Buch 
Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
Entstehung
Seite
216
JPEG-Download
 

216

MACRORE.

pour cette cause que la carrière du soleil, ainsique l’affirment Possidonius et Cléanthe, ne s’é-carte pas de la zone dite torride ; parce que l’O-céan, qui embrasse, et divise la terre, coule danscette partie. Or il est certain, d'après le témoi-gnage de tous les physiciens, que la chaleurs’alimente de l’humidité. Quand Homère dit :

« Jupiter suivi de tous les autres dieux » (Oeoi),il désigne les astres, qui, avec ie soleil, sontportés, par le mouvement diurne du ciel, vers lelevant et vers le couchant, et, comme lui, s’ali-mentent de la même substance humide. Car parOeo'uç on entend les étoiles et les astres en géné-ral : ce mot est dérivé de Oè'eiv, qui est la mêmechose que Tps^siv (courir), parce que les astressont toujours en course; ou bien il est dérivé deÔEtopeTsOai (être contemplé). Quand le poète dit :AtoSexdTV, (douze), il entend parler, non du nom-bre des jours, mais de celui des heures, quiramènent les astres au-dessus de l’hémisphèresupérieur.

Les paroles suivantes du Timée de Platonnous conduisent à la même opinion touchant lesoleil : « Jupiter, le grand souverain des cieux,« s’avance le premier, conduisant un char ailé,« gouvernant et embellissant toutes choses. Le«cortège des dieux et des démons (génies),« rangés en onze groupes, le suit, Hestia seule« reste dans la demeure des dieux. » Par ces pa-roles, Platon établit que le soleil, sur un charailé qui désigne la vélocité de l’astre, est le sou-verain régulateur du ciel, sous le nom de Jupi-ter. En effet, comme, dans quelque signe qu’il setrouve, il éclipse tous les signes et tous les as-tres , ainsi que les dieux qui y président, on apensé qu’il marche au-devant de tous les dieux

Possidonius et Cleantlies affirmant, Solis meatus a plaga,quæ usta dicitur, non recedit, quia sub ipsa currit occa-nus, qui terrain et ambit, et dividit- Omnium autem pliy-sicorum assertione constat, calorem liumore nutriri. Namquod ait :

0EOÎ S’ âpa -â'/TE; STTGVTQ,

sidéra intelliguntur; quæ cum co ad occasus ortusquequotidiano impetu cœli feruntur, eodemquc aluntur liu-more. Ôeoùç enim dicunt sidéra et stellas, àrco roù Bésiv,id est, tçéxeiv , quod semper in cursu sint, r) i-o -où Oew-peïaOai. Addit poeta :

dioSExàtip 8s' toi aùOiç,

nondierum sed horarum siguificans numerum, quibusreferuntur ad hemisphæriisuperiorisexortum. Inlellectumnoslrum ducunt in eandem sentenliam eliam de TirnæoPlatonis bæc verba : 'O psèv 8r) [j.Éya ? -/lyspùv èv oùpavûZeù; , èXaùvwv imjviv fipga, 7tpt5to; TropeÛETai Siaxoapuùvnavra, xàm(ieXoùp.Evo;. rû Si SitErai (reparla ileûv xoi 8ai-jioviov xarà 8ü>8exa pipri xEXO<T(J.ripiv?], pivei 3à èarta èv 6 e5votxq) pôvr). His enim verbis magnum in cudo ducemSolemvult sub appellalione Jovis intelligi, alato curru velocita-tem sideris monstrans. Nam quia, in quocunque signo lue-rit, præstal omnia signa et sidéra, signorumque præstites

et les conduit, en ordonnant et embellissanttoutes choses. Et parce qu’en quelque signe qu’ilse trouve, il occupe le douzième rang à cause deleur disposition circulaire, les autres dieux, dis-tribués dans les diverses parties des autres signes,paraissent former son armée. Platon joint à l’é-nonciation de la dénomination des dieux, celledes démons; ou parce que les dieux sont ins-truits de l’avenir (àaïqfjLoveç) ou bien, comme l’a ditPossidonius dans l’ouvrage intitulé Des dieuxet des Héros , parce qu’ils ont été admis à luparticipation de la substance éthérée, ce qui fe-rait dériver leur dénomination, ou de SEopivo;,qui signifie la même chose que xa£op.evoç (en-flammé),ou de SatogEvoi;, qui signifie la mêmechoseque {jcEpi^opcevoq (divisé). Ce que Platon ajoute en-suite : « Qu’Hestia reste seule dans la demeuredes dieux, » signifie que la terre, que noussavons être cette Hestia, demeure seule immobiledans la maison des dieux, c’est-à-dire dans lemonde. Cela est conforme à ce que dit Euripide :

«O terre, notre mère, que les sages d’en-« très les mortels appellent Hestia, et qui es assise« dans l’éther! »

Nous apprenons aussi, dans les deux passagessuivants, ce qu’il faut penser du soleil et de Ju-piter. On lit dans le premier que :

« L’œil de Jupiter voit et pénètre toutes cho-a ses. »

Dans l’autre :

« Que le soleil voit et entend toutes choses. «

il résulte de ces deux passages, que le soleilet Jupiter sont tous deux une même puissance.Aussi les Assyriens rendent au soleil, dans laville d’Héiiopolis, un culte solennel, sous lenom de Jupiter, qu’ils nomment Dia Heliopoli-

Deos, videtur cunctos Deos ducatu præire, ordinando cnn-cta ornandoque; atque ideovelut cxercitum ejus ceterosDeos liaberi per XII signorum partes distribuais; quia ipseduodecimi signi, in quocunque signo fuerit, locum occu-pât. Nomen autem dæmonuni cum Deorum appellalioneconjungit, autquia Dii sunt Sarjpoveç, id est, scientes fii-luri; aut, ut Possidonius scribit in libiis, quibus tilulusestnEpl ÿpwwv xal 8aip.ôvwv, quia ex ætberea substanliaparta atque divisa qualitas illis est ; sive omè roù Beogèvou,id est, xaioptevou ; seu inb roù Saiapèvou, hoc est, (ispiÇo-gévou. Quod autem addit [ièvei 8’ èo-riaèv Oeiùv oîxcp (iôvq,siguilicat, quia bæc sola.quam terrant esse accepimus,manet immobilis intra domum Deorum, id est, intra mun-dum, ut ait Euripides :

Kai yaïa (J.vjxep. émiav Sé a ol aoçol

Bporôiv xaXoùaiv, ^[J.£vr,v èv alQèpi.

Ilinc quoque ostenditur. quid de Sole et Jove sil senlien-dum , cum alibi dicatur :

IlàvTa ÎSiiv dtoç àpÛaXpè; xal navra votera; ■et alibi :

’HèXioç 0’ 6; toxvt’ èipopâ;, xal tràvr’ èiraxoùeiç.

Unde utrumque constat una potestate censendum. Asoyrnquoque Solein sub nomine Jovis, quem Dia Heliopolitencognominunt, inaximis oerimoniis célébrant in ci vitale,