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MACROBE.
toi, ajoute Caton, qui avant d’agir demandesqu’on te pardonne ta faute, qui t’a condamné,je te prie, à la commettre?
Maintenant nous allons exposer, en forme deprologue, Je plan que nous avons adopté pour cetouvrage.
CHAPITRE E
Plan de l'ensemble de l’ouvrage.
Pendant les Saturnales, les personnes lesplus distinguées de la noblesse romaine, etd’autres hommes instruits, se réunissent chezVettius Prætextatus, et consacrent, à des entre-tiens sur les arts libéraux, les jours solennelle-ment fériés. Ils se donnent aussi des repasavec une mutuelle politesse, et ne se retirentchez eux que pour aller prendre le repos de lanuit. Aihsi, pendant tout le temps des fériés,après que la meilleure partie du jour a été rem-plie par des discussions sérieuses, la conversa-tion roule, durant le repas, sur des sujets conve-nables à la table; en sorte qu’il n’y a pas unmoment, dans la journée, (pii ne soit remplipar quelque chose d’instructif ou d’agréable.Cependant la conversation de la table aura tou-jours plus d’agrément qu’aucune autre, parcequ’elle a moins de sévérité et plus de licence.Ainsi, dans le Banquet de Platon, comme danstous les auteurs qui ont décrit des repas, laconversation ne roule sur aucun sujet austère,mais elle forme un traité agréable et varié del’amour. Socrate lui-mème, dans cet ouvrage,n’enlace point, selon sa coutume, et ne pressepoint son adversaire, dans des noeuds de plusen plus resserrés; mais il le circonvient de ma-nière qu’il puisse éluder et revenir au combat,lui fournissant lui-même l’occasion de s’esquiver
CAI’UT J.
Arguinentum opcris lotius.
Sahirnalibus apud Vetlium Prselexlatmn roman»; no-bilitalis proceres doctique alii congregantur : et tempussolemniler feriatum députant colloquio liberali, conviviaquoque sibi nitilua coinilate præbentes, nec discedentesa se, nisi ad uocliirnam quictcm. Nam per omne spatiumferiaruin mcliorcm die! partem seriis dispti la tiou il in soccupantes, coenæ tempoie sermones conviviales agitant :ita ut milium dici tempos docte aliquid veMepidc prole-rendi vacuum relinquatur. Sed crit in mensa sermo ju-cundior, ut habeat voluptatis amplius, severitatis minus.Nam cum apud alios, quibus sunt descripta convivia,lum in illo piatonis syinposio, non austeriore aliqua dere convivarum sermo, sed Cupidinis varia et lepida de-scriptio est. In quo quidcm Socrates non artioribus, utassolet, nodis urget atque implicat advcrsarium ; sedcludendi magis quam dccertandi modo, apprebcnsis dat«labcndi prope atque elTugiendi locum. Oportet cnimversari in convivio sermones ut casutatc integros, itaappelibiles venuslate. Malutina veroerit robnstior disputa
et de fuir. La conversation, à table , doit doncêtre irréprochable sous le rapport de la décence,autant qu’attrayante' par ses agréments; tandisque, le matin, elle sera toujours plus grave, ettelle qu’elle convient à d’illustres et doctes per-sonnages. Or, si les Cotta, les Lélius, les Sci-pion ont pu, dans les ouvrages des anciens,disserter sur tous les sujets les plus importantsde la littérature romaine , ne sera-t-il pas per-mis aux Flavien , aux Albin, aux Symma-que, aux Kustathe, qui leur sont égaux engloire et ne leur sont pas inférieurs en vertu,de disserter aussi sur quelque sujet du mêmegenre? Qu’on ne me reproche point que la vieil-lesse de quelques-uns de mes personnages estpostérieure au siècle de Prætextatus, cnr les dia-logues de Platon sont une autorité en faveurde cette licence. En effet, Parménide est si an-térieur à Socrate, que l’enfance de celui-ci auraà peine touché la vieillesse de celui-là; et ce-pendant ils disputent entre eux sur des matiè-res très-ardues. Un dialogue célèbre est remplipar une discussion entre Socrate et Timée,qu’on sait n’avoir pas été contemporains. Paralus et Xanthippe, fils de Périclôs, dissertent aussi,dans Platon, avec Protagoras, à l'époque deson second séjour à Athènes; quoique la fameusepeste les eût enlevés aux Athéniens longtempsauparavant. Ainsi donc, autorisés par l’exemplede Platon, l’àge où vécurent les personnes queTon a réunies a été compté pour rien. Alinqu’on pût reconnaître et, distinguer facilementce que dit chacun d’eux, nous avons fait inter-roger Postumien par Décius, touchant le fond deces entretiens et touchant les personnes entre les-quelles ils s’agitent; et, pour ne pas suspendre pluslongtemps l’impatience du lecteur, un dialogue
tio, qnæ viros et doclos, elpra'clarissimos deccal. Nequeenim Cottæ, Lælii, Scipioues amplissimis de rébus,qnoad romance literie enint, in vctcrmn libris disputa-lunil : Prætexlatos vcro, Klavianos, Albinos, Symma-clios, et Eiistalliios, quorum splcndor similis, et noninfcrinr virtus est, codem modo ioqui aliquid lieitmn noncrit. Nec niibi lïaudi sit, si uni nul alleri ex bis, (pinscodas coegil, matura celas poslerior seculo Pradextali sit.Quod licito tiei i Piatonis dialogi tcstimonio sont. QuippeSocrate ita Parmenides anliqnior, ut luijiis pucritia vixillius apprehenderil senectutem : d lumen inter illos derebus arduis disputatiir. Inditum dialogum Socrateshabita cum Tiimro dispulalionc consiunit; quos constateodem scr.iilo non fuisse. Paralus vero et Xantbippus,quibus I’ericles paler fuit, cum Prolagora apud Platonemdisserunt, secundo adventu Albenis mornnte; (puismulto ante infamis ilia pestilonlia Atlieniensis absumse-rat. Annos ergo coeiuitiuin mitti in digilos, cxcmploPiatonis nobis siilfragante, non convcnit. Quo aulem fa-cilius quce ab omnibus dicta sunt, apparere ac secernipassent; Peciinn de Poslnmiano, ipiinam ille sermo, antinter (puis luissi‘1, sriscilaiitein fecimus. Kl ne diuliiia