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LES SATUIliN
Il avait à sa plaindre des oublis de son nomen-clateur : « Est-ce au forum que tu m’envoies? » luidisait un jour celui-ci? — Oui, répondit-il; et«voilà des lettres de recommandation, car tu n’y« connais personne. »
Jeune encore, il persifla finement Vatinius.Cet homme, cassé par la goutte, voulait cependantavoir l’air d’être délivré de cette infirmité, et sevantait de faire mille pas. « Je n’en suis point«surpris, repartit Auguste, caries jours sont« devenus un peu plus longs. «
Ayant appris qu’un chevalier romain avaittenu cachées, durant sa vie, de grandes dettesexcédant vingt millions de sesterces, il ordonnaqu’on achetât à son encan le coussin de son lit,donnant pour raison de cet ordre, à ceux qui s’enétonnaient, qu'il fallait avoir pour son sommeilun coussin sur lequel cet homme avait pu dor-mir avec tant de dettes.
Il ne faut point passer sous silence ce qu’il diten l’honneur de Caton. Il eut un jour occasion devenir dans la maison qu’il avait habitée; nu sor-tir de là, comme Strahon, pour le flatter, parlaitmal de l’opiniâtre fermeté. de Catftn, Augustedit : « Quiconque veut empêcher le changement« du gouvernement actuel desa patrie est un hon-« nête homme et un bon citoyen. «Donnant ainsi àCaton de sincères louanges, sans néanmoins en-courager contre son intérêt à changer l’état pré-sent des choses.
Toutefois j’admire davantage en Auguste lesplaisanteries qu’il a supportées que celles qu’il adites, parce qu’il y a plus de mérite d’avoir de latolérance que d’avoir de l’esprit; vu surtout l’é-galité d’âme avec laquelle il a supporté les traitsles plus mordants. On commit la cruelle plaisan-terie d’un habitant des provinces. Cet homme,qui ressemblait beaucoup à Auguste, était venu
sas ille podagra, volchnt tnmen vidori discussisse jamviliuni, et mille passas amhulare se gloriabatur. OuiCiesar, « Non miior, « impiit : « dies aliquanto sont ion-« giorcs. »
Jielata ad se magnitiidine iwis alieni, quam quidameques Itomamis dmn vixit exeedentem ducenlies relave-rai calcilam cmi cuhirubirctn in ejus auctione sil;i jussit.Kt piweeptuin mirantilnis, liane ralionem rrddidit : « lla-« lienda est ad soinnnm cnlcila, in qua ille, cuin tantum« deberct, dormirc potuit. «
Non est inlermittendus scrmo ejus, quem Catonis lio-nori (ledit. Venit forte in domum, in qua Cato liabilaverat.l)ein strabone in adulationem Cæsaris male existimantede pervieacia Catonis, ait : « Quisquis piaesentcm statum« e.ivitalis eomuiulari non volet, et civis et vir bonus« est. « salis serin et Catonem lamlnvit, et sihi, ne quisal'tèctaret rcs novare, consuluit.
Soleo in Augnsto magis mirari qnos perlulit jocos, quamipsequas prolulit, quia major est paliculias, quam façon-diæ buis; maxime, outil anjuaniniiter aliqua etiam jocismordaciora pertuleril. Cujusdani provincialis jocus asperinnoluit. inlraverat ltoniain siinillinuis Cresari, et in se
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à Rome et attirait sur lui tous les regards. L’em-pereur se le fitamener, et lui,adressa, en levoyant,ia question suivante : « Dis-moi, jeune homme,« ta mère est-elle jamais venue à Rome? — Non,« lui répondit-il ; mais, ajouta-t-il, mon père y est« venu souvent. «
Du temps du triumvirat, Auguste écrivit con-tre Pollion des vers fescennins; ce qui fit dire àcelui-ci : « Pour moi,je me tais; car il n’est pas« facile d’écrire contre celui qui peut proscrire. «
Curtius, chevalier romain, homme accoutu-mé à nager dans les plaisirs, ayant rencontré,dans un repas qu’il prenait chez Auguste, unegrive maigre, lui demanda s’il pouvait la ren-voyer ( mittere ), Le princeayant répondu : « Pour-« quoi pas? « Curtius la lit aussitôt passer par lafenêtre ( misit).
Auguste avait payé, sans en être sollicité, lesdettes d’un sénateur qu’il chérissait, montant àquatre millions de sesterces : celui-ci, pour toutremerciement, ne lui écrivit que ces mots : « Tu« ne m’as rien donné pour moi. «
Lorsqu’il entreprenait quelque bâtiment, Lici-nius, son affranchi, était dans l’usage de luiapporter de grandes sommes d’argent; dans unede ces occasions, Licinius lui lit un billet d’unesomme de cent. Une ligne était tracée au-dessusdes caractères qui exprimaient cette somme, ets’étendait un peu nu delà, laissant ainsi un espacevide au-dessous d’elle. Auguste, profitant de l’oc-casion , ajouta une centaine à la première, et rem-plit soigneusement l’espace vide de sa propremain, en imitant le reste de l’écriture : l'affran-chi dissimula, et paya la somme ainsi doublée.Dans la suite, Auguste ayant commencé quelqueautre entreprise, Licinius lui fit sentir avec dou-ceur le tort de cette conduite, en lui donnant unautre billet conçu en ces termes : « Je t’offre, sei-
numium ora converlerat. Augustes perduci ad se bominemjussit; visunique luic modo iulcrrogavil : « Uic mihi, ado-« lescens, fuit aliquando mater tua Uomæ? » negavit ille :nec contentas adjecit, « Sed pater meus sæpe. «
Tempoi ibus triumviralibus Pollio, cum Fescenninos inenm Augustus scripsisset, ail : « At ego tacco. Non esta unim facile in cum scribere, qui polcst proscribere. »
Curtius eques ltomauus deliciis dil'lluens, cum macrumtardant sumsisset in convivio Cæsaris, interrogavit, anmittere liccrel. Respowlcral princcps, « Qnidni liceal? »ille per f'enestram statim misit.
Æs aliénant Augustus r.ujnsdam senatoris cari sihi nonrogatus exsoiverat, namerafn quadragies. At ille progratiarnm ae.tione bon solum ei seripsit : « Mihi nihil.»
Solebat Licinius lihertas ejus inclioanti opéra palronomagnaspecunias conferre : queni nmrera secutns, eentompromisit per libellant, in qno virgulæ siipei'duct* parsultra pecuniæ defectioneni protendebalur, vacante infraloco. Caesar occasione nsus, priori alterum ccnties suaniaiiu junxit, spalio diligenter expleto, et alTeclata literiesimilitudine : geminalamqne, accepit summam, dissimu-lante liberto. Qui postca cœpto alio opère, leniter factum