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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACROBE.

son que le jour des ides est appelé foi de Ju-piter; parce qu'en ce jour la lumière ne se trouvepoint éteinte par le coucher du soleil, la nuitétant éclairée comme le jour par la clarté de lalune; ce qui n’arrive que dans la pleine lune,c’est-à-dire ordinairement à moitié du mois. Onnomme foi de Jupiter, en se servant de l’ex-pression toscane, le jour dont la nuit n’a pointde ténèbres; et c’est pourquoi aussi l’antiquitéa consacré les ides de tous les mois comme fériésde Jupiter.

D’autres pensent que le mot idus est le mômeque vidus, lequel' vient de videre (voir), parcequ’en ce jour la lune se voit en son plein. Dansla suite, on retrancha du mot la lettre V; comme,par contraire, quand les Grecs disent ISstv (voir),nous disons, en ajoutant un V, videre. D’autresaiment mieux fuire venir le mot ides de l’expres-sion grecque slâoç (forme), parce qu’en ce jourla lune découvre sa forme tout entière. Il eu estqui pensent que les ides ont été ainsi appelées dduli,s, mot par lequel les Toscans désignent labrebis qu’ils font immoler à Jupiter par un 11a-mine, aux ides de chaque mois. Pour nous, l’éty-mologie qui nous paraît la plus exacte, c’est quenous appelons ides le jour qui partage le mois;car iduare, en langue étrusque, veut dire di-viser. Ainsi l’on dit vid.ua (veuve), pour valdeidua, c’est-à-dire valde divisa (fortement sépa-rée); ou bien l’on dit vidait, pour a viro divisa(séparée de son mari).

De même que les ides étaient consacrées à Ju-piter, ainsi nous savons, par bis témoignages deVarron et du livre Pontifical, que les kalendesétaient dédiées à Junon. C’est pourquoi les Lau-rentins, fidèles aux pratiques religieuses de leurspères, conservent à Junon le nom de Kalendaris,

dori'in diei et noctis continuât, illustrante luna : quodsentper in plenilmiio, id est, medio mense, fieri solet.Diem igitur, qui vel noclnrnis caret tenebris, Jovis fidu-ciant Tnsco umnine voraverunt : unde et omnes ldus Jo-vis lerias obscrvaodas sanxit antiquités. Alii putant, Itlns,quod ea die plena lima videatnr, a videndo vidus appcllu-tas>) inox lileram « detractani : sicut contra, quod Gra’citSetv diount, nos,» lilera addita, videre dicimus. Non-nullis placct, ldus dictas vncabulo græco, olov àtti «iü«ïSouç, quod co die plenam speciem luna demnnstret.Sunt, qui existinaent, ldus ab ove iduli dictas, quam bocnomme vocant Tusci, et omnibus Idibus Jovi immolaliira llainine. Nobis ilia ratio nominis vero propior existima-tur, ut ldus voeemus diein, qui dividit mensem. Iduarecnim ctruscu liugua dividere est. Inde vidiia,, quasivalde idua, id est, valde divisa : ant vidua , id est, avira divisa. Ut notent ldus omîtes Jovi, ita omîtes Kaloti-das Jnnoiti trilnitas, et Yarronis et ponlilicalis aflinnataurloritas : quod etiani Laurentes patriis religionibus ser-vant, qui et coguomen deæ ex cærimoniis addiderunt,Kalendarem Jtinonein vocantes. Sed et omnibus Kalendisa tueuse Martio ad Uecembrem Imic tie.i Kalendarutn dieBiipplicant. Romæ quoque Kalendis omnibus, prtelerquod

que ceux-ci lui donnèrent dans son culte. De plus,ils invoquent cette déesse le jour des calendes dechaque mois, depuis mars jusqu’à décembre. LesRomains font de même : outre le sacrifice offertà Junon dans la curie kntabra par le pontifemineur, la reine des sacrifices lui offre dans sademeure royale une truie ou une brebis. C’estde cette déesse que Janus, comme nous l’avonsdit, tire son nom de Junonius; parce que, tan-dis que toutes les entrées sont consacrées à cedieu, les jours des calendes de chaque mois pa-raissent devoir être attribués à Junon. En effet,puisque les anciens observaient de commencerleurs mois avec la nouvelle lune, et qu’ils croyaientque la lune était la môme que Junon, c’est à justetitre qu’ils auraient consacré les calendes à cettedéesse; ou bien, puisque lu lune si lionne l’air (aussiles Grecs l’appelèrent Artémis, c’est-à-dire quifend les airs), et que Junon préside à cet élément,c’est à bon droit qu’on lui aurait consacré les com-mencements des mois, c’est-à-dire les calendes.

Je ne dois pas passer sous silence que les ca-lendes , les noues et les ides étaient des jours re-ligieux relativement à la consommation du ma-riage, c’est-à-dire pendant lesquels on pensaitdevoir s’en abstenir; car ces jours, à l’exceptiondes nones, sont fériés. Or il est sacrilège de faireviolence à qui que ce soit les jours fériés; c’estpourquoi l’on évite, ces jours-là, de célébrer lesmariages, dans lesquels il est censé qu’on fait vio-lence aux vierges. Sur quoi Varron rapporte queVerrius Flaecus, très-versé dans le droit ponti-fical, avait coutume de dire que puisque lesjours de fériés il était permis de recreuser les an-ciens fossés, mais non d’en creuser de nouveaux,de même, l’on pouvait licitement, ces jours-là, cé-lébrer les mariages des veuves et non ceux des

pontilex rninor in curia Calabra rc.m divinam Jmimii lit-cit, etiam regina sacrorttm, porcain vel agitant in regiaJunoni immolai : a tpta etiam Janmn Jiiiioninm voralnmesse (liximns, tptot) illi Deo omnis ingressus, Imic Deæcnneti Kalcttdarum (lies vitlenlur atlscripti. Unm eniminitia mcnsinni majores nostri ali exortu lutin', servaveriiit,jure Jnnoiii addixerunt Kalentlas, binant ae. Jimonemeandem pntantes : vel tpiia luna por aerem méat, (muleet Gra'ci lunam âprspiv nnnctiparunl, id est, àepoTt5(jir|v,quod aéra secal) Jittio antem aeris arbitra est, iner/to initiamensiunt, id est, Kalendas, finie*. Deæ consecraverimt.Nec hoc prælertniserim, quod miptiis copnlandis Knlen-das, iVonaa, et Itlns religiosas, id est, devilandas censtte-nmt. Hi enim dies præter Nouas foriali sont. Periis ail-lent vint cuiqtiam lieri, piacnlare est. Meo tune vitanturmiptiæ , in quibiis vis lieri virginilms videlur. Sed Ver-t ititn Flaccum, jttris pontificii pttritissinmm, dicerc sol i-lunt refert Varro, quia feriis tergere veteres fossas lieeret,nH vas facere jus non esset : itleo naagis vidais, quant vir*ginibus, idoneas esse le»5ns ad nubembim. Subjiciet alitptis : Cite erg» Nonis, si lerialtis dies non esl,tttr célébrités nupliaruni? Ilujus tpioque. rei in apertocausa esl. Nam quia primas nupliarum dies verecumliæ