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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACROBE.

ir.B

• souviens fort bien, il a cassé le seul vase à

* eau qu’il y eût dans la maison. » Il en résulteradonc qu’il faudra dire die quarto au passé, etdie quarti au futur.

Pour n’avoir rien omis sur l’expression diecrastini, il nous reste à rapporter ce passage dulivre second de l’ Histoire de Cælius : « Si tu veux« me confier la cavalerie et me suivre toi-même« avec le reste de l’armée, dans cinq jours ( die« quinti) je te ferai apprêter ton soupé à Rome,

•< au, Capitole. » — En cet endroit Symmaque dit àServius : —Ton Cælius a pris et le fait et l’expres-sion dans les Origines de M. Caton, où l’ontrouve ce passage : « Or, le maître de la cavalerie« dit au dictateur des Carthaginois : Envoie-moi« à Rome avec la cavalerie, et dans cinq jours« (die quinti) ton soupèsera préparé au Capitole. »Prætextatus ajouta : — Les expressions dont sesert le préteur, et par lesquelles il promulgue dansle langage de nos ancêtres les fêtes appeléesCompitales, me paraissent venir en aide pourdémontrer quel fut l’usage des anciens sur laquestion dont il s’agit. Voici ces expressions : Leneuvième joua (die nonî) (des calendes de jan-vier), LE PEUPLE ROMAIN CÉLÉBRERA LES COMPt-TALES J LESQUELLES COMMENCÉES, TOUTES AF-FAIRES SERONT SUSPENDUES.

CHAPITRE V.

Des mots vieillis et inusités. Que l’expression : mille ver-borum , est latine et correcte.

Alors Aviénus s’adressant à Servius, lui dit :_

de transacto, non de futuro, positum. Nam Cn. Mattiushomo impense doctus, in mimiambis pro eo dicit, quodnudius quartus nos dicimus, in liis versibus :

Nuper die quarto, ut recordor, et certeAquarium urceum Unicom domi fregit.

Hoc igitur intererit, ut die quarto quidem de præteritoaicamus, die quarti. autem de futuro. Verum ne de diecrastini nihil retulisse videamur, suppetit Cæliauum il-lud ex libro historiarum secundo : « Si vis miiii equita-« tum dare, et ipse cum cetero exercitu me sequi, die« quinti Romæ in Capitolio curabo tibi coenam coctam. »Hic Symmachus, Cælius tuus, inquit, et historiam, etverbum ex Originibus M. Catonis accepit, apud qiiemita scriptum est : « Igitur dictalorem Cartbaginiensium« magister equitum monuit, Mille mecum Romam equi-« talum, die quinti in Capitolio tibi cœna’cocta erit. » EtPrætextatus : Æslimo nonnihil ad demonstrandam eon-suetudinem veterum, eliam prætoris verba conferre,quibus more majorum ferias concipere solet, quæ appel-lantur Compitalia. Ea verba hæc sunt : die. nom.popolo.

ROMAM). OUIUTIBUS. COMPITALIA. ERUNT. QÜANDO. COXCEPTA.FOVERINT. N.

CAPUT V.

De exaucloratis obsolellsque verbis : tum recte ac latinedici, mille verborum eut.

Tum Aviemis aspiciens Serviiun : Curius, inquit, et

Curius, Fabricius et Coruncanius, ces hommesdes temps reculés, ou même les trois Horaces,ces jumeaux plus anciens qu’eux tous, parlaientàleurs contemporains intelligiblement, clairement,et ils n’employaient point le langage des Arunces,des Sicaniens, ou des Pélasges, qu’on dit avoirles premiers habité l’Italie ; mais ils se servaientde la langue de leur siècle : tandis que toi, com-me si tu conversais avec la mère d’Évandre, tuveux nous rendre des termes déjà depuis plu-sieurs siècles tombés en désuétude. Tu entraînesmême à les recueillir des hommes distingués,qui ornent leur mémoire par l’habitude continuede la lecture. Si c’est pour ses vertus, son aus-térité, sa simplicité, que vous vous vantez d’ai-merl’antiquité, vivonsselon les mœurs anciennes,mais parlons le langage de notre temps. Pourmoi, j’ai toujours dans l’esprit et dans la mé-moire ce que C. César, ce génie si supérieur etsi sage, a écrit dans son livre premier, De l’A-nalogie : « J’évite un terme extraordinaire ou« inusité, comme sur mer on évite un écueil. »Enfin, il est mille de ces expressions ( mille ver-borum est) qui, bien que fréquemment appuyéesde l’autorité de l’antiquité, ont été répudiées etproscrites par les âges suivants. Je pourrais enciter une foule, si la nuit qui s’approche ne nousavertissait qu’il faut nous retirer. — Arrêtez,je vous prie, répliqua aussitôt Prætextatus avecsa gravité ordinaire; ne blessons point audacieu-sement le respect dû à l’antiquité, mère des arts,pour laquelle, Aviénus, tu trahis toi-même tonamour, au moment où tu veux le dissimuler. Car

Fabricius, et Coruncanius antiquissimi viri*veJ etiam bisantiquiores Horatii illi trigemini, plane ac dilucide curasuis fabulati sunt : neque Auruncorum, aut Sicanorum,aut Pelasgorum, qui primi cobiisse in Italia dicuntur,sed a;tatis suæ verbis utebantur. Tu autem perinde quasicum maire Evandri loquare, vis nobis verba niullis jamseculis obliterata revocare : ad quorum congeriem præs-tantes quoque viros, quorum memoriam continuus le-gendi usus instruit, incitasti. Sed antiquitatem vobis pla-cere jaclatis, quod Uonesta, elsobria, et modesta sit.Vivamus ergo moribus præteritis, præsentibus verbisloquamur. Ego enim id, quod a C. Cæsare, exceltentisingenii ac prudentiæ viro, in primo de Analogia libroscriptum est, liabeo semper in memoria atque in peclore,ut tanquam scopulum, sic fugiam infrequens atque inso-lens verbum : mille denique verborum talium est, quæ.cum in ore priscæ auclorilatis crebro fuei'int, exauctoratatamen a sequenli ætate repudiataque sunt. Horum copiamproferre nunc possem, ni tempus noctis jam propinquan-tis necessaiiæ discessionis nos admoneret. Bona verba,quiESO. Prætextatus morali, ut assolet, gravitate sub-jecit, ne insolenter parentis artium antiquitalis reveren.tiam verberemus, cujus amorem tu quoque, dum dissi-mulas, magis prodis. Cum enim dicis, mille verborumest, quid aliud sermo tous, nisi ipsam redolet vetusta-tem? Nam licet M. Ciceroin oratione, quam pro Miloneconcepit, ita scriptum reliquerit : « Ante fiindum Clodii,l « quo in iundo propter insanas illas subslructiones facile