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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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COMMENTAIRE,

(Hic, tout ce qui se meut de soi-même soit mûbailleurs. Quand Platon dit que l’Ame se meutd’clle-môme, il n’entend pas la mettre au nom-bre des êtres qui n’ont qu’une mobilité d’em-prunt; quoiqu’elle paraisse tenir à leur essence,telle que celle des animaux qui ont en eux un mo-teur secret (ce moteur est l’âme), ou telle quecelle des arbres soumis à l’action d’une puis-sance (c’est la nature) qui opère en eux mysté-rieusement. Le mouvement que ce philosopheattribue à l’âme appartient en propre à cettesubstance, et n’est pas l’effet d’une cause soitinterne, soit externe. Nous allons lixer le sensde cette proposition.

Nous disons du feu qu’il est chaud , nous di-sons aussi qu’un fer est chaud ; nous considé-rons la neige comme un corps froid, nous attri-buons égftlement à la pierre cette propriété defroideur; nous qualifions le miel de doux, etc’est par la même expression que nous désignonsla saveur du vin miellé. Mais chacun de cesmots , chaleur , froideur, douceur, a plus d’uneacception. La chaleur du feu et celle d’unfer chaud ne nous offrent pas la même idée;car le feu, chaud par lui-même, ne doit pas sachaleur à une autre substance, tandis que lefer ne peut avoir qu’une chaleur empruntée. Lafroideur de la neige, la douceur du miel cons-tituent la nature de ces corps ; mais la pierre re-çoit de la neige sa froideur, et le vin miellé estredevable au miel de sa douceur. 11 en est demême des mots repos et mouvement : nous at-tribuons ces deux états aux êtres dont le mouve-ment ou le repos sont spontanés, aussi bien qu'àceux qui doivent leur mobilité ou leur immobi-

lur) mit lit moventur arbores, (qimrum etsi non viileturagitalor, a nalma taiiion cas inlcrins latente constat ngi-lari : ) scil l’Iato ita dicil animain ex se inoveri, ut nonaliain causain,vel exlrinseciis acciilenlem, vel interiuslatentein, Imjns motus ilicat auctoran. Iloc qtiunintltno-diun acci|ileiulliin Bit,'instmcimis. Igncm calidiun voca-nms, sed et ferrum caliilmn diciinus : et nivem frigidani,et saxmn frigidum imiieupamus : inel dulce, sed et mul-siim dulce voeilamus. Iloruni lamen singulu de diversisdiverse signiiieanl. Aliter eniin de igné, aliter de ferro ea-liili noinen accipimus : quia ignis per se calot, non ali aliolit calidus; contra ferrum non nisi ex alio calescit. Utnixfrigida, ut me) dulce sit, non aliundc conlingil : saxo ta-mon li îgus, vel mulso dulcedo, a nivc, vel nielle prove-niimt. Sic et slare, et inoveri, tam de his dicitur, quæ, alise vel stant, vel moventur, qnam de illis, quæ vel sislim-tur, vel agitanliir ex alio. Sed qiiilms inoveri al) alio, velstarcrimtingil, hæcet slare désistant, et inoveri; qiiilmsaulem idem est, et esse, et inoveri, minquam a inotu ces-sant, quia sine essenlia sua esse non possuut : nient for-rum amittit ralorem ; ignis vero calcre non delinit. AI) seergo movetur anima, licet et animalia, vel arbores pdr seviileantur inoveri; sed illis, quamvis interius latens, aliaUmeu causa, id est, anima vel naiura, molinn minisirat :U en et amiltiint Imc, quoil aliimde sumseriml. Anima

etc., LIVRE II.

lité à une cause étrangère. Mais , chez ces der-niers, ni le mouvement ni le repos ne peuventêtre perpétuels ; tandis que les premiers ne ces-sent de se mouvoir, parce que, chez eux, se.mouvoir et exister n’étant qu’une seule et mêmechose, ils ne peuvent contrarier leur essence. Lefer peut donc perdre de sa chaleur, mais le feune cessera jamais d’être chaud; donc aussil’âme est la seule substance qui se meuve d’elle-même; et si les animaux et les arbres semblentjouir de cette propriété, ils n’en jouissent qu’enapparence; car ils reçoivent l’impulsion d’unecause interne et latente, qui est l’âme ou la na-ture ; ils peuvent donc perdre une faculté qui nefait pas partie d’eux-mêmes. Il n’en est pas ainsidu mouvement de l’âme et de ia chaleur du feu ;ces deux modes sont respectivement inhérents àces deux substances. En effet, quand on dit quele feu est chaud, cette expression n’offre pas àl’esprit deux idées distinctes , celle d’un êtreéchauffé et celle d’un être qui échauffe, maisl’idée simple du fluide igné. Cette manière deparler, neige froide et miel doux, n’emporte pasavec elle l’idée d’un être qui donne et d’un êtrequi reçoit. De même, lorsque nous disons quel’âme se meut par elle-même, nous ne la consi-dérons pas comme formée de deux substances,dont l’une meut et dont l’autre est mue, maiscomme une substance simple dont l’essence estle mouvement ; et comme ou a spécifié le feu, laneige, le miel, par leurs qualités sensibles , ona aussi spécifié l’âme par l’appellation d’être quiest mû par soi-même ; et, bien qu 'être mû soitun verbe passif, il ne faut pas croire qu’il ensoit de ce verbe comme de ceux-ci : être coupe,

vero ita per se movetur, ut ignis per se calot ,■ nulla ad.veutilia causa vel ilium calefaciente, vel banc moveiile.Nam, cnm igncin calldum diciinus , non duo diversa cou-cipimus, iimim, quod calcfacit, allerum, quod calefit;sed lotum calldum scciinduin unam naturam vocamus.Ctim riivem frigidani, cum mel dulce appellamus, nonaliud, quod liane qualitatem præstat, aliud, cui præsta-lur, accipimus. lia et cum auimam per semoveri dicimus,non geinina considcralio sequitur moventis et moli, sedin ipso molli essenliam ejns agnoscimus : quia, quod estin igné noinen ealidi. in nivc vocabulum frigidi, appella-lio dulcis in méfie, tioc neccsse est de anima «ùraxivritovnoinen inlelligi, quod latina conversio signi/icat, perse moveri. Nec te confundat, quod inoveri passivum ver*bum est : nec, sicul secari cum dicitur, duo pariter con-siderantiir, quod secat, et quod secatur ; item cum teneridicitur, duo fnlelliguntur, quod tenct, et quod fendur :ita hic in moveri duariim rerum siguilicationem putes,quæ movet, et quæ movetur. Nam secari quidem et te-neri passio est; ideo considerationem et facientis, et pa-lientis ampleclitur : moveri autem cum de his quidemdicitur, quæ ab alio moventur, utrainquc considerationemsimiliter repræsentat ; de eo aulem, quod ita per se mo-velur, nt sit aÙToxfvïjTov, cum moveri dicitur, quia ex se,non ex alio movetur, nulla potest suspicio passionis inta-