Buch 
Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
Entstehung
Seite
237
JPEG-Download
 

LES SATURNALES. L1V. II. 237

noms de dxpavEti; ou d’àxoAaavoç, et nous les appe-lons incontinents ou intempérants. Ces deuxplaisirs du goût et du tact, c’est-à-dire du mangeret du coït, sont les seuls que l’homme ait decommun avec les bêtes ; et c’est pourquoi l’on dit([lie celui qui est dominé par ces voluptés bru-tales se ravale au rang des animaux sans raison :les plaisirs qui nous viennent par les trois autressens ne sont propres qu’à l’homme. Je vais rap-porter un passage d'Aristote sur ce sujet, afinqu’on sache ce que pensait eet homme illustretouchant ces infâmes voluptés.

« Pourquoi appelons-nous incontinentset ceux« qui s’abandonnent aux plaisirs du tact, et ceux« qui s’abandonnent aux plaisirs du goût? car« nous donnons également cette qualification et» à ceux qui abusent des laveurs de Vénus, et à« ceux qui se complaisent dans kl recherche des« mets. Or il y a différentes sortes de mets : les«uns qui affectent agréablement la langue, et« d’autres le gosier; ce qui faisait souhaiter à« Philoxène que les dieux immortels lui aceor-« dassent un cou de grue. Mais nous 11 e donnons« point cette qualification d’incontinents à ceux« qui excèdent les bornes de la modération dans« les jouissances de la vue et de l’ouïe. Serait-ce« parce (|ue nous partageons avec les autres êtres« animés les voluptés que procurent les deux« premiers sens, que nous les méprisons comme« abjectes, et que nous les avons notées d’infamie« entre toutes les autres? Serait-ce pour cela que« nous blâmons l’homme qui y est adonné, et« que nous l’appelons incontinent et intempé-1 rant, parce qu’il se laisse subjuguer et conduire« par la plus basse espèce de plaisirs? Car sur les

« cinq sens, les deux dont je viens de parler sont« les seuls par lesquels les animaux goûtent des« plaisirs ; les autres ne leur en procurent point,n ou du moins ce n’est qu’accidentellement »Quel est donc celui, pour si peu qu’il ait depudeur, qui pourra se complaire dans les plaisirsde la bouche et du coït, que l’homme partage avecl’âne et le pourceau? Socrate disait que beau-coup de gens ne désiraient de vivre que pourmanger et boire; mais que lui, il ne mangeaitet buvait que pour vivre. Hippocrate , cet hommed’un savoir divin, pensait que l’action véné-rienne était une sorte de maladie affreuse quenous appelons comitiale; voici ses paroles :« Le coït est une petite épilepsie. »

CHAPITRE IX.

bu luxe et de l'intempérance <le Q. Ilorlensius, <le FabiusGurgès, de Métcllus Ijius, et de Métellus le souverainpontife. Un pore troicn, et de la manière d’engraisserles lièvres et les limaçons.

Voici les expressions de M. Varron. Dans le li-vre troisième de son traitéDe l’agriculture, en par-lant des paons qu’on nourrit dans les maisons decampagne, il dit : « Q. Ilortensius fut le premier« qui en servitdans un repas augurai ; ce qui fut« jugé, par des gens sages, un acte de luxe et non« un trait de religion. Cet exemple, qui fut bien-ci tût suivi par plusieurs personnes, fit monter le« prix de ces oiseaux à un tel point, qu’on les ven-te dait aisément cinquante deniers, et leurs œufs« cinq deniers. « Voilà une chose, je ne dirai passeulement étonnante, mais même honteuse, que

vilii vorabulis Græci appellaverunt, vel àxpattîc, volàxoAâavou; : nos nos vol incontinentes dicimus, vol intem-pérantes. Islas mitcm voluplates dues, gustus nique la-ctiis, id est, cilii et Venons , snlas hominibus communesvidennisesse cm» bêlais. Kt idcirco i» pecudum leronim-H|ue animalium numéro linbclur, i|uisi|uis est bis lerarumvoluplalilms occupâtes. Cetera! ex trilms aliis sensibusproliciscentes, Immimmi tantum propriæ suul‘. Verba su-per bac re Aristotclis pbilosophi in medium prol’cram,ut,<|oid de bis infamibiis voluplalibus tam dams alquciiii-litus vir sentiat, publicctm .

Aioxi ol xavà vf|v Û Yev<r«*>! yiYvopÉvriv

âv (mepSà^uoiv, àxpaveït XÉYovvai • oïve yàp wepl va à-«poSioia àx6X#crcoi,otT6 iwpl vas vrj; vpoçîjs àxoXaùfra;.Twv St xavà TVjV vpoiprW, éviaiv (*iv év vg Y^wg -rà ifiù,

in ’ ivlorv St iv v(j> Xàpu-rp- àii xai <1»Xg£evoc Y^vou Aà-puyra eù/eto tx«v. ’H St xavà vf)V ôjav xai vt,v àxcif|v où-xÉTi.JjSiàvovx; inà voùvwv YivogÉvap TjSovàç xoivàç et-vai fy.ïv xai vois àXAotç Çtiotî. "Ave St oùaûv xowûv aia-^pàv elvat vi^v Ù 7 toaxaY?r( auvwv, xai Axipovaxat eiai. AiSxai (juxAiava pôvai iTTOvEiStaxoi , wav£^ vôv ùuà xqùxwv Vjv-v(op.evov j/ÉYop.Ev, xai àxpaxij xai ax6Aa<Txov^XÉYop.ev, Biàvô ùxù v(ôv /eipiovtàv r,oovùiv ^tvàaOat. Oùaoiv St vwv at-thjaEiov TtÉWE, và âXAa Çüa 4*4 Sûa> (livuv xüv npoeipvipi-

vtdv TiSsxai, xavà St và; 4XXa;, 7| 8Aa>; où/ -iiSevai, 71 xa-và supêEdrixà; xoüxo -xdBijçei.

Quis igitur, habens aliquid huinani pudoris, voluptati-bus istis duabus, coeundi atque comcdcndi, qnæ liominicm» suc at(]ue asino communes sunt, gratiilcnlm? So-ciales quidem dicebat, multos bomines proplerea vellevivere , ut cdccent et biberent ; se bibere atque esse, utviveret. Hippocrates aulem, divina vir scicntia, de coiluYenerio ita existimabal, l’artem esse quandam morbi tir-terrimi, qiiem nostri comitialem dixerunt. Namque ip.sins verba bæctradunliir :t7|v ouvouaiav elvai [juxpàvèxi-XvppCav, id est, coitum esse parvuin morbum comitialem.

CAFUï IX.

De luxu ECU luxurla Q. Hortensii, Failli Gurgilis, MelelliPii, ac Metelll poutilicis maximi. Tum de porco trojano,de leporum ac cocblearuni saginatione.

Accipitc et M. Varronis verba, de agriculture libre ter-tio. Qui cuin de pavouibus iu villa mitriendis loquerctur,sic ait : « Primus bos Q. Ilorlensius angurali ca-na po-« suissedicilur. quod potins factum loin luxuriose, quarn«severe. boni viri laiulabaul. Quem (ilo secuti inulti,