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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACROBE.

•cience, et lui ont tracé comme une enceinte con-sacrée, que nul ne peut avoir l’audace de franchir,sans être accusé d’avoir porté des regards dansl’intérieur du temple de la déesse dont les mâlessont repoussés. Pour nous, à qui cette sagessegrossière ne saurait convenir, nous ne souffrironspas que les mystères du poëme sacré restent voilés;mais, par l’investigation du sens qui s’y trouvecaché, nous offrirons au culte des savants laconnaissance de choses qui n’avaient pas encoreété pénétrées. Et afin qu’on ne croie pas que jeveuille moi seul tout embrasser, je ne m’engagequ’à démontrer, dans l’ouvrage de Virgile, lesplus fortes conceptions et les plus puissants arti-fices de la rhétorique. Mais je n’enlève point àEusèbe, le plus éloquent de nos orateurs, le soinde le considérer sous le rapport de fartoratoire.ils’en acquittera mieux que moi par son savoir,et par l’habitude qu’il a d’enseigner. Vous tousenfin qui êtes ici présent, je vous conjure ins-tamment de mettre en commun, chacun poursa part, vos observations particulières sur le gé-nie de Virgile.

Ces paroles causèrent un vif plaisir à tous lesassistants. Chacun eût désiré entendre parler lesautres, sans qu’aucun voulût se charger de pren-dre la parole. Après s’être engagés d’abord mu-tuellement à parler, on tomba d’accord avecfacilité et de bonne grâce. Tout le monde ayantd’abord jeté les yeux sur Prætextatus, on le priade donner le premier son opinion ; après quoichacun parlerait à son tour, dans l’ordre où lehasard les avait fait trouver assis.

Prætextatus dit aussitôt : Parmi tant dechoses dans lesquelles brille le mérite de Vir-gile, dont je suis le lecteur assidu, ce que j’yadmire le plus, c’est qu’en plusieurs partiesde son ouvrage il a aussi savamment observéles règles du droit pontifical que s’il l’eût pro-

Sed nos, quos crassa Minerva dedecet, non paliamur abs-trusa esse adyta sacri poemalis; sed arcanorum sensuiiniinvestigato aditu, doctorum cul Lu celehranda præbeamusreclusa penetralia. Et ne videar velle omnia unus amplecli,spondeo violentissima inventa, vel sensa rhetoricæ in Yer-giliano me opéré demonstraturum. Ensebio autem, ora-torum eloquentissimo, non præripio de oratoria apnd Ma-ronemarte tractatum; quom et doctrina, et docendi usu,melius exsequetur. Reliquos omnes, qui adestis, impenseprecatus sim, ut quid vestrum quisque præcipuum sibi"annotaverit (le Maronis ingenio, velut ex symbolo confe-ramus. Mirum in modum alacrilatem omnibus, qui ade-rant, hæc verba pepererunt. Et assurgens quisque in desi-derium alios audiendi, non vidit et sein idem munus vo-candum. Itaque hortatu mutuo concitati, in assensutn fa-cile ac libenter animati sunt : intuentesque omnes Prætex-tatum orabant, ut judicium suum primus aperiret, ceterisper ordinem, quem casus sedendi fecerat, seculuris. EtVettius : Equidem inter omnia, quibns eminct laus Maro-nis, hoc assidues lector admiror, quia doctissime jus pon-

fessé spécialement. Si la conversation permet detraiter une matière si importante, je m’engageà démontrer que Virgile est le plus grand detous nos pontifes.

Flavien dit à son tour : Je trouve notre poètesi profondément versé dans la science du droitaugurai, que, quand même il manquerait desavoir en d’autres sciences , celle-là seule suf-firait pour le placer à un rang élevé.

Quant à moi, dit Eusthate, je vanterais princi-palement avec quelle adresse et quel art il a suprofiter des ouvrages des Grecs, tantôt en dissi-mulant avec habileté, tantôt par une imitationavouée, si je n’admirais encore davantage saphilosophie en général, et en particulier les con-naissances astronomiques qu’il a semées dans sonouvrage, avec une sobriété qui n’encourt jamaisle blâme.

Furius Albin, placé à l’autre côté de Præ-textatus, et auprès de luiCécina Albin, louèrenttous deux, dans Virgile, le goût de l’antiquité,l’un dans la versification, l’autre dans lesexpres-sions.

Pour moi, dit Aviénus, je ne me chargerai dedémontrer en particulier aucune des qualitésde Virgile; mais en vous entendant parler, soitque je trouve quelque chose à observer dansce que vous direz, soit que j’aie déjà fait monobservation en lisant, je vous la produirai dansl’occasion ; pourvu que vous n’oubliiez pas d’exi-ger de notre ami Servius qu’il nous explique,lui qui est le premier des grammairiens, tout cequi paraîtra obscur.

Après ces discours, qui obtinrent l’adhésionuniverselle,Prætextatus, voyant tous les yeuxfixés sur lui, dit : — La philosophie, quiestle donunique des dieux et l’art des arts, doit obtenirl’honneur de la première dissertation. C’estpourquoi Eusthate se souviendra qu’il est le pre-

tiiicium, tanqiiam hoc professas, ia inulta et varia operissui arle servavit. Et, si tantæ dissertationis serino non ces-sent, promitto fore ut Vergilius noster pontifex maxi-mes asseralur. Posl bunc Flaviamis : Apud poclam nos-trum, inquit, tantam scientiam juris aaguralis invenio,ut, si aliarum disciplinarum doctrina destituerelur, hæcilium vel sola professio sublimaret. Eustathius deinde :Maxime, inquit, prædicarem, quanta de Græcis cautus,et tanquam aliud agens, modo arlificii dissimulalione,modo professa imitatione transtuleril; ni me major admi-ratio de astrologie totaque philosophai teueret, quam par-cus et sobrius operi suo nusquam reprehendendus asper-sit. Furius Albinus alterum fovens Prætextati latus, jux*taque eum Cæcina Albinus, ambo veluslalis affectationemin Vergilio praedicabant, alter in versibus, alter in verbis.Avienus : Non assumant mihi, ait, ut unam aliquam deVergilianis virlutibus audeam prædicarc; sed, audiendo,quæcunque dicctis, si quid vel de bis mihi videbitur, veljamdudum legenti annotandum visum est, opportimiusptoferam : modo inemineritis a Servio nostroexigendmn,