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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES, LIV. 11.

car Caton qualifie ainsi les lois somptuai-res. Peu d’années après, une autre loi fut sou-mise à l'acceptation du peuple par Antins Rcs-tion ; cette loi, bien qu’excellente et non abrogée,fut rendue inutile par la ténacité du luxe et leconcours puissant des autres vices. On rapportenéanmoins ce trait remarquable de Restiou quila présenta, savoir, que de toute sa vieil nesoupaplus hors de chez lui, afin de u’ôtre pas témoin dela violation d’une loi qu’il avait présentée poul-ie bien publie. A ces lois, je joindrais un éditsomptuaire présenté par Antoine, qui fut dansla suite triumvir, si je ne trouvais inconvenant deplacer, au nombre de ceux qui ont réprimé le luxe,Antoine, qui ne put être surpassé dans la dépenseordinaire de ses repas qu’au moyen de la valeurd’une pierre précieuse qu’avala son épouse Cléo-piître. Tout ce qui vit dans la mer, sur la terre oudans les airs, lui semblait destiné à assouvir savoracité, et il le livrait à sa gueule et à sa mâ-choire. C’est dans cette vue qu’il voulut transfé-rer en Égypte le siège de l’empire romain. Cléo-pâtre son épouse, qui ne voulait pas se laisservaincre môme en fait de luxe, par des Romains,fit la gageure de consommer dix millions de ses-terces dans un souper. Antoine trouva la choseprodigieuse; néanmoins, il accepta la gageuresans hésiter. Munacius Plancus fut choisi pourarbitre, digne juge d’un pareil combat. Le len-demain Cléopâtre, pour engager la lutte, servità Antoine un soupé magnifique, mais qui ne l’é-tonna point, parce qu’il reconnut partout sesmets quotidiens. Alors la reine, souriant, se fit ap-porter un llacon dans lequel elle versa un peu de

vinaigre très-acide; et, détachant une pierre pré-cieuse qui lui servait de pendant d’oreille, ellel’y jeta dedans résolument. Celle-ci s’y fut bien-tôt dissoute, comme c’est le propre de cette pierre;et aussitôt Cléopâtre l'avala : après cela, quoi-qu’elle eût gagné la gageure, puisque la pierrevalait sans contestation dix millions de sesterces,elle mettait déjà la main à celle qui lui servaitde pendant à l’autre oreille, lorsque MunaciusPlancus prononça gravement et en juge sévèrequ’Antoine était vaincu. On peut juger quelle de-vait être la grosseur de cette pierre, puisqueaprès que Cléopâtre eut été vaincue et faite pri-sonnière en Égypte, celle qui resta fut portée àRome où on la scia en deux morceaux, qui furentplacés, comme étant chacun d’une énorme gros-seur, sur la statue de Vénus, qui était dans letemple appelé Panthéon.

CHAPITRE XIV.

Des diverses espèces de noix.

Furius parlait encore lorsqu’on apporta lesbellaria du second service, ce qui fit tomber laconversation sur un autre sujet. Symmaque met-tant la main aux noix : Je voudrais, dit-il, ap-prendre de toi, Servius, quelle est la cause oul’origine de tant de noms divers qu’ont reçus lesnoix; comme aussi d’où vient que les pommes,dont les goûts et les noms sont si variés, ontreçu néanmoins toutes ce nom générique : et d’a-bord je souhaiterais que tu commençasses parnous dire, touchant les noix, ce qui te reviendra

cibarias apprllat. Dein paucisinterjcclisannis, alialex per-venit ad populum , ferente Anlio lîeslione. Qiwm legem ,qnamvis esset oplima , obstinatio lamen luxuriœ, et vi-Liornm (irma courordin, millo abrogante, irritnm fw.it.lllud lamen inomoraliile de Rosi inné, lalore ipsius legis,l'ertur : eiim, qnoad vixit, loris postea non menasse, neleslis lieret contemtæ legis, qunin ipse bono pnblico per-Inlisset. His legibns annnmerarem ediclnm de sumlibnsab Antonio propositnm, qui postea triumvir fuit : ni in-dignuni crederem,inter cnliibenles sumtiim Antonio loeuml'acere : ctijus ex pensa- incœnam soiitncconTerri, snla unio-niS a Clcopatra uxorc consumti, æslimalione superata:sunl. Nam eu ni Anlonius, quidqnid mari, aut terra, autetiain crelo gignerctiir, ad saliandam ingluviem suam na-tiim exislimans, faucibus ac denlibus suis subderet ; caquere rapt iis , de Romano imperio farcre velictÆgyptium rc-gnum • Clcopatra uxor, quai vinci a Romanisnec lnxnriadignaretnr, sponsione provoeavii, insnmerese posse innnam crenatnscstcrtiiim ccntirs. Id mirmn Antonio visinn.Nee mnratiia, sponsione cnnlcmlit dignus sculnu MmiacioPlaiico, qui tam lionesli ccrlamiuis arbiter eleelus est.Allera die Clcopatra, pertenlans Anilinium, pollueibilemsanecrenam paravil, srd qnam non miraretur Antonius :qoippe qui omnia, quæ apponebantur, ex colidianis opi-Ini.s agnoscerol. Tune arridens regina plualam poposeit,

cui aceti nonnibil aeris infudit, atqne illuc unionem dem-tuin ex aine altéra festinabunda demisit; eumqne maturedissolutuin, uti natura est ejus lapidis, absorbuit. Et,quamvis eo facto sponsione vieisset, (qoippe cum ipsamargarita centies sestertinm sine eontentione evaluisset)manuin lamen et ad alterius unionis amcin similiter ailmo-vit, nisi Munacius Plancus judex severissimiissuperalumAnlonimn mature pronuntiasset. Ipse autem unio cujnsfuerit magnitudinis, indecolligi poterit, qnod qui snper-fuit, postea vicia regina, et, capta Ægypto, Romain delà-tus, riesectusquc est; et factæ ex una margarita duac, im-posil,nique simulacre Vcneris, ut monstruosæ magniludi-nis, in templo, quod Pantbeum dicilur.

CAPUT XIV.

De inicum generibus.

Adlnic dicente Fnrio, secundo; mensæ illala liellarianovo serinoni prineipium dederunt. Symmaclms enim,attreclans manu noces , Vellem, inquit, exteaudirc,Servi, lanla uiu'ilnis nomina quæ causa vel origo variave-i'it ; aut mule tôt mala, eum bac una appcllatione vocilen-tur, liant lamen seorsum diversa tam vocabulo, qnam sa-