LES SATURNALES, L1V. IL
n’avait pu détourner de faire une chose qui sansdoute ne devait pas être considérée comme dés-honorante , puisqu’il se la permettait dans untemps où il devait se laver, lui et les siens, de toutetache. On s’est plaint plus d’une fois, et dès avantcette époque, que la noblesse s’abandonnât à cesdivertissements honteux. Ainsi M. Caton qualifiele noble sénateur Cteeilius de danseur et poètefeseennin ; et il nous apprend, dans le passage sui-vant, qu'il exécutait des staticules : « Il descendit« d'un eanthérius, et se mit à danser des sta-ticules et des pas grotesques. » Il dit ailleurs, enparlant du même: «Outre cela, il chante dès qu’on« l’y invite; il déclame d’autres fois des vers grecs ;« il dit des bouffonneries, il joue sur les mots, il« exécute des staticules. » Telles sont les expres-sions de Caton, qui, comme vous voyez, ne trou-vait pas convenable à un homme grave mêmede chanter. Cependant d’autres l’ont regardé sipeu comme déshonnête, qu’on dit que L. Sylla,hommed’un si grand nom, chantait parfaitement.Cicéron fournit aussi la preuve que l’état de co-médien n’était pas déshonorant; car personnen’ignore qu’il fut étroitement lié avec les comé-diens ltoseius et Ésopus, qu’il employa son élo-quence à défendre leurs droits de propriété. Onvoit encore, dans ses Épîtres, qu’ii fut lié avecplusieurs autres comédiens. Qui n’a pas lu lediscours dans lequel il reproche au peuple romaind’avoir troublé une représentation deRoscius? Onsait positivement qu’il s’exerça souvent avec cecomédien, à qui reproduirait plus de fois la mô-me pensée, l’un par des gestes variés, l’autre par-les diverses tournures de phrase que lui fournis-sait son abondante éloquence; exercice qui donna
que nobililulem lux‘c propudia celebrare cimqueslus est.Sir, iiiminini M. Gain senulorein non ignobilem Caieiliumspaliatoran et l''eseeiniiinim vocal, clinique sluliculosilare Ilia verliis ail : « Descendit de eanllieriu, inde stali-« eulos dure, ridiculariu lumière. » Kt alibi in eundem :« Prælerea canlat, ulii colliluiil, iulerdum Græcos ver-ci sus agit, joeus dicit, voce» denmlut, stalieulos dut. »llæe Cale. Gui, ut videtis, ctiam eantare mm scrii Imminisvidetnr : quoil apud alios aileo non inter turpia numera-Iuni est, ut L.Sulla, vir tanli nmuinis, opliiuo caillassediratur. Celei iuii lii.striuues non inter lurpes liabilos , Ci-eei'o lestinionin est, . ignorât Iloseio et Æsopo
liistrionihus tant fainiliariter iisiini, ut res rationesqueemuiii sua sollertia lucretiir. Quoil cnm aliis iniillis,tnni ex epistolisqiioque cjus dcclaraliir. Nam illnm oratio-iieinqiiis est, qui non legerit, in qua popiiluin Hoinaiitiinohjiirgat, quoi! Hoscio gestion agente tiiniulliiavcril? etecrte satis constat, eonlcndcro cnm einn ipso liistrione so-liluin, iitrnin ille sn-pins eandein sentenliam variis gesti-1.111s elliecret, an ipse per éloquenti.'fi eopiani sennone di-verse pronunlinrot. Quai res ad banc arlis suæ lidueiamltoscium abstraxit, ut libriini conseriberet, quo oloqucn-liam einn bistiionia eonipararel. Isesl lloseius, qui eliainI,. Sullai carissiniiis fuit, et aniilo aureo ab eodem dic-
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ùRoscius une telle idée de son art, qu’il composaun livre dans lequel il comparait l’éloquenceavec la déclamation théâtrale. C’est ce mêmeJioscius qui fut singulièrement chéri de Sylla, etqui reçut l'anneau d’or de ce dictateur. Il jouitdotant de réputation et de faveur, qu’il retiraitchaque jour, de ses représentations, mille denierspour lui, sans compter la part de ses camarades.On sait qu’Ësopus laissa à son fils deux centmille sesterces qu’il avait gagnés dans la mêmeprofession. Mais pourquoi parler des comédiens,puisqu’Appius Claudius, qui obtint les honneursdu triomphe, et qui jusque dans sa vieillesse futprêtre salien, se fit un titre de gloire d’être celuide tous ses collègues qui dansait le mieux. Avantde quitter l’article de la danse, j’ajouterai qu’onvit dans le même temps trois citoyens très-illus-tres, non-seulement s’occuper de la danse, maismême se glorifier de leur habileté dans cet art :savoir, Gabinius, personnage consulaire,auquelCicéron reprocha publiquement son talent; M.Célius, qui selitconnaîtredans nos troubles civils,le même que Cicéron défendit; et LiciniusCras-ses, fils de ce Crassus qui périt chez les Partîtes.
CHAPITRE XL
Combien les poissons, et spécialement lu lamproie, fuientestimés chez les Romains de l’âge qui précéda le nôtre.
Mais le nom de Lieinius m’avertit de passer dela danse des anciens au luxe qu’ils déployaientdans les provisions qu’ils tiraient de la mer; onsait assez que cette famille reçut le surnom deMuréna (lamproie), parce qu’elle affectionna ex-
tutorc do nains est. Tailla aillent fuit gratin et gloria, utmerccdcm diiirnam de public.o mille denarios sine gregali-Ims soins nccnperit. Æsopinn vero ex pari arte diieentiesseslortiimi rcliquisse lilio constat. Sed quid loquor deliis-trinnibus? Cnm Appius Claudius vir Iriiimpbalis, qui Sa-lins iisipie ad scnectulcm fuit, pro gloria obtimierit,quoil inter eollegasoplime sallitabat. Ao priusqiiam a sal-talione diseedo, illud adjidnm, uno eodem tempore tri-bus nobilissimis civibus non modo sliidium saltandi, sedelium, si Diis placet, poriliam, qua gloriarenlur, fuisse,Gabinio consulari Ciceronis inimico, quod ei et Ciceronon dissimulanter objecil, et M. Cxlio nolo in lurbasvint, quem idem Cicero défendit, cl. I.icinio Crasso,Crassi 'cjus, qui apud Partbos exlinclus est, lilio.
CAPUT XI.
Quanto in pretio fuerint apud paulo velusliores jomanosplaces, et præserlim nniræna.
Seddesaltatinne velerum adprædœ marinæ transire lu-xiiin Lic.iniorum me nomen admoniiil. : qnns Murænasco-gnoininalos, quod boc pisec effiisissime delectati sont,salis constat. Unieopinioni M. Yarro consentit, asserens,
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ii Acnonn.