Buch 
Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
Entstehung
Seite
110
JPEG-Download
 

f 10

mackobe.

C’est, Ici que je l’attendais : car ce qu’il dit du feus'applique à l’âme, chez ' ' le moteur et la

substance mue sont si étroitement unis que tousdeux sont confondus dans son mouvement. Maisen voilà assez sur le principe. Quant à la cause,comme nous avons accordé de plein gré qu’au-cun être ne peut s’appliquer à lui-même les effetsqu’il produit sur les autres êtres, nous convien-drons volontiers que l’âme, cause du mouvementde tout ce qui existe, ne peut être pour elle-même principe d’impulsion; et nous nous con-tenterons de dire qu’elle fait mouvoir tout ce qui,sans elle, serait immobile. Nous ajouterons qu’ellene peut se donner à elle-même le mouvement,mais qu’elle le tient de son essence. Cela suffirapour paralyser la sixième objection d’Aristote.

On pourrait peut-être lui accorder qu’il n’est pasde mouvement sans ressort, lorsque le moteur etie corps mis en mouvement sont deux êtres dif-férents ; mais vouloir qu’il en soit ainsi relative-ment à l’âme, dont l’essence est le mouvement,c’est une bien mauvaise plaisanterie. Si le feu,que meut une cause interne, n’a pas besoin deressort pour prendre une direction ascendante,à plus forte raison l’âme, essentiellement mobile,peut-elle s’en passer.

Nous allons voir que, dans ses dernières objec-tions, cet illustre philosophe, d’une gravité si re-marquable dans ses autres écrits, a recours à desfinesses peu dignes de lui. « Si l’âme se meut,dit-il, elle doit, indépendamment de ses autresmouvements, possédercelui de locomotion; elledoit, successivement et fréquemment, entrer aucorps et en sortir : mais cela n’a pus lieu, doncelle ne se meut pas. I.e premier venu lui répon-dra, sans hésiter, qu’il est des corps doués de mou-vement qui cependant ne changent pas de place.On lui opposerait encore fort à propos l’un de. ses

quai aliis causa motus est, etiom silii causa motus essevideatur. llis enim causa motus est, quænon moverenlur,uisi ipsa pnrstaret. Ilia vero ut mnveatur, non sibi ipsalargitur, sed cssenliæ suai est, quod nioretur. Ex hocquaistio, quai sequitur, absoluta est. tune enim forteconcédant, ut ad motus exercitium instrumenta quæran-tur, quand» aliud est, quod movet; aliud, quod nioretur.In anima vero hoc nec senrrilis jocus sine danno vere-cnndiæ audebil expelere, cujus motus est in esseutia :cuin ignis, licel ex causa intra se latente movealur, nullistanien instnnnentis ad superua conscendat. Mulloquc mi-nus haie iu anima quærenda sont, cujus motus esseidiasua est. In liis etiam, quæ sequu.itur, vir tantus et aliasultra ceteros serins, similis cavillanti est. Si movelur,inquil, anima, inter ceteros motus eliam de loco in locummovetur. Ergo modo, ail, corpus egreditur, modo rursusingredilur, et in hoc excrciüo sæpe versatur; quod litirinon viderons. Non igitur movetur. C'onlra hoc nullus est,qui non sine hæsitatione respondeat, non omnia, quaemoventur, etiarn de loco in locum tnoveri. Aptius denirpiein eum similis interrogatio retorqueuda est. Moveri arho-

arguments, en lui adressant la question suivante :Ne dites-vous pas que les arbres se meuvent? 11en conviendrait, je pense ; et alors on le battraitavec ses propres armes.

Si les arbres se meuvent, il est clair que, no-nobstant. leurs autres mouvements, ils doivent,avoir, ainsi que vous le dites, la faculté de chan-ger de place; cependant elle leur est refusée :doue les arbres ne se. meuvent pas. A quoi l’onajouterait, pour donner à ce syllogisme le ton degravité convenable : Mais ils se meuvent : donctout ce qui se meut ne change pas de place. Etde là résulterait cette conclusion judicieuse : S’ilest démontré que les arbres se meuvent d’un mou-vement qui leur est propre, pouvons- nous refuserà l’âme la propriété de se mouvoir d’uu mouve -ment conforme à son essence? Cette réplique, etd’autres encore, ne manqueraient pas de force,lors même que le mouvement ne serait pas l’es-sence de l’âme. En effet, puisqu’elle anime lécorps en s’unissant avec lui, et puisqu’elle l’aban-donne à une époque préfixe, on ne peut lui refu-ser la faculté de locomobililé. Il est vrai que cemouvement d’entrée et de sortie est souvent irré-gulier, parce qu’il n’a lieu qu’en vertu des décretsmystérieux et raisonnés de la nature, qui, pourenchaîner la vie au sein de l’être animé, inspireà l’âme un tel amour pour le corps, qu’elle seplaît dans les liens qui la retiennent, et qu’elle nevoit presque toujours arriver qu’avec peine le mo-ment de quitter sa station.

Nous venons de répondre, je crois, d’une ma-nière péremptoire à la septième objection; pas-sons aux dernières questions qu’accumule Aris-tote, afin denous embarrasser. « Si l’âme sc meut,continue-t-il, ce mouvement appartient, à un modequelconque : si clic se meut sur place, elle nepeut sc mouvoir qu’en ligne droite ou en ligne

res dicis? quod cmn, ni opinor, anmierit, pari dicacitatclérictiir. Si moventur arbores, siiie duhio, ul In dicoresoles, inter alios moins eliam de loco in locum moventur.Iloc autem videmus per se cas facere non posse. Igilurarbores non moventur. Sed ut Imno syllogismuin addita-menlo scrinui facere possimus, poslquatn dixerinms,ergo arbores non movenlur, adjicicinus, sed movenlorarbores ; non igilur omnia, quæ moventur, eliam de locoin locum moventur. Et ilu finis in exitmn sanæ conciliai»,nis evadel. Si ergo arbores fatchimur moveri quidem, sedaplo sibi motu : cur hoc animæ negemus, ut molu essen-tiæ suæ converdenle moventur? Ila c et alia valide dice-rontur, etiamsi hoc moins generc moveri anima non pos-set. Cmn vero et corpns animet acccssn, et a corporecertaconstiliiii lemporis lego diseedat, ([ois eam neget etiam Inlocum, ut ita dicam, moveri ? quod autem non sæpe sut,mm lempore aeccssmu vnriat et. reccssum , l'acit hoc dispo-sitio areana et consulta naturæ : quæ ad animalis vitamcei tis vinculis continendam, tantum animæ injeeit corpo-ris amorcm, lit amet ultro, quo vineta est; raroquccon-lingiit, ne linila quoquelege lemporis sni mærenset invita