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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACRGBE.

notre temps, aurait fait ressortir davantage la so-briété de nos festins. -Fais-nous part, lui répon-dit Cécina, de tout ce que tu as lu sur ce sujet; car,en fait d’antiquité, ta mémoire est plus riche quecelle d’aucun autre. A lors Albin commença ainsi :— L’antiquité doit, être adorable à nos yeux, sinous sommes vraiment sages; carellen’est autrechose que ces siècles qui, au prix du sang et dessueurs, ont fondé cet empire ; et pour cela il afallu une grande fécondité de vertus. Mais il fautl’avouer aussi, au milieu de cette abondance devertus, cet âge eut aussi ses vices, dont quelques-uns ont été corrigés par la sobriété des mœurs denotre siècle. J’avais résolu, pur exemple, de par-ler du luxe de cette époque, relativement à laquantité de vivres qu’on tirait de la mer. Maiscomme les preuves naissent les unes des autres àl’appui de mon assertion, sans omettre de parlerdes poissons, je diffère seulement, parce qu’il merevientdans la mémoire un genre d’intempérancedont nous sommes exempts aujourd’hui. Cardis-moi, Horus, toi qui nous opposes l’antiquité,dans la salle à manger de qui te souviens-tu d'a-voir vu un danseur ou une danseuse? tandis que,chez les anciens, tout le monde à l’envi cultivajtla danse, môme les personnes de la conduite laplus décente. En effet, pourcommencerparle siè-cle des meilleures mœurs, entre les deux premiè-res guerres Puniques, des ingénus, que dis-je( ingénus?) des fils de sénateurs fréquentaient uneécole de danse ; et là, portant des crptales, ils ap-prenaient à danser. Je ne dirai pas seulement queles dames romaines ne regardaient pas la dansecomme une chose indécente, mais môme que lesplus honnêtes d’entre elles avaient soin de s’yformer, pourvu que ce ne fut pas au point d’at-

doceres. Et Cæcina, Profer, inquit, in medium, quæ de liac< 11K)iHi<■_ parle lecta compcristi. Ultra omnes enim poliesiiwnwria veliistatis. El Furies sic ingressus est : Vetuslas(piidem nobis semper, si sapimus,adoranda est. Ilia quippesecula sunt.quæ hoc imperium vel sanguine, vcl sudorepeperermu,quodnon nisi virtutum faccret ubertas. Scd,qund falendum est, in ilia virtutum abundantia, vitiis quo-que ætas ilia non caruit : e quibus nonnulla nostro scculomorum sobrielate correcta sunt. Et de luxu quidem iliiustemporis circa marinas copiasdicereinstitueram : sed quiaiu assertionemnostra* emendationis aliaex aliis proferendase suggérant, de piscibus non omitlo; sed-differo, dumde alia lascivia, qua mine caremus, admoneo. Die enim,llore, qui anliquitatem nobis objicis, ante cujus tricliniummodo saltatricem, vel saltatorern te vidisse meminisli?AI inter iilos saltatio certatim, vel ab boncslis appeteba-tur. licce enim, ut ab illo ordiar tempore, quod fuit opli-mis moribus, inter duo bella l’unioa : ingenui, quid dicamingenui? lilii scnalorum in ludum sallatorium commua-bant, et illic crotala gestantes saltare discebant. Tacco,quod malronseeliamsaltationoin non inhonestam putabant :sed inter probas quoque earum erat sallandi cura, dum-modo non curiosa,usqueadartis prrfdctionem. Qulilenimail Sallusiius : « Psallere, sallareelegantius, quamnecesse

teindre jusqu’à la perfection de l’art. Snllustene dit-il pas, en effet, a chanter, danser plus ha-« bilement qu’il ne convient à une honnête l’em-« me? « En sorte qu’il blâme Sempronia, non pasdesavoir danser, mais seulement de le savoir tropbien. Les (ils des nobles, et, ce qui est odieux àdire, leurs filles encore vierges, mettaient aurang de leurs études d’apprendre à danser;c’estce qui est attesté par Scipion Emilien l’Africain,qui, dans un discours contre la loi judiciaire deTibérius Gracchus, s’exprime ainsi :

« On apprend aujourd’hui des arts déshonné-«tes; on va, avec des hommes de mauvaises« mœurs, se mêler aux jeux des histrions, au son« de la sambuque et du psaltérion. On apprend« à chanter, çe que nos ancêtres mirent au rang« des choses déshonnêtes pour les ingénus : les« jeunes gens et les jeunes filles de naissance in-« génue vont, dis-je, dans les écoles de danse, au« milieu d’hommes de mauvaises mœurs. Quel-« qu’un m’ayant rapporté cela, je ne pouvais me« mettre dans l’esprit que des hommes nobles« enseignassent de pareilles choses à leurs en-« fants; mais ayant été conduit dans une de ces« écoles de danse, j’y ai vu, en vérité, plus de cinq« cents jeunes gens ou jeunes filles ingénus :« parmi eux j’ai vu, ce qui m’a profondément« affligé pour la république, un enfant âgé d’en-« viron douze ans, portant encore la bulle, (ils« d’un pétiteur, qui exécutait, avec des crotales,«une danse qu’un jeune esclave prostitué ne« pourrait pas honnêtement, exécuter. »

Vous venez d’entendre comment l’Africain gé-mit d’avoir vu danser avec des crotales le (ilsd’un pétiteur, c’est-à-dire d’un candidat, quele motif et l’espoir d’obtenir la magistrature

« est probæ? « adeoet ipseSemproniain reprcbendil,, mmquod saltare, sed quod optiine soient. Nobiliam vero lilios,et, quod dicta nel'asesl, filins quoque virgines inter slu-diosa nuincrassc sallandi meditationein, tcslis est ScipioAfricanns Æmilianus, qui in oratione contra legom judicia-riam Tib.Gracchi sic ail : « Doccntur præsligias inhoncs-« tas : cum cinædulis, et sambuca, psalleriuque cunl iu« ludum hislrionum : disennt cantare : quæ majores nos-« tri ingenuis probro dueier volucruul : euut, inquain, in« ludum sallatorium inter cinædos virgines, puerique in-« genui. Hæc cum inibi quisquam narrabat, non poteram« animum inducere, ea liberos suos hommes nobiles do-« cere : sed , cum ductus sum in ludum sallatorium, plus« médius lidius in eu Indu vidi pueris virginibusque quin-« gentis. In bis unum (que mereipublicæ maxime miser -« tum est) puerum Imllalum, petitoris lilium , non mino-« rem annis duodecim, cum crotalis sallare : ipiam salla-« lioncm impndicus servulns honcsle saltare non posset. »Vides, quemadinodiim ingemnerit Africanns, quod vidis-set cum crotalis sallantem fdium petitoris, id est, camli-datijquem ne tum quidem spes et ratio ndipisccudi ma-gistratus, quo tempore se suosque ab omni probro deliuitvindicare, potuetit coercerc, quo minus liiceret, quodscilicel turpe non liabebatur. Ceterum superius plerum