlhnspin-xil. Illud quoque non sine perfection» doclriiii» est,quoi! eum aliis nos non palitur errare, qui terrain se-