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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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COMMENTAIRE , etc., LIVRE II.

Il est donc démontré qu’aucune partie duvaste corps de l’univers n’est soumise à la des-truction. Ainsi, cette expression de monde enpartie corruptible n’est, comme nous l’avonsdit, qu’une concession faite à l’opinion com-mune; et nous allons voir Cicéron finir son ou-vrage par un argument irrésistible en faveur del’immortalité de l’âme; cet argument est fondésur ce qu’elle donne l’impulsion au corps.

Ciiai>. XIII. Des trois syllogismes qu’ont employés les

platoniciens pour prouver l'immortalité de l'âme.

« Un être qui se meut toujour.'ft'xistcra tou-jours; mais celui qui communique le mouve-ment qu’il a reçu lui-méme d’un antre, doit ces-cer d’exister quand il cesse d’étre mil. L'être quise meut spontanément est donc le seul qui soittoujours en mouvement, parce ' e se man-tiue jamais à lui-même : qui plus est, il est pourtout mobile source et principe d’impulsion. Or,ce qui est principe n’a pas d’origine; tout ce quiexiste la tire de lui, lui seul la trouve en lui-même; car s’il était engendré, il ne serait pasprincipe. N’ayant pas d’origine, il ne peut avoirde lin. En effet, un principe anéanti ne pourraitni renaître d’un autre principe , ni en créer lui-même un nouveau , puisqu’un principe n’a pasd’antérieur.

« Ainsi le principe du mouvement réside dansl’être qui se meut par lui-même; il ne peut doncni commencer ni Unir. Autrement le ciel s’écrou-lerait, la nature resterait en suspens, et 11e trou-

nunqiiam tanien suivi, quia non foras efïlmmt. A ceteriseilini corporibus quod cfiluit, remlit : clcmcnlonim fl 11 xusmmqiiain ali ipsis recedit clcmcntis. lîrgo in hoc imindopars nulla mollahs est scciindum veræ ratioois asscrla.Scd quoi! ait, cum quudiun parle morlalein, ail comme-nom, ut dixinms, opinioncm paululum inclinarc se vo-lait : in line autcin validissimuni inunorlalitalis auinm!iirgumcnlum punit, quia ipsa corpori pra'slnt agita loin.Quod quale sit, ex ipsis vnrhis Ciceronis, quæ sequiin-lur, invcnics.

CM'. XIII. Dr tribus ralioclnandl modis, quibus hmnortali-tatem anima; asseruere Platoniri.

« Nain quod semper inovetur, æternum est : quod au-„ (um inotuni atfert alicui, quodquc ipsum agilatur ali-« unde, ' liabet linein mollis, vivendi lineni liabeat-■ necesse est. Soleil) igitur quod sc ipsum inovet, quia« nunquam deserilur a sc, nunquam ne inoveri ipiidem« desinit; quin etiain ceteris, quai moventur, bidons , hoc« principium est niovendi. l’riucipii auteni nnllaest origo.« Nam e principio oriuntiir omnia : ipsum aulem nulla ex« re alia nasci polest. Nec enim esset principium, quoi! gj.

• gnereturaliunde ; quod si nonoritur, nec oceidit quidem« unquain : nam principium rxstincliim nec ipsum abalio

• nuaxrctur, nec ex se abud creabit : siquidem necesse

• e»l. a principio oriri omnia. lia fit, ut motus principium

vernit aucune force qui lui rendit l’impulsionprimitive.

« Si donc il est évident que l’être qui se meutpar lui-même est éternel, peut-on nier que cettefaculté 11e soit 1111 attribut de l’âme? Effective-ment , tout ce qui reçoit le mouvement d’ailleursest inanimé. L’ctre animé seul trouve en lui sonprincipe moteur : telle est la nature de l’âme,telle est son énergie, que si, de tous les êtres,seule elle se meut sans cesse par elle-même , dèslors elle a toujours existé, elle existera tou-jours. »

Tout ce passage de Cicéron est extrait motpour mot du Phédon de Platon, qui contient lesarguments les plus puissants en faveur de l’im-mortalité de l’âme. Ces arguments concluent ensomme que l’âme est immortelle , parce qu’ellese meut d’elle-même. Il convient ici de faire re-marquer que le mot immortalité peut s’entendrede deux manières : une substance est im-mortelle quand, par elle-même, elle est horsdes atteintes de la mort; elle est immortelleaussi, lorsqu’une autre substance la met à cou-vert de ces mêmes atteintes. La première de cesfacultés appartient à l’âme, et la seconde aumonde : celle-là, par sa propre nature, n’arien à démêler avec la mort ; celui-ci tient desbienfaits de l’âme le privilège de l’immortalité.Nous devons ajouter que cette expression, Semouvoir sans cesse, a également deux accep-tions : lemouvement est continuel chez l’être qui,depuis qu’il existe, n’a pas cessé d’être mit;il est continuel chez l’être principe, qui se meut

« ex eo sit, quod ipsum a se movelur. Id auteninecnascih pntest, nec mnri; vel conciliât mime co'luin, oiunisquc« Datera consistât necesse est, nec, vint ullani nanciseatur,n qua a primo impulsa moveatur. Cum patcal igitur, a-ter-« nuiu id esse, quod ipsum se movrat,quis est, qui banc« naturam animisesse li ibotamneget? Inanimum est enimnonnic, quod puisa ngilatur externe. Quod aulem estn anima, id molli cietur intcriorc et suo. Nam hær.est pro-« pria nahira anima' nique vis. Qua- si est nnn ex omnibus,« quo* se ipsa moveat, neque nota certe est, et irlerna. »Omnis lue locus de Pha-dro Platonis ad verlmm a Cicé-rone translates est; in quo validissimis argumentis anima!immorlalitas asseritur. Etliæc estargumentorum summa,esse animant mor'is immunem, quoniam ex se. moveaturSriendiim est aulem, quod duobus modis immorlalitas in-lelligilur : net enim ideoest immorlalequid, quia per se nonest capax morlis, mit quia procuratione altcriusamortedefendilur. Ex bis priormodusad anima;, secundnsnd innndiimmortalihitem refertur. Ilia enim simple nalnra a conili-tione morlis aliéna est : mondes vero anima; benelieio inbac, vilai perpetuilale rctinctur. ltursus, semper moveridupliciler arcipilur. Iloc. enim dicitur et de eo , quod exquo est semper movetur ; et de eo, quod semper el est, etinovetur : et secondes modes est, quo animale dicimussemper moveri. Ilis prannissis, jam quibus svllogismisdeimmorlalitale anima; diversi sectatores Platonis ratiocinâtsiut, oporlelaneriri Sent enim , qui per grades syllogis-