LES SATURNALES.
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tes. La statue de ce dieu fut tirée, sous le règnede Sénémure, qui est peut-être le même que Sé-népos, d’une ville d’Égypte nommée aussi Hé-liopolis. Elle y avait été primitivement apportéepar Opia, ambassadeur de Déléboris, roi desAssyriens, et par des prêtres Égyptiens, dont lechef se nommait Partémétis. Après avoir long-temps séjourné chez les Assyriens, elle fut denouveau transférée à Héliopolis. Je remets à unautre moment, parce que cela est étranger au su-jet actuel, de dire comment tout cela arriva;comment cette statue est venue de l’Égypte aulieu où elle est maintenant, et pourquoi elle yest honorée conformément aux rites du culte desAssyriens, plutôt que selon ceux des Égyptiens.Mais on reconnaît, aux cérémonies de son culteet à ses attributs, que ce dieu est le même queJupiter et le soleil. En effet, sa statüe est d’or, sansbarbe, la main droite levée et tenant un fouet,dans l’attitude du conducteur d’un char; samain gauche tient la foudre et des épis : touteschoses qui figurent la puissance réunie du soleilet de Jupiter. Le temple du dieu est principa-lement consacré à la divination, objet quirentre dans les attributions du pouvoir d’A-pollon, qui est le même que le soleil. Le simu-lacre du dieu d’Héliopolis est promené sur unbrancard , de la même manière qu’on promèneceux des autres dieux, dans la pompe des jeuxdu cirque. Les personnes les plus distinguéesde la province, la tête rasée, et purifiées parune longue continence, le portent sur leursépaules. Agitées par l’esprit divin, elles ne trans-portent point le simulacre au gré de leur pro-pre pensée, mais là où elles sont poussées par ledieu : comme nous voyons à Antium les sta- 1
tues de la Fortune se mouvoir pour donner leursréponses. Les absents consultent aussi le dieupar des écrits cachetés, auxquels il répond ensuivant l’ordre des demandes qui y sont consi-gnées. Ainsi l’empereur Trajan, près de passer,avec une armée, de l’Assyrie dans la Parthie ,engagé par des amis d’une ferme religion, quiavaient grandement expérimenté la puissanoedu dieu, à le consulter sur le sort futur de sonentreprise, voulut auparavant, de l’avis de sonconseil romain, mettre à l’épreuve l’authenticitéde ce culte, de peur qu’il ne couvrît quelquefraude de la part des hommes. C’est pourquoi ilenvoya d’abord des lettres cachetées, auxquellesil demandait qu’il fût répondu. Le dieu or-donna qu’on apportât un papier, qu'on lescellât en blanc et qu’on l’envoyât en cet état,au grand étonnement des prêtres, qui ignoraientle contenu des lettres de l’empereur. Trajan reçutcette réponse avec une grande admiration,car il avait lui-même envoyé au dieu des tablet-tes en blanc. Alors il écrivit et scella d’autres let-tres , dans lesquelles il demanda s’il était des-tiné à retourner à Rome après la fin de la guerre.Le dieu ordonna qu’on prît, parmi les objetsconsacrés dans le temple, un sarment de centu-rion, et qu’après l’avoir divisé en plusieurs mor-ceaux, on l’enveloppât dans un suaire, etqu’on l’envoyât à l’empereur. Le sens de cetteallégorie fut expliqué par la mort de Trajanet la translation à Rome de ses os. Les sar-ments divisés en morceaux désignaient l’état dosrestes de Trajan ; et la vigne, l’époque de l’évé-nement.
Maintenant, sans parcourir les noms de tousles dieux, je vais dire quelle était l’opinion des
quælleliopolis nmicupaltir. EjusDei siniulacrum sumtiimest de oppido Ægypti, quod et ipsum Ileliopulis appella-tur, régnante apud Ægyplios Seneinure, sen idem Sene-po8 nomine fuit : perlatumquc est primum in eam perOpiam legalum Deleboris régis Assyriorum, sacerdotesqueægyptios, quorum princeps luit Partemetis; diuque liabi-tum apud Assyrios, postea Heliopolim connnigruvit. Curita factum, quaque ralione Ægyplo profeclum, in liæcIota, ubi nunc est, postea venerit, rituque assyriomagis,quam ægyptio colatur, dicere superseili, quia ad præsen-tem non attinet causam. nunc vero eundem Jovem Solem-qtie esse, eum ex ipso sacrorum ritu, tum ex liabilu di-noscitur.’simulacrum enim aureum specie imberbi instat,dextra elevata cum flagro in aurigæ modum ; læva tenctfulmen et spicas : quæ cuncta Jovis Solisque consociatampotentiam monslrant. Hujus tcinpli religio etiam divina-lione præpollet, quæ ad Apollinis potestalem refertur,qui idem atque Sol est. Vehilur enim simulacrum Dei 11e-liopolitani ferculo, uti vehuntur in pompa ludoruin Cir-censium Deornm simulacra : et subeunt plerumque pro-vincial proceres, raso capile, longi temporis caslimoniapuri ; ferunturque divino spiritu, non suo arbitrio, sedquo Dois propellit velientes : ut videmus apud Antium
promoveri simulacra Fortunarum ad danda responsa. Con-sulunt lmnc Deum et absentes, missis diplomatibus con-signatis : rescribitque ordine ad ea, quæ consultationeaddita contineutur. Sic et imperator Trajanus, initurusex ea provincia Partbiam cumexcrcitu, constanlissimæreligionis hortanlibus amicis, qui maxima bujusce numi-nis ceperant expérimenta, ut de eventu consuleret reicœptæ, egit romano consilio, prius explorando lîdem re-ligionis, ne forte fraus subesset humana: et primum misitsignatos codicillos, ad quos sibi rescribi vellet. Deus jnssitafferri chartam, eamque signari puram, et mitti, stupen-tibus sacerdotibus ad ejusmodi factum : ignorabantquippeconditionem codicillorum. Ilos cum maxima admirationeTrajanus excepit, quod ipse quoque pnris tahulis cum Deoegisset. Tune aliis codicillis conscriptis signatisque consu-luit, an Romain perpelrato bello rediturus esset. Vitemcenturialem Deus ex muneribus in æde dedicatis deferrijnssit, divisamque in parles sudario condi, ac proindeTerri. Exitus rei obitu Trajani apparuit, ossibus Romanirelatis. Nam fragmentis specics reliquiarum, vitis argu-mentocasus futuri tempus ostensum est. Et, ne sermoper singulorum nomina Deorum vagetur, accipe, quidAssyrii de solia potentiaopinentur. Deo enim, quem sum-