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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACROBE.

circulaire , par la raison que toute sphère semeut autour d’un point immobile que nous nom-mons centre. L’âme ne peut donc se mouvoir decette sorte sans avoir en elle un point fixe ; maisalors elle ne se meut pas tout entière. Si cepoint central n’est pas en elle, il est hors d’elle;ce qui est aussi absurde qu’impossible. 11 suit delà que cette substance ne se meut pas surplace. Veut-on qu’elle se meuve en s’engen-drant elle-même, il en résultera qu’elle est etqu’elle n’est pas la môme. Se meut-elle en seconsumant, dès lors elle n’est plus immortelle.Si elle s’accroît ou se rapetisse, elle sera, dansun môme temps, ou plus grande ou plus petitequ’elle-môme. C’est de cet amas de subtilitésqu’Aristote déduit le syllogisme qui suit : Sil’âme se meut, son mouvement doit appartenirà un genre quelconque. Mais on ne voit pas dequel genre ce mouvement pourrait être ; doncelle ne se meut pas.

Cn.vi*. XV. Arguments qu’emploient les platoniciens enfaveur île leur maître contre Aristote ; ils démontrentqu’il existe une substance qui se meut d’elle-mfimc, et((lie cette substance n’est autre que l’âme. Les preuvesqu’ils en donnent détruisent la première objection d’A-ristote.

Des arguments si subtils, si ingénieux, sivraisemblables, exigent que nous nous rangionsdu côté des sectateurs de Platon, qui ont faitéchouer le dessein formé par Aristote de battreen ruine une définition aussi exacte, aussi inat-

bem rotalur : sedrectalinca infinita nulla est; nam, quæ-ctnique in natura inleltigatur linea, quocunquc line sinednbio lcrminatur. Si ergo per lineam lerminatani anima sernovel, non semper movelur.Nam, ctim ad (incm venitur,et inde rursus in exordium redilur, necesse est inlersti-tium motus fieri in ipsa permutatione redeundi. Sed necin orbem rota ri potest : quia omnis spbæra ci rca aliquodimmobile, quod centron vocamus, movetur. Si ergo etanima sic movetur, aul intra se liabet, quod immobileest; et ita lit, ut non tota moveatur : aut, si non intrase iiabet, sequitur aliud non minus absurdum, ut centronforis sit, quod esse non poterit. Constat ergo ex bis, ait,quod in loco se non moveat. Sed si ipsa se parit, sequitur,ut, eandem et esse, et non esse, dicamus. Si vero se ipsa■.onsumit, non erit immortalis. Quod si se aut auget, autminuit ; eadem simili et major se, et ininor reperietur. Etex bis talem colligit syllogismum : Si anima se movet, ali-quo motus genere se movet ; nullum autem motus genus,quose moveat, invenitur; non seigitnr movet.

Cai*. XV. Quibus argunicntis Platonici magistrum suum ad-versus Arislotelem lucantur, ostendentes , utique esse ali-quid, quod a se ipso moveatur ; idque necessario esseanimam : quibus probatis, enervata est prima objectioAristolclis.

Contra lias tam subtiles, ctargulas, et verisimilcs ar-gumentationes, accingenduin est scctiuilutu seotalores

taquable que celle que leur maître a donnée del’âme. Cependant, comme la passion ne m’aveu-gle pas au point de me faire accroire que je pufsse,avec d’aussi faibles moyens que les miens, ré-sister à l’un de ces philosophes , et prendre partipour l’autre, j’ai jugé convenable de réunir enmasse les traités apologétiques que nous ontlaissés, à l’appui de leurs opinions, les hommesillustres qui se sont fait gloire de reconnaîtrePlaton pour leur chef; et j’ai pris la liberté d’ex-poser mes propres sentiments à In suite de ceuxde ces grands personnages. Munis de ces armes,nous allons réfuter les deux propositions qu’A-ristote soutient vraies: l’une, que rien ne semeut de soi-même; l’autre, que s’il était unesubstance qui eût un mouvement propre, ce neserait pas l’âme. Nous prouverons clairementque le mouvement spontané existe, et nous dé-montrerons qu’il appartient à l’âme.

Commençons d’abord par nous mettre engarde contre tous les sophismes de l’adversairede Platon. Parce qu’il est parvenu à établir in-contestablement que plusieurs substunccs quisemblent se mouvoir d’elles-mêmes reçoiventl’impulsion d’une cause interne et latente, il re-garde comme accordé que tout ce qui se meut,bien qu’il semble se mouvoir de soi-même, obéitcependant à un mouvement communiqué : celaest en partie vrai, mais la conséquence est fausse.Qu’il y ait des êtres dont le mouvement proprene soit qu’apparent, c’est ce dont nous conve-nons; mais il ne suit pas de là nécessairement

Platonis, qui inceptum, quo Aristoteles tum verani, inm-que validant delinitionem magistri sauciare tentaverat,subruermit. Neque vero tam imincmor inci, aut ita maleanimatus sum, ut ex ingenio meo vel Aristolcli résistant,vel assim Platoni : sed ut quisque magnorum virorum,qui se Plalonicos dici gloriabantur, aut singula, aul binadefensa ad ostentalionem suorutn operum reliquerunt,collecta hæc in imum continua 1 delensionis corpus coacer-vavi; adjecto, si quid posl illos aut sentira, fa» ernt, autaudere in inlellecluni licebat. Et quia duo sunt, quæ as-serere conatus est : iinum, quod dieit niliil esse, quod exse moveatur; alterum, quo animam boc esse non posseconfirmât : utrinque resistendum est; ut et constat, possoaliqtiid ex se moveri, et animam hoc esse clareseat. Inprimis igitur illius divisionis oportet noscaverepræstigias ;in qua enumerans aliqna, quæ ex se moventur, et oslendans, ilia quoque ab alio moveri, id est, a causa interiuslatente, videtur sihi probasse, omnia, quæ movenlttr.cliamsi ex se moveri dicantur, ab alio tamen moveri. Unjus enim rci pars vera est : sed est falsa conclusio. Namesse aliqua, quæ, cum ex se moveri vidcantur, al) aliotamen constet moveri, nec pos dilïitemnr. Non la mon omnia,quæ ex se moventur, hoc sustinent, ut ali alio ea moverinccesse sit. Plalo enim cum dicit, animam ex se moveri,id est, cum aùvoxEvirrov vocal, non vnlt cam inter ilianumerari, quæ ex se quidam videiilnr moveri, sed a cau-sa, quæ intra se lalet, movenlur, ut moventur animalia* auctore tpiidem alio, sed occuito; (nam ali anima moyen-