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LES SATURNALES, L1V. IL
Le môme Cicéron railla publiquement, dansune autre occasion, la facilité de César pour lanomination des sénateurs. L. Mallius, hôte dudictateur, le sollicitantde nommer dccurion lelilsde sa femme, Cicéron dit, en présence d’un grandnombre de personnes : « 11 le sera a Rome, si tu« veux ; mais c’est difficile à Pompéium. » Sa caus-ticité ne s’arrêta pas là. Un Laodicéen nomméAndron étant venu le saluer, il lui demanda lacause de sa venue, et apprit de lui qu’il était dé-puté vers César pour solliciter la liberté de sa pa-trie; ce qui lui donna occasion de s’expliquer ainsisur la servitude publique: « Si vous obtenez,
« négociez aussi pour nous. »
Il avait aussi un genre de causticité sérieuseet qui passait la plaisanterie, comme par exem-ple lorsqu’il écrivait à C. Cassius, un des meur-triers de César : « J’aurais désiré que vous m’eus-« siez invité au souper des ides de mars : certaine-« ment il n’y aurait point eu de restes; tandis« que maintenant vos restes me donnent de« l’exercice. »ll a fait encore une plaisanterie très-piquante sur son gendre Pison et sur M. Lépidus.
Symmaque parlait, et paraissait avoir encoreplusieurs choses à dire, lorsqu’Aviénus lui cou-pant la parole, comme cela arri ve quelquefois dansles conversations de table, dit : —César Augustene fut inférieur à personne dans le genre de laplaisanterie satirique, pas môme peut-être àTullius; et, si vous l’agréez, je vous rapporteraiquelques traits de lui que ma mémoire me four-nira. Horus lui répliqua : — Permettez, Aviénus,que Symmaque nous apprenne les bons mots deCicéron sur ceux dont il avait déjà prononcé lenom ; et après cela succédera plus à propos ce que
irrisit palam. Nam, cum al) liospile suo P. Mallio rogarc-tur, nt decuriuiiatum privigno ejus expediret, assistantefrcquenlia dixit : « Komœ si vis, hubcbit : Pompais ilifli-« cile est. »
Nec intra liœc ejus monlacitas stetit. Quippe ab Andrnncquoilam Laodiccuo salntatiis, cmn causam advenlus rc-quisisset, comperisselquo, (nam ille, so legalum de liber-talc patria* ad Cæsarein venisse, respondit) ita expressitpiiblioam servitutem : ’iîav È7tiTÛ-/_r|', xal Ttepl Vigiôv npéa-Êeuoov.
Vigcbal in eo excedens jocos et séria mordacitas, lithoc est ex epistola ad C. Cassimn dictatoris violalorem :« Vellem Idibus Marliis me ad cœnam invitasses; profe-u cto reliquiarum niliil fuisset : mine me reliquiæ vesliæ« exercent. » Idem Cicero de Pisone gonero et M. Lepidolepidissime cavillalns est. ... , ,
Dicenle adbuc Symmadio, et, ut videbatnr, plura die-luro,' intercedens. Avienus, utlieriin scrmonibus convi-valibus solet, Nec Augustus, impôt, Cæsar in hujusmodidicacitate quoipiain minor, et lortasso nec l'ullio : et, sivolcntibiis vobis crit, aliqua ejus, quai memoria sugges-serit, relaturus siini. Kl Horus : Permilte, Aviene, Sym-maclius cxplieet de liis, quos jam nominaverat, dicta Ci-cermiis : et opportunius qutc de Auguste vis referre,succèdent, ltelicenle Avieno,Syiiiniaclius : Cicero,inqnam,cum Piso gener cjusmollius incederet , lilia aulom concita-
vous voulez nous raconter d’Auguste. Aviénus setaisant, Symmaque reprit : — Je disais que Ci-céron voyant la démarche abandonnée de songendre Pison et la démarche alerte de sa fille, ditau premier : « Marche comme une femme ; » et al’autre. « Marche comme un homme. » J’allais ra-conter encore que M. Lépidus ayant dit dans lesénat, aux pères conscrits : « Je n’aurais point« donné tant d’importance à un pareil fait «(fecis-sem, factum) , Cicéron répliqua : « Et moi je n’au-« rais point donné tant d’importance à un omoïop-« tote » (un jeu de mots.) Mais poursuis, Avié-nus, et que je ne t’empêche pas plus longtempsde parler.
CHAPITRE IV.
Des plaisanteries d’Auguste à l’égard d’autres personnes,et de celles d’autres personnes à son égard.
Aviénus commença ainsi : — César Auguste,disais-je, aima beaucoup les plaisanteries, en res-pectant toujours néanmoins les bornes posées parl’honnêteté et par les convenances de son rang,et sans tomber jamais dans la bouffonnerie. Ilavait écrit une tragédie d’Ajax ; n’en étant plussntisfait, il l’effaça. Dans la suite, Lucius, auteurtragique estimable, lui demandaiteeque devenait:son Ajax ; il lui répondit : « Il est tombé sur l’é-« ponge. »
Quelqu’un qui lui présentait un placet entremblant avançait à la fois et retirait la main :« Crois-tu, dit-il, présenter un as à un éléphant? »
Pacuvius Taurus lui demandait un congiaire,disant qu’on racontait dans le public qu’il lui avaitdonné une somme considérable. « Quant à toi,« n’en crois rien, » lui répliqua-t-il.
tins, ait geiiero : » Ambula tanqiiam remina; >> ait filin; :« Ambula tanqnam vir. » lit cmn M. Lépidus in senalu di-xisset Patribus conscriptis : « Kg» non tanli fecissem si-« mile factum; « Tullius ait : « Kgo non tanti fecissem« 6p.0167m.nov. » Sed perge, Aviene ; ne ultra te dicturien-tem retardem.
CA PUT IV.
Dejocis Augusti tn alios, etaliorum ntrsus in ipsum.
Et ille : Augustus, inqnanc, Cæsar alïoctaviljocos, salvotamen majeslatis pudorisque respecta; nec nt cadcrct inscurrain. Ajacem tragnidiam scripserat, candcmqne, quoi!sibi displicuisset, delevcrat. Postea Lucius gravis tragm-diarum scriptor inlerrogabaleum, quid ageret Ajax suus.lit ille, « in sponginm, » inquit, «meubuit. »
Idem Augustus, cum ci quidam libellum trepidus ofler-ret, et modo profond maniim, modo retralicrel, » Pulas, »inquit, « te assom eleplianto dareP »
Idem cum ab eo Pacuvius Taurus cnngiarium petere!,direretque, jam hoc homines vulgoloqui, non parvamsibi al) illo pecuniam datam : « Sed tu, » inquit, « noli« crcdcre. «
là.