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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES, LIV. IL

par un bon mot placé à propos. Ce mot ne setrouve point dans l’oraison de Cicéron : il m’estconnu par un ouvrage de Fusius Bibaculus, oùil est célébré entre tous les autres bons mots(i dicteria ) de Cicéron. Je n’ai point employél’expression dicteria par hasard,je l’ai bien pro-férée à dessein : car c’était là le nom que nosancêtres donnaient à ce genre de plaisanterie :témoin ce même Cicéron qui, dans le second li-vre de ses lettres à Cornélius Népos, s’exprimede la manière suivante : « Ainsi, quoique tout« ce que nous disons soit des mots (dicta), nos« ancêtres ont néanmoins voulu consacrer spé-« cialcment l’expression dicieria aux mots« courts, facétieux et piquants. » Ainsi parle Ci-céron; Nonius et Pomponius appellent souventaussi les plaisanteries du nom de dicieria. MarcusCaton le Censeur était lui-même dans l’habi-tude de plaisanter subtilement. L’autorité de ceshommes, quand même nous dirions des plaisan-teries de notre propre fonds, nous mettrait àl'abri de tout reproche ; mais lorsque nous nefaisons que rapporter les bons mots des anciens,la gravité de leurs auteurs nous sert encore dedéfense. Si donc vous approuvez mon idée, met-tez-la à exécution : que chacun de nous recherchedans sa mémoire, pour les rapporter à son tour,les bons mots qui lui viendront dans la pensée. —Le caractère modéré de cet amusement le fit ap-prouver de tout le monde, et l’on invita Prætexta-tus à commencer de l'autoriser par son exemple.

CHAPITRE H.

Plaisanteries et bons mots de divers personnages.

Alors Prætextatus commença en ces termes :

lens feci. Jocos enim boc genus veteres nostri dicteria di-ccbant. Testis idem Ciccro, qui in libro episfolarum adCornelium Nepotein secundo sic ait : « Itaque nostri, cum«omnia, quæ dixissemus, dicta essent, quæ facete etn breviter et acute loculi essemus, ea pioprio nomine ap-« pellari dicteria voluerunt. » li.vc Cicero. Nonius veroPomponiusque jocos non raro dicteria nominant. Marcuseliam Cato ille Censorius argule jocaii solitus est. Ho-ruiu nos ab inridia immiret auctoritas, etiamsi «ostriscavillaremur. At cum veteribus dicta referamus, ipsaulique auctorum dignitale defendimur. Si ergo probatisinventum , agite, quod cuique de diclis talibus in men-tem veniet, vicissim memoriam nostram excilando, refe-ramus. Placuit univers» lælitia- excogilata sobrietas : et,ut Prætextatus incipiendo auctoritatem de exemplo præ-beret, bortati siint.

caput II.

De diversorum jocis atque dicleriis.

Tum ille : Uictiun volo hostis referre, sed vicli, et cu-jus memuria instaurât Romanorum triumplios. HaimibalCarlbaginiensis, apud regem Antioclium profugus, face-

— Je veux vous rapporter le mot d’un ennemi,mais d’un ennemi vaincu, et dont le nom rappelleles triomphes des Romains. Le Carthaginois Anni-bal, réfugié auprès du roi Antiochus, dit une plai-santerie remplie de finesse ; la voici : Antiochuslui montrait, rangées en bataille, des troupesnombreuses qu’il avait rassemblées pour faire laguerre au peuple romain; il faisait manœuvrer cettearmée, dont les étendards brillaient d'or et d’ar-gent ; il faisait défiler devant lui les chariots armésde faux, les éléphants chargés de tours, la cava-lerie , dont les harnais, les mors, les colliers, lescaparaçons, brillaient du plus grand éclat. Enfléd’orgueil à la vue d’une armée si nombreuse etsi magnifique, le roi se tourne vers Annibal, etlui dit : « Pensez-vous que tout cela soit assez« pour les Romains? » Alors le Carthaginois, rail-lant la mollesse et la lâcheté de ces soldats si ri-chement armés, répondit : « Oui, je crois que« tout cela c’est assez pour les Romains, quelque« avares qu’ils soient. » Certainement on ne peutrien dire de plus spirituel et en même temps deplus mordant. Le roi, dans son interrogation,parlait du grand nombre de ses soldats et de leursprécieux équipements : la réponse d’Annibalfaisait allusion au butin qu’ils allaient fournir.

Flaviendit après Prætextatus : — Un sacrificeétait usité chez les anciens, appelé proptervia :c’était l’usage, s’il restait quelque chose des vian-des qui y avaient été offertes, de le consumer parle feu. De là le mot suivant de Caton. II disaitd’un certain Q. Albidius qui, après avoir mangéson bien, perdit dans un incendie une maisonqui lui restait, qu’il avait fait un proptervia,puisqu’il avait brûlé ce qu’il n’avait pu manger.

Symmaque ; — Servilia, mère de M. Brutus

tissimecavillatus est-Eacavillatio lmjuscemodi fuit. Os-tendebat Antiochus in campo copias ingéniés, quas beliunipopulo Romano facturus comparaverat : convertebalqueexercilum insignibus argenteis et aureis florentem. Indu-cebat eliam currus cum falcibus, et clepliantos cum lur-ribus, equitatumque frenis et ephippiis, mouilibus acpbaleris præfuigenlem. Atque ibi rex contemplatioue failliet tam oruati exercitus gloriabundus Hannibalem aspicil :et, I’utasne, inquit,satis esse Romanis bæc omnia?TunePœnuseludens ignaviam imbelliamque militi.ni ejus pre-liose armalorum, Plane, inquit,satis esse credo Romanisbæc, etsi avarissimi sunt. Niliil prorsus neque tam lepide,neque tam acerbe dici potest. Rex de numéro exercitussui, ac de æslimanda æquiparationequæsiverat : res pon-dit Hanuibalde præda.

Flavianus subjecit : Sacrificium apud veteres fuit, quodvoeabatur propterviam. In eo mos erat, ut, si quid exepulis super fuisset, igné consumeretur. Hinc Catonis jo-cus est. Nam Q. Albidium quendam, qui sua bona comc-disset, et novissime domum, quæ ei reliqua erat, incen-dio perdidisset, propterviam iecisse dicebat quod co-messe non poluerit, idcombussisse.

Svmmacbus deindc : Mater M. Bruti Servilia, cum pr■■■•tiosum ave parvo fnndum abstulisset a Cæsare, subji