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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACBOBE.

de toute éternité. Ce dernier mode de mouve-ment perpétuel appartient à l’âme. Tl était néces-saire d’établir ces distinctions, avant de faireconnaître les syllogismes qu’ont employés di-vers sectateurs de Platon pour démontrer ledogme de l’immortalité de l’âme. Les uns arri-vent à leur but par une série de propositions tel-lement enchaînées, que la conclusion déduitedes deux premiers membres du syllogisme quiprécède devient le premier membre du syllo-gisme qui suit. Voici comment ils raisonnent :L’âme se meut d’elle-môme ; tout ce qui se meutde soi-mfime se meut sans cesse, donc l’âme semeut sans cesse. De cette conséquence naît unsecond syllogisme : L’âme se meut sans cesse ; cequi se meut sans cesse est immortel, donc l’âmeest immortelle. C’est ainsi qu’au moyen de deuxsyllogismes ils prouvent deux choses : l’une,que l’âme se meut sans cesse, c’est la consé-quence du premier raisonnement; l’autre, qu’elleest immortelle, c’est la conséquence du second.D’autres platoniciens argumentent à l’aide d’untriple syllogisme. Voici comment ils procèdent :L’âme se meut par elle-même ; ce qui se meut parsoi-môme estprincipe d’impulsion, donc l’âme estprincipe d’impulsion. Ils continuent ainsi : L’âmeest principe d’impulsiôn ; ce qui est principe d’im-pulsion n’a pas d’origine, donc l’âme n’a pas d’o-rigine. Puis ils ajoutent immédiatement : L’âmen’a pas d’origine; ce qui n’a pas d’origine est im-mortel, donc l’âme est immortelle. D’autres enfinne forment qu’un seul syllogisme de cette suitede propositions : L’âme se meut d’elle-même ; cequi se meut de soi-même est principe d’impulsion ;un principe d'impulsion n’a pas d’origine; cequi n’a pas d’origine est immortel ; donc l’âmeest immortelle.

morum ad unuin linem probationis cvadanl, certain sihi pro-positioneni sequentisex anlecedcnlis conciusionefacienles.Apud quos hic prier est : Anima ex se movetur : quidqnidaillent ex se movetur, semper movetur : igitur anima sempermovetur. Secundus ita, qui nascitur ex prioris fine : Animasemper movetur : quod auleni semper movetur, immortaleest : igitur anima immortalis est. Et ita in duobus syllogismisduæ res probantur, id est, et semper moveri animam, ut inpriore, et esse immorlalem, ut colligitur de secundo. Alii verousqtie ad terlium graduai ita argumentando procédant :Anima ex se movetur : quod aulem ex se movetur, princi-piumest motus : igitur anima principinm motus est. Itursusex bac conclusione nascitur propositio : Anima principinmmotusest : quod autem principinm molus est, natmn non est :igituranima nata non est. Tertio Inco : Anima nata non est :quod natum non est, immortale est : igitur anima immor-talis est. Alii vero omnem ratiocinationem suam in uniusgyllogismi compendium redegerunt. Anima ex se movetur;quod ex se movetur, principinm motus est; quod princi-pium motusest, natum non est; quod natum non est,immortale est; igitur anima immorlalis est.

Ciiap. XIV. Arguments d’Aristote pour prouver, contre le

sentiment de Platon, que l’Ame n'a pas de mouvement

spontané.

La conclusion des différents raisonnementsrelatés ci-dessus, c’est-à-dire l’immortalité del’âme , n’a de force qu’auprôs de ceux qui ad-mettent la première proposition, ou le mouve-ment spontané de cette substance; mais si ceprincipe n’est pas reçu, toutes ses conséquencessontbienaffaihlies.il est vrai qu’il a pour luil’assentiment des stoïciens ; cependant Aristoteest si éloigné de le reconnaître, qu’il refuse àl’âme non-seulement le mouvement spontané,mais même la propriété de se mouvoir. Ses ar-guments pour prouver que rien ne se meut desoi-même sont tellement subtils, qu’il en vientjusqu’à conclure que s’il est une substance quise meut d’elle-même, ce ne peut être l’âme. Ad-mettons, dit ce philosophe, que l’âme est prin-cipe d’impulsion, je soutiens qu’un principed’impulsion est privéde mouvement. Puis sa ma-nière de procéder le conduit d’abord à soutenirqu’il est, dans la nature, quelque chose d'immo-bile, et à démontrer ensuite que ce quelquechose est l’âme.

Voici comment il argumente : Tout ce quiexiste, est immohileou mobile; ou bien une partiedes êtres se meut, et l’autre partie ne se meutpas. Si le mouvement et le repos existent con-jointement, tout ce qui se meut doit nécessaire-ment se mouvoir sans cesse , et tout ce qui ne semeut pas doit toujours être en repos ; ou bientous les êtres à la fois sont tantôt immobiles, ettantôt en mouvement. Examinons maintenant la-quelle de ces propositions est la plus vraisem-blable. Tout n’est pas immobile, la vue seulenous le garantit, puisque nous apercevons des

Cai>. XIV. Quibus rationilius Aristoteles contra Plntnnrm

monstrare volueril, animam a se ipsa moveri non possc.

Sed linrum omnium ratiociiialioniini apud eum potes!postroma conclusio de aniinæ immortalitate noustnre, quiprimain propositionem, id est, ex se moveri animam,non rcTclül. Hac cnim in lide non rccepta, debilia liunloinnia, quæseqiimitur. Sed huicStoiooruin quidciu acre-dit assensio. Aristoteles vero adeo non acqnieseil, ut ani-mant non solutn ex se non moveri, sed ne moveri quidampenitus conctur asserere. lia cnim callidis argiimcntatio-nibus adstruit, uiiiil ex se moveri, nt eliam, si quai hoc,faccro concédât, animam tamen lion non esse, confirme!.Si cnim anima, inquit, principinm motusest, doceo, nonposse principium moins moveri. Et ila divisionem suffi ar-lis ingrcditiir, ut primum doceat, in rcrum natura esse ali -quid immobile, deindc bon esse animam lentet oslendere.Necesse est, inquit, mil omnia, quæ sont, immobilia esse,aut omnia moveri ; aut aliqna ex bis moveri, cliqua nonmoveri. Item, si dames, ait, et niotuni, et quictem : ne-cesse est, aut alia semper moveri, et alia nunquani move-ri; aut omnia simili mine quiesccre, mine moveri. De bis,inquit, quid magis vcnimsit, reqiiirainus. Non esse uni-