COMMKNTAÎKK.
circulaire. Se meut-elle en s'engendrant elle-même, ou l)ien en s’épuisant insensiblement?S’accroît-elle ou diminue-t-elle? Qu’on nous dises’il est, . . e manière de se mou-
voir. Mais lotit cet amas indigeste de questionsdécoule d'un seul et meme argument captieux,dont Aristote a tiré de fausses conséquences. Ilpart du principe qu’il n’y a pas de mouvementspontané, et, veut trouver dans l'âme ce que luioffrent toutes les autres substances, l’élre mû etl’étre moteur; comme s’il pouvait y avoir en elleune différence entre ce qui meut et ce qui est mû.Mais, me dira-t-on, si cette distinction n’existepas, de quelle espèce est ce mouvement de l’âme,et comment le comprendre? Ma réponse à eettequestion est de renvoyer les curieux, soit à Pla-ton , soit à Cicéron..le dirai plus : c’est; qu’elle estla source et le principe de tout mouvement, et l'onconcevra sans peine la valeur de cette qualifica-tion de principe du mouvement attribuée à l’âme,si on la conçoit comme un être invisible se mou-vant sans moteur, et. dont l'impulsion sur lui-même et sur tous les autres êtres n’a ni commen-cement ni lin. De tous les objets sensibles, le seulqu’on puisse lui comparer est une source d’eauvive dont les fleuves et les lacs tirent leur origine,bien qu’elle-mème semble n’en avoir aucune ; carsi elle en avait une, elle ne serait pas source : etbien qu’il ne soit pas toujours aisé de la découvrir,elle n’en donne pas moins naissance, soit au Nil,soit à l’Éridim, soit à l’Ister, soit au Tanaïs.Lorsqu'on admirant la rapidité du cours de cesileuves et la masse de leurs eaux, on se demande
discedat. Ilac qnoque objec.tione, ut. arbitrai', dissolula,ail cas intcriogalioncs, quilms nos vidolur urgcrc, venia-lims. Si niovet, inqiiil., se anima, aliquo motus généra seinnvet. Dicendmnne est igilm', aniniam se in locmn nui-vere? Ërgo ille locus mit orliis, aut linoa est. An se paiiendosou cimsmnendo inovctnr? Sene niiget, mit minuit? A11 1profcraliir, ait, in medium aliud moins gémis, <|uo ramdicanius nmveri. Sed onmis lime inlerrogalionmii moleslacongcries ex une eademque delluit male ooiic.epta: drfini-tionis aslolia. Nam quia sernel silii proposait, mime ,quod inovetiir, al) alio moveri, iminia lime iiioliium générain anima qumrit, in quilms aliud est, quod niovet,aiiud, quod movctiir : cmn niliil linniiii in nnimanir.adeie possil, in qua imita diseretio est inovenlis etmoli. Quis est ifîitnr, dirai aliqnis, nul mule intel-ligitur nnimm motus, si liormn nnlliis est? Soiet hoc,quisquis misse desideral, vel l’Iatone (tirante , vol Tiillio.Qu'm etiain eeleris, quai inoveiilur, liio Ions, hoc princi-pimn est inovendi. Qiinnla sit autem vooalmli bnjusexpressio, quo anima Ions motus voeatur, facile reperies,si rei invisibilis inoluni sine auelore, atque ideo sine ini-tie ne sine line prodemilem, et cetera movonlem, menteconcipias : cni niliil similins de visibilibus, ipiam fous,poluerit reperiri ; qui ita prineipimn est aquæ, ut cmn dese lluvios et laciis proereel, a nullo nasci ipse dirai ur.]Nam si al) alio nasoerelnr, non esset ipse priiieipiiuu : etsicut fous mm semper facile deprebenditur, ab ipso la-inen , qui fimdnnlur, aut Nilns est. aut Krid inus. nul
I.TC., LIVRE ri. lit
d’où elles sortent, la pensée remonte vers les lieuxoù elles ont pris naissance, et qui sont l’origine dumouvement que l’on a sous les yeux. De même,lorsqu’en observant le mouvement des corps, soitdivins, soit terrestres, vous voulez remonter àson auteur, que votre entendement arrive jusqu’àl’âme, qui sait nous faire mouvoir sans le ministèredu corps. C’est ce qu’attestent nos peines, nos plai-sirs, nos craintes et nos espérances ; car son mou-vement consiste dans la distinction du bien et dumal, dans l'amour de la vertu, dans un penchantviolent pour le vice : et de là découlent toutes lespassions. C’est, elle qui fait mouvoir chez nousl’irascibilité, et celte ardeur que nous montronsà nous armer les uns contre les autres, d’où dériveinsensiblement cette fureur inquiète des combats.C’est, elle encore qui nous inspire lesardents désirset les affections véhémentes: mouvements salutai-res quand la raison les gouverne^mais qui nousentraînent avec eux dans l’abîme, s’ils ne la pren-nent pas pour guide. Tels sont les mouvementsde l’âme qu’elle exécute ' “iis sans le mi-nistère du corps, et quelquefois aussi de concertavec lui. Si maintenant on veut connaître ceuxde l’âme universelle, que l’on jette les yeux surle mouvement rapide du ciel et sur la circulationimpétueuse des sphères planétaires placées au-dessous de lui, sur le lever, sur le coucher dusoleil, sur le cours et le retour des autres astres,mouvements qui sont tous produits par l’activitéde l’âme du monde. S’il pouvait donc être permisi à quelqu’un de regarder comme immobile celle1 qui met tout en mouvement, ce ne serait pas à un
Ister, aut Tanais : et, ut illorum rapiditateni videndo ad-luirans, etiutra te tautarum aquannnoriginem requirens,cogitation); recurris ad fuolciu, et liuiic ouuiein iiiotuininielligis de primo scaluriginis uianare prmcipio ; ita cmnciirpiirnm niotuui, seu divina, seu tnrrcna sinl, conside-laiido, qiia-rere forte auclorein velis, mens lua ad auimam,quasi ail fonteni, ree.urrat, cujtis motion etiain sine cop-iions minislrrio teslanliip cogitalimies, gandin, spes, ti-morés. Nam motus ejus est boni nialiqiic diseretio, virln-tiun iiinor, cupido vilioriim; ex quihus eflluiinl omnesindu nascenlium rennn niealus. Motus enim ejus est,quidqiiid irnsrimur, et in fervorem mutilai collisionis ar-niamur : mule paiilaiim proccdens rallies fluctuât prwlio-rmn. Motus ejus est, quod in desideria rapimur, quodcupiditatibus nllignimir. Sed lii moins, si rationc guher-nenlui', proveniunt salntarcs ; si destituanlur, in præcepset rapimilur et rapiunt. bidir.isti motus anima:, qrnismodo sine minislerio corporis, modo pei' corpus exercel.Si vero ipsius nnmdanæ anima: motus rcquires, cadeslcnivoliibilitatem et sphærarnm subjaeentium rapidos inqielusinluere, ortiun oecasumve solis, cursus sidermn, vel re-cursus; quæoinnia anima movnnte proveniunt. Immobilemvero eam dicere, qua: uinvet mniiia, Aristoteli non cou-venit, (qui, quaiitns in aliis sit, probation est) sed illitantum, quem vis nalunu, quom ratio manifesta non mo-veal.